X . . A. — do barreaux
En moyenne. . .■ 0. 011 10 de gaz.
Ainsi l'argent, sous les différents états désignés ci-dessus, maintenu pendant huit heures dans le vide, à une température comprise entre le rouge naissant et le rouge sombre, abandonne, en moyenne, 0^'02795 de gaz par 1,000 grammes de métal; après avoir été traité au rouge sombre par l'hydrogène, soumis au vide à la même température, il fournit, en moyenne, 0^'00043 de gaz par 1,000 grammes de métal; enfin, après avoir subi successivement, au rouge sombre, l'action de l'hydrogène et de l'air, exposé dans le vide à la même température, il abandonne, en moyenne, 0^*^01110 de gaz par 1,000 grammes de métal.
Pour l'argent soumis à l'expérience, ces quantités doivent être considé-
rées comme des ma^ima, par le motif que, par suite de la capacité considérable des tubes de verre, ou de porcelaine, auxquels j'ai dû avoir recours pour exécuter les expériences, il m'a été impossible d'y faire complètement le vide, tant à froid qu'à chaud. La tension du gaz étant plus forte au rouge sombre, j'ai donc extrait, dans ce cas, un volume plus considérable de gaz que lorsque j'ai opéré à la température ordinaire.
Les variations dans les résultats sont notables : elles s'élèvent au quart de la quantité constatée. Ces variations proviennent de la difficulté, pour ne pas dire l'impossibilité, qui existe de réaliser, dans la fonte et la coulée de l'argent, les mêmes conditions de température et d'obtenir, par suite, une homogénéité physique complète du barreau ou du culot. On constate, en effet, ainsi que je l'ai exposé un grand nombre de fois, que dans un culot, un bloc, un lingot, certaines parties sont absolument privées de bulles, tandis que d'autres parties en contiennent sensiblement. Mais, quoi qu'il en soit de ces variations, les résultats fournis par le traitement de l'argent par l'hydrogène et les résultats obtenus par l'exposition du métal au vide, concordent aussi bien que des faits de cette nature peuvent coïncider.
Les conséquences qui découlent de ces recherches si longues et si laborieuses sont que :
4" L'argent qui m'a servi pour la détermination des poids atomiques renfermait des gaz, et qu'il en est de même du métal obtenu dans des conditions identiques;
2° Le contenu en gaz de ces métaux s'élève à 1/55800 du poids de l'argent et que cette quantité ne peut avoir eu aucune influence sur les conclusions que j'ai déduites de mes travaux, puisque l'erreur qui en résulte se confond absolument avec l'erreur inévitable dans les expériences de cette nature;
S*' Pour éliminer les gaz contenus dans l'argent, il n'est pas nécessaire, ainsi que l'a proposé mon illustre maître Dumas, d'exposer ce métal au rouge sombre dans le vide; il suffît d'un traitement convenable à l'hydrogène pour atteindre le résultat désiré;
4" Enfin, on peut, au besoin, rougir en présence de l'air l'argent chauffé dans l'hydrogène, sans lui faire absorber des gaz en quantité capable d'altérer sensiblement sa masse, cette quantité ne s'élevant qu'au 1/100000 du poids du métal ainsi traité.
Pour terminer l'élude de l'argent, il reste à rechercher le poids spécifique de ce métal sous les différents états et conditions exposés ci-dessus, afin de résoudre, à l'aide de cette donnée, la question de savoir si ce métal contient des gaz dans un état autre que celui de bulles (').
(1) Toutes les recherches exposées ci-dessus ont été exécutées au laboratoire de chimie du Musée de rindustrie à Bruxelles, avec le concours de M. Rommclaerc. J'ai été forcé d'interrompre ces études; quoique les motifs, de cette interruption n'intéressent pas la science, je dois néanmoins les faire connaître pour expliquer, d'une part, le retard qu'a subi mon travail, et, d'autre part, l'obligation dans laquelle je me suis trouvé d'exposer de nouveau au vide l'argent nécessaire à la mesure du poids spécifique de ce métal et à la seconde série de déterminations de son rapport proportionnel avec le chlorure de potassium.
Je dirai d'abord que le mauvais état de santé de M. Rommelaere l'a empêché de me continuer le concours qu'il m'avait prêté jusque-là. J'ajouterai que le Gouvernement belge a supprimé au même moment le Musée de l'industrie. L'Ecole industrielle ainsi que le laboratoire de chimie rattachés à ce musée ont été transformés au Palais du Midi et mis sous l'autorité de la ville de Bruxelles. L'autorité communale ayant mis gracieusement à ma disposition le laboratoire et les salles affectées à son service, on y avait transféré tous les produits ayant servi à mes travaux ainsi que beaucoup d'instruments et d'appareils m'appartenant. A peine le transfert opéré et avant la réorganisation du laboratoire, M. Rommelaere a succombé au mal qui le minait depuis plusieurs années. Pour surcroît de malheur, le feu a pris dans les combles du Palais du Midi, et l'incendie s'est communiqué, par l'effondrement des voûtes, au laboratoire de chimie et aux salles y affectées.
Dans l'incendie ont péri ou ont été altérés par des vapeurs acides ou mercurielles :
1° .1 quatre échantillons près, tout le métal argent qui avait été chauffé au rouge sombre, soit dans l'hydrogène, soit dans le vide, ainsi que le disque d'argent pur prélevé sur le culot tronconique décrit dans la notice III, page 27, et que j'avais réservés pour la mesure du poids spécifique et pour la détermination du rapport proportionnel entre l'argent de différentes provenances et le chlorure de potassium ; .
2" Les vases en argent pur ayant servi à tous mes travaux.
Sans exception aucune ont péri :
4° Les pompes à mercure; 2« les pompes de Sprengel; 3° le mercure nécessaire au fonctionnement de ces pompes; i' les fourneaux à moufle tubulairc; o" le magnifique matériel
XIV. — DU POIDS SPÉCIFIQUE DE l'aRGENÏ DE PROVENANCES DIFFÉRENTES ET SOUS DIVERS ÉTATS ET CONDITIONS, EN COLLABORATION DE M. LE PROFESSEUR DEPAIRE.
I. De la mise en état de l'argent ayant partiellement échappé aux conséquences de rincendie du Palais du Midi. — Dans la note jointe à la notice précëdente, il est dit que tous les échantillons d'argent, à quatre échantillons près, qui avaient été chauffés soit dans l'hydrogène, soit dans le vide, ont été perdus ou altérés profondément dans l'incendie du Palais du Midi. La collection d'argent, restant des anciens travaux de l'un de nous et de son travail de re vision décrit dans V Introduction et dans les notices n""" I, II, III, IV, XI, XII, était renfermée d'une part dans une armoire vitrée, et d'autre part dans un meuble supportant une grande balance de précision. Lors de l'incendie, ces meubles ont été exposés à de la vapeur aqueuse contenant en
en porcelaine ayant servi à chaufier l'argent dans l'hydrogène et dans le vide ; G ' la collection des composés de lithium, de calcium, de strontium, de harijum, de thallium purs décrits dans les notices spéciales relatives à mes Études cJiimiques et spectroscopiques de ces composés métalliques.
Deux collections qui avaient déjà été déposées dans des meubles ont pariiellement échappé aux conséquences de l'incendie. Ce sont :
1" La collection du métal argent pur de différentes provenances, dont ont été prélevées des parties pour les soumettre, au rouge sombre, à l'action de l'hydrogène ou au vide ;
2° La moitié environ du chlorure de potassium, du chlorate, du perchlorate et du chloroplatinate de potassium, décrits dans le travail consacré à ce sujet. Je dois cette conservation au fait qu'une partie de ces chlorures avait été enfermée dans un cotfre-fort déposé dans la salle des balances de mon laboratoire particulier.
Je bornerai là cet exposé ; il sutiit pour faire comprendre la nécessité dans laquelle je me suis trouvé de chauffer du nouvel argent dans le vide et de faire subir un traitement aux échantillons de chlorures conservés dans des vases bouchés à l'émeri et placés dans des meubles, afin de pouvoir achever le travail que j'avais entrepris.
La reconstruction au Palais du Midi, des locaux incendiés, devant prendre du temps, j'ai pris le parti de reprendre le travail au laboratoire de l'École de pharmacie de l'Université de Bruxelles, où je l'ai terminé en collaboration de mon ami M. le professeur Depaire, recteur de cette université.
solution ou en suspension des acides, des sels thioniques, calcareux et ferreux; en outre, ils ont été arrosés d'eau.
Notre premier soin a été de séparer les échantillons de métal mis absolument hors de service par leur chloruration et leur sulfuration de ceux dont la restauration était possible.
A une exception près (un culot d'argent pur fondu sous du chlorure de calcium du poids de 500 grammes environ), tous les échantillons qui n'étaient pas renfermés dans des flacons bouchés à l'émeri ont été perdus ; ils étaient fortement colorés en brun foncé ou en noir et couverts d'une couche épaisse de chlorure et de sulfure d'argent.
Les échantillons contenus dans des flacons bouchés à l'émeri avaient conservé leur brillant métallique; néanmoins, malgré cette fermeture, une faible quantité d'un liquide jaune, d'une forte odeur d'acide pyroligneux, avait pénétré dans les flacons. L'examen auquel nous avons soumis ce liquide nous a permis d'y reconnaître la présence des acides acétique et chlorhydrique et des chlorures et sulfates de sodium et de calcium.
Les échantillons d'argent susceptibles d'une restauration complète étaient à l'état : 1" de grenailles et de grains; 2" de barreaux ou de blocs de barreaux; 5" de culots; 4° pulvérulent, provenant de la réduction, à basse température, de solutions argentifères.
Nous avons procédé ainsi qu'il suit à la purification du métal souillé :
Chaque échantillon d'argent, introduit séparément dans une capsule de platine, a été lavé à l'eau distillée additionnée d'acide acétique pur, recueilli et conservé dans un récipient de platine. Ce traitement a été continué jusqu'à ce que l'eau acide de lavage ne soit plus troublée par l'addition d'une solution diluée d'azotate d'argent. Le métal a été maintenu ensuite dans de l'eau, acidulée par l'acide acétique, en ébullition dans un vase de platine et renouvelée tant qu'une partie de l'eau acide prélevée s'est troublée par la solution diluée d'azotate d'argent; ce qui s'est réalisé rapidement avec le métal à l'état de barreaux, de blocs et même de métal pulvérulent, et avec
une lenteur extrême avec l'argent sous forme de grenailles, de grains et surtout de culots.
Afin de dissoudre le chlorure-d'argent pouvant adhérer au métal, chaque échantillon a été mis en digestion pendant vingt-quatre heures dans une solution concentrée d'ammoniaque contenue dans un vase de platine couvert. Après ce traitement, le métal a été lavé d'abord à l'eau ammoniacale, ensuite à l'eau pure, et enfin chauffé près du rouge sombre dans un creuset d'argent pur.
Les échantillons d'argent à l'état de barreaux, de blocs et à l'état pulvérulent étant chauffés, n'ont laissé échapper aucun liquide qui, en s'évaporant, a fourni un résidu appréciable. Il n'en est pas de même du métal sous forme de grains, de grenailles, de culots fondus au chalumeau aérhydrique. Sans exception aucune, ceux-ci ont suinté, sous l'influence de la chaleur, un liquide légèrement coloré en jaune, abandonnant par son évaporation un résidu brun, formé essentiellement de chlorure de calcium et d'argent.
Ce liquide était indubitablement contenu dans les cavernes en communication avec l'extérieur et existant dans les grains, grenailles et culots, comme il est dit dans l'introduction de ce mémoire.
Afin d'enlever, autant que faire se peut, les matières étrangères ayant pénétré dans ces cavernes, on a plongé dans l'eau pure et froide les grains, les grenailles et les culots chauffés préalablement près du rouge sombre. On a répété les chauffes et les immersions successives dans l'eau froide jusqu'à ce que le liquide sortant de l'argent par l'application de la chaleur n'eût plus laissé de résidu par son évaporation. Ce travail a été fort long à exécuter, et malgré les soins qu'on y a mis, il n'a pas atteint complètement son but, ainsi qu'il sera prouvé plus loin.
Le culot d'argent fondu sous le chlorure de calcium, du poids de 590 grammes environ, dont il est parlé ci-dessus, était contenu dans un bocal de verre fermé d'un simple couvercle. Ce culot avait perdu complè-
tement son brillant métallique et l'aspect cristallin qu'il avait; il était fortement teinté de brun et présentait, en outre, de nombreuses taches noires. Nous avons appliqué à ce culot le traitement suivi pour la mise en état d'un creuset d'argent pur, dont les parois avaient subi de profondes altérations. Ce traitement est le suivant : après avoir lavé abondamment le culot à l'eau acidulée à l'acide acétique et ensuite à l'eau pure, on l'a mis en digestion, pendant vingt-quatre heures, dans l'ammoniaque concentrée contenue dans une capsule de platine couverte. Au bout de ce temps, l'ammoniaque a été décantée, et l'on a lavé le culot d'abord à l'eau ammoniacale faible, puis à l'eau froide d'abord et bouillante ensuite.
Par ce traitement, la teinte brune a disparu et a élé remplacée par une coloration rosée; les taches noirâtres, dues à la sulfuration superficielle de l'argent, étaient aussi prononcées qu'au commencement. A l'aide du chalumeau oxycarbohydrique, rendu fortement oxydant, nous avons chauffé le culot. Bien avant que sa température fût portée au rouge sombre, toutes les taches noires se sont évanouies et la teinte rosée a été remplacée par une coloration rouge, due à du sesquioxyde de fer, uniformément répandue sur toute la surface du culot. Pour enlever le sesquioxyde de fer, pendant que le culot était encore à température élevée, nous l'avons plongé dans l'eau acidulée par 5 p. c. de son poids d'acide sulfurique, laquelle lui a enlevé immédiatement sa teinte rouge. Après un séjour de vingt-quatre heures dans ce bain, la surface du métal était d'un blanc mat.
Pour nous assurer d'avoir débarrassé le lingot du fer qui élait adhérent, après l'avoir laissé dans l'eau ammoniacale convenablement renouvelée et l'avoir lavé à l'eau pure, nous l'avons introduit dans le moufle d'un fourneau de Wiesnegg chauffé au rouge sombre, où nous l'avons maintenu pendant quinze à vingt minutes. Au bout de ce temps, nous l'avons plongé de nouveau dans de l'eau acidulée par 5 p. c. d'acide sulfurique pur. Après un séjour d'une heure dans ce bain, nous nous sommes assuré, par le sulfocyanure d'ammonium, que l'eau acidulée, à peu près neutralisée par l'ara- T. ni. ^
moniatjuej n'avait pris aucune trace de fer. Nous avons lavé ensuite le culotj successivement, à l'eau ammoniacale et à l'eau pure. Enfin, nous avons rougi une seconde fois le culot dans le moufle de Wiesnegg. Le métal était d'un blanc mat éblouissant.
ÎI. î)e l'état sous lequel le poids spécifique de l'argent a été mesuré. — Le poids spécifique de l'argent a été déterminé :
1" A l*état indiqué ci-dessus, c'est-à-dire sous forme de barreaux, de blocs, de grenailles, de grains, de culots fondus au dard dérhydrique, oU sous Une couche de chlorure de calcium ou de borax, à l'état pulvérulent;
2" A l'état de disques provenant de la compression suivie de la frappe de barreaux, de blocs et de culots : a. disques non recuits; b. disques recuits;
5° Sous les différents états indiqués aux n°^ 1° et 2°, chauffés préalablement au rouge sombre, dans le vide;
4° A l'état laminé, après avoir été exposé au Vide : a. latties non recuites ; b. lames recuites.
Avant d'exposer la méthode que nous avons suivie pour mesurer le poids spécifique de l'argent sous ces différents états et conditions, nous devons faire connaître les moyens que nous avons employés pour comprimer et frapper ensuite l'argent, pour chauffer ce métal dans le vide, enfin pour le laminer sans l'altérer.
III. De la compression et de la frappe de l'argent. — La compression et la frappe subséquente ont été effectuées dans des coins d'acier trempé dur, polisj convenablement envirolés de fer aciéré, entre des plans d'acier trempé dur et parfaitement polis.
La force du balancier employé est telle qu'elle permet la frappe parfaite de médailles de cuivre rouge de 15 à 14 centimètres de diamètre sur 8 à 10 millimètres d'épaisseur. Il constitue un des balanciers à médailles les plus puissants connus.
Les coins de frappement étaient constitués, dans leur partie centrale, par de lacier fondu au creuset, soudé à du fer aciéré. Ce coin ainsi formé était muni d'une virole en fer aciéré d'un diamètre au moins double de celui du coin. Cette précaution n'est pas exagérée; car l'expérience a prouvé que pour les frappes à oiUrance, nécessaires pour amener le métal au maximum de compression, les viroles ordinaires cèdent sous l'intluence de cette pression en produisant la rupture et le lancement au loin de fragments de coins.
Quelles qu'aient été les dimensions des barreaux, des blocs ou des culots destinés à être ramenés à l'état de disques, le diamètre intérieur des coins de frappement a toujours dépassé, d'après mes indications, du 4/5 au 1/6 celte dimension, afin de pouvoir étendre sur les plans, par la compression, le métal dans les limites exactes de ce diamètre avant de le soumettre à la frappe.
Nous avons jugé la compression préalable à la frappe nécessaire pour les culots contenant des cavernes remplies de gaz, en communication avec l'extérieur, afin de dégager le plus possible ces gaz au lieu de les tenir renfermés dans le disque produit par la frappe. La compression a été elïectuée par deux ouvriers qui ont exercé un effort lent et continu sur les bras du levier constituant le balancier, jusqu'à ce que le métal, en s'affaissant et en s'étendant sous la pression, ait rempli complètement le coin.
Lors de la compression, les culots fondus au dard aérhydrique, c'està-dire en présence de gaz, ont tous fait entendre un cri analogue à celui produit par un barreau d'étain qu'on plie.
La compression de barreaux coulés, de blocs ou de culots fondus sous du chlorure de calcium n'a point fait entendre ce cri.
Lorsque, par l'effet de la compression, le métal, en s'affaissant sur luimême et en s'étendant sous la pression, a rempli complètement le coin, on a soumis à la frappe le disque ainsi produit, pour l'amener au minimum de volume. Nous avons abandonné à l'expérience de l'ouvrier, habitué à la
frappe de médailles d'argent, le jugement du nombre et de l'intensité des coups à donner à chaque disque pour l'amener au minimum de volume. Suivant le diamètre et l'épaisseur du disque, le nombre de coups a varié de six à quinze. Quant à leur intensité, l'ouvrier chargé de la frappe s'est réglé exclusivement sur la résistance présumée des viroles de sûreté employées. Nous devons dire que plusieurs fois des coins se sont fendus et même que des viroles de sûreté se sont rompues et ouvertes de manière à laisser échapper un fragment de coin qui a été lancé avec violence au loin. La frappe à outrance de l'argent est une opération dangereuse à exécuter; aussi l'ouvrier chargé de son exécution a toujours eu soin de se mettre à l'abri de la projection possible d'un fragment de coin.
Après avoir mesuré le poids spécifique des disques d'argent frappés et ensuite celui des disques recuits, nous les avons soumis à une nouvelle compression et à une nouvelle frappe, dans des coins de diamètre légèrement supérieur à celui des disques. Nous avons agi ainsi toutes les fois que le recuit des disques a provoqué des soufflures, soit sur leur tranche, soit sur leurs faces, pour être certain d'avoir amené les disques au minimum de volume.
IV. Du moyen suivi pour chauffer l'argent dans le vide de manière à le priver des gaz quil peut contenir. — Dans la note jointe à la notice n° XIII, il est dit que les tubes de porcelaine, les moufles lubnlaires, les pompes à mercure et les pompes de Sprengel, enfin tout le matériel ayant servi à chauffer l'argent dans le vide, ont été détruits lors de l'incendie du Palais du Midi. Nous avons donc été obligés de faire confectionner de nouveaux tubes de porcelaine et d'avoir recours à de nouvelles dispositions pour chauffer l'argent dans le vide. N'ayant d'autre but que de nous procurer du métal argent privé aussi complètement que possible de gaz reclus ou occlus, nous avons jugé inutile de monter un appareil qui nous aurait permis de recueillir les gaz dégagés au rouge sombre dans le vide. Nous nous sommes donc
bornés à combiner un système d'appareil en état de satisfaire à la triple condition de faire et de supporter le vide, étant chauffé au rouge sombre, et de permettre à tout instant la constatation de la tension interne dans le tube porcelaine contenant le métal chauffé. A cet effet, nous avons pris les dispositions suivantes : d'une part, nous avons adapté à un tube de porcelaine bouché par un bout, de 1,165 centimètres cubes de capacité, une douille de laiton dépoli, munie d'une plaque boulonnée garnie d'un robinet de laiton à clef de bronze; d'autre part, nous avons établi une communication, par l'intermédiaire d'un tube épais de caoutchouc, entre le bout du robinet de laiton garnissant la plaque boulonnée et une trompe à eau munie d'un manomètre, en nous servant, à cet effet, d'un tube long et très flexible de plomb. Pour empêcher la vapeur de l'eau de la trompe de se répandre dans le tube de porcelaine, nous avons interposé, entre la trompe à eau munie de son tube épais de caoutchouc et le tube de plomb, un tube en U, de 55 centimètres de hauteur, complètement rempli d'hydroxyde de potassium, chauffé au rouge et concassé en menus fragments.
Le tube de porcelaine employé était identique aux tubes bouchés d'un bout décrits dans la notice n" XIIl. La pâte était formée d'un mélange de qualité dixièmes de pâle dite allemande (kaolin), de deux dixièmes de pâte dite française et de quatre dixièmes d'émail (feldspath) étonné, pulvérisé et lévigé. La composition de ces pâtes est indiquée page 95. Par la voie du coulage, on a confectionné six tubes de 50 centimètres de longueur sur 6 1/2 centimètres de diamètre extérieur et 5 1/2 centimètres intérieur. Les tubes ont été fortement vernis extérieurement et intérieurement, sauf à l'extérieur sur une longueur de 5 centimètres au bout ouvert; ils ont présenté toutes les qualités d'imperméabilité constatées pour les cylindres ouverts par les deux bouts et qui ont servi aux expériences décrites dans la notice n° XIIL
La douille de laiton a été mastiquée sur le bout ouvert du tube de porcplaipe, à l'aide d'une pâte foriiiée de gomme-lafjue fondue et de brique
rouge pilée fin, tamisée et rougie, pour sécher la poudre. En prenant la précaution de ne pas exagérer la quantité de poudre de brique et de ne pas élever la température du mélange beaucoup au delà du point de fusion de la gomme-laque, on obtient un mastic imperméable aux gaz, sans tension de vapeur à la température ordinaire, adhérant parfaitement à la porcelaine non vernie et au laiton dépoli, convenablement chauffés, et suffisamment dur pour résister à la traction. En élevant la température du mélange beaucoup au delà du point de fusion de la gomme-laque, lors même qu'on n'exagère pas la quantité de poudre de brique, il se produit une réaction dan» le mélange, dont le résultat est la production d'une masse solide, infusible sans décomposition. Mais quels que soient les soins pris pour la préparation et l'application du mastic sur le bout du tube de porcelaine, il arrive rarement, pour ne pas dire jamais, que l'air ne filtre pas lentement entre le tube de porcelaine et la douille, si solidement fixés qu'ils soient par le mastic imperméable lui-même aux gaz. Pour réaliser l'imperméabilité complète, nous avons appliqué une couche de vernis sur une partie du tube de porcelaine et sur une partie de la surface externe de la douille de laiton dépoli. Après la dessiccation complète du vernis, on a coulé un bourrelet de cire à cacheter recouvrant à la fois le vernis séché et partiellement la porcelaine et la douille de laiton.
Un cuir dressé et paraffiné dans le vide a été interposé entre la douille de laiton et la plaque boulonnée garnie d'un robinet, destinée à servir de fermeture à la douille et, partant, au tube de porcelaine.
Le chauffage du tube de porcelaine a été effectué dans un moufle de 18 centimètres de profondeur d'un fourneau de Wiesnegg. Mais ce chauffage exigeant de grandes précautions à cause de l'épaisseur des parois du tube, nous avons rempli complètement le moufle d'une pâte de ciment infusible dans laquelle nous avons creusé une cavité cylindrique légèrement aplatie, destinée à contenir la partie du tube de porcelaine devant être chauffée au rouge sombre. Après avoir séché la pâte de ciment à basse
température d'abord, puis vers 200°, nous avons rougi fortement le moufle de manière à cuire le ciment.
Comme fermeture du moufle, nous y avons appliqué une plaque de terre réfractaire cuite, ayant une ouverture circulaire d'un diamètre égal à celui du tube de porcelaine. Afin de pouvoir juger, à tout moment, tant k la vue qu'au spectroscope, de l'état d'échauff'ement du ciment entourant le tube de porcelaine, nous avons agrandi l'ouverture circulaire pratiquée dans la plaque de terre réfractaire, de chaque côté, vers le milieu, d'un demicentimètre sur une hauteur d'un centimètre.
Nous avons entouré toute la douille de laiton, ainsi que le tiers environ du tube de porcelaine hors du moufle, d'une spire creuse très flexible de plomb par laquelle passait un courant d'eau froide pendant que la partie du tube engagée dans la capacité cylindrique creusée dans le ciment, était portée au rouge sombre. Après avoir fait passer de l'air sec au travers du tube de porcelaine et du tube de plomb, nous avons procédé à l'essai du système d'appareil pour nous assurer s'il tient le vide à la tempérîjture ordinaire et lorsque le cylindre de porcelaine est partiellement chauffé d'abord au l'ouge sombre et ensuite au rouge clair.
En interposant un tube barométrique, plongeant dans une cuvette à mercure, entre la trompe à eau et le restant de l'appareil, nous avons constaté que le fonctionnement de la trompe pendant cinq à six minutes ramène la colonne mercurielle à la hauteur du baromètre normal diminuée de la tension de la vapeur de l'eau qui actionne la trompe au même moment, cette tension a varié de 10 à 15 millimètres. Ayant fqit ainsi le vide dans le tube de porcelaine, nous avons tourné la clé du rpbinet de manière à intercepter la communication entre le cylindre vide d'air et le restant de l'appareil, et nous avons abandonné le tout à lui-même en nous assurant d'heure en heure, pendant toute une journée, de la tension interne. Nous avons reconnu ainsi que le système tenait parfaitement le vide. Ce résultat étant constaté, nous avons élevé lentement la masse c|e ciment,
entourant le tube de porcelaine, du rouge sombre au rouge clair, pendant qu'un courant d'eau froide traversait la spire creuse de plomb enlaçant la douille et une partie jàu tube de porcelaine. Ayant maintenu ces conditions de température pendant toute une journée, nous avons constaté, avec certitude, que le système tenait parfaitement le vide et que la partie du cylindre de porcelaine chauffé n'éprouvait aucune déformation sensible.
Une nacelle de porcelaine vernie, sauf le fond, de 12 centimètres de longueur sur 5 centimètres de largeur et 2 1/2 centimètres de profondeur, et soigneusement pesée, a été employée pour contenir l'argent destiné à être chauffé dans le vide. Nous avons fait reposer la nacelle sur une longue et large feuille de platine, pour empêcher son adhérence avec le vernis du tube. Pour assurer l'invariabilité du poids des nacelles, condition difficile à réaliser, nous les avons soumises au traitement suivant :
Après avoir constaté que, chauffées au rouge vif pendant six heures dans le moufle d'un fourneau de Wiesnegg, les nacelles changaienl notablement de poids, nous les avons mises en digestion pendant vingt-quatre heures dans de l'acide chlorhydrique concentré additionné d'iodure d'ammonium. Au bout de ce temps, nous les avons lavées à l'eau, puis séchées à l'éluve dans de l'air porté successivement de la température ordinaire jusqu'à 190°. Après leur refroidissement, les nacelles, au nombre de six, ont été remises dans le moufle du fourneau de Wiesnegg, dont la température a été portée au rouge clair et maintenue toute une journée à ce degré de chaleur. Nous avons déterminé en bloc le poids des six nacelles refroidies à l'air sec; elles ont été remises ensuite dans le moufle du fourneau de Wiesnegg, qui a été porté et maintenu pendant six heures à la température rouge vif mf ér leur e à celle qu'elles avaient subie, mais supérieure par conséquent à celle à laquelle les nacelles contenant l'argent devaient être exposées dans le tube de porcelaine. Après ce nouveau traitement, le poids de six nacelles, refroidies à l'air sec, a été trouvé égal au poids qu'elles PYaient après avoir été chauffées au rouge clair. Nous avons considéré leqr
poids comme invariable dans les conditions dans lesquelles elles devaient être employées. L'expérience a confirmé cette appréciation.
Nous avons procédé ainsi qu'il suit à l'extraction des gaz contenus dans l'argent :
Nous avons déterminé d'abord le poids de la nacelle, ensuite le poids de la nacelle contenant l'argent à soumettre dans le vide à une température comprise entre le rouge naissant et le rouge sombre. En laissant le système complètement monté, nous avons déboulonné la plaque servant de fermeture à la douille mastiquée au tube de porcelaine, et nous avons glissé, sur la feuille de platine, au fond du cylindre de porcelaine, la nacelle chargée d'argent. Immédiatement après, nous avons appliqué la plaque en serrant convenablement les boulons, et nous avons fait agir la trompe pour faire le vide aussi avant que possible dans tout l'appareil.
Pour nous assurer que la plaque était bien appliquée, nous avons intercepté la communication entre le tube de porcelaine et le restant de l'appareil. Après une attente de quinze à vingt minutes, le vide étant fait dans le restant de l'appareil, nous avons rétabli la communication avec le tube de porcelaine. Ayant constaté ainsi le parfait fonctionnement du système, nous avons procédé au chauffage du moufle. Ce chauffage a été effectué avec une lenteur telle que nous avons mis une heure et demie pour porter le ciment entourant le cylindre de porcelaine entre \e rouge naissant et le rouge sombre. Ce degré de chaleur a été apprécié alternativement à la vue et au spectroscope à vision directe, qui a servi aux expériences décrites dans la notice n° VII. En observant attentivement le manomètre adapté à l'appareil, ► nous avons constaté avec certitude que Yargent abandonne lentement des gaz bien avant que l'œil aperçoive le rouge naissant et qu'au rouge sombre le métal cède la majeure partie des gaz dans l'espace de quinze à vingt minutes. En effet, dans cette dernière condition, la tension interne augmente brusquement de plusieurs centimètres lorsque le poids du métal mis en expérience est considérable, Ces faits confirment ceux exposés dans la notice if XIU,
Néanmoins, nous avons reconnu qu'en faisant le vide d'heure en heure, quatre à cinq heures de chauffe entre le rouge naissant et le rouge sombre sont nécessaires pour opérer l'élimination des gaz que l'argent peut fournir. Pour ce motif, en commençant l'opération à 7 1/2 heures du matin, nous avons maintenu la chaleur jusqu'à 4 i/2 heures de l'après-dîner.
En admettant que le tube de porcelaine ait été porté du rouge naissant au rouge sombre vers 9 heures du matin, le métal a donc été maintenu à cette température de 7 à 7 1/2 heures.
Nous avons intercepté alors la communication du tube de porcelaine avec le restant du système de l'appareil et, ayant éteint lentement le gaz brûlant sous le moufle, nous avons abandonné le tout au refroidissement.
Le lendemain, après nous être assuré que le vide s'était maintenu dans le tube de porcelaine, nous y avons laissé pénétrer de l'air sec. En déboulonnant ensuite la plaque de laiton, nous avons extrait la nacelle contenant l'argent pour la porter directement sur le plateau de la balance. Après la pesée, nous avons enlevé l'argent de la nacelle et nous avons déterminé le poids de celle-ci. Lorsqu'il y a eu augmentation de poids, nous avons fait agir à chaud de l'acide azotique dilué et pur sur la nacelle. L'acide azotique et les eaux de lavage ont été évaporés ensuite jusqu'à siccité. On a déterminé, à l'aide de l'analyse prismatique de l'étincelle, la nature du métal contenu dans le résidu. La nacelle de porcelaine a été séchée en la chauffant vers 190°, dans une étuve à air sec, et, après son refroidissement, on a constaté qu'elle était revenue à son poids initial, preuve que le traitement que nous lui avons fait subir, avant de l'employer à l'expérience, lui a donné un poids invariable dans les conditions dans lesquelles elle devait servir.
Nous avons observé que l'argent, à l'état de grenailles, de grains, de barreaux, de blocs ou de culots, après avoir subi l'action de la chaleur dans le vide, avait perdu sensiblement de son brillant métallique et était devenu plus blanc. Les disques provenant de la frappe de harreauoo ou de
blocs n'ont présenté aucune soufflure après l'action de la chaleur; il n'en a pas été de même des disques obtenus à l'aide de la frappe de culots fondus au chalumeau aérhydrique et refroidis dans le dard du réducteur. Ceux-ci, chauffés dans le vide, ont montré des soufflures, tant sur la tranche que sur les faces. Ces disques contenaient donc des gaz reclus.
En agissant comme nous venons de l'exposer, nous avops obtenu les résultats suivants :
La charge de la nacelle de porcelaine était formée d'un mélange de grains et de grenailles d'argent. Le métal avait été affiné à plusieurs reprises au chalumeau aérhydrique et refroidi près de son point de solidification avant d'être versé dans l'eau, ainsi qu'il est dit dans la notice n" 1, pages 11 et 12.
a. Poids de la nacelle de porcelaine 50.44550
b. Poids de la nacelle et de l'argent . 218.59500
c. Poids de l'argent employé 108.15150
d. Poids de la nacelle et de l'argent, après avoir été exposés pendant sept heures, entre le rouge naissant et le
rouge sombre, dans le vide et refroidis ensuite dans le vide. 218.58600
e. Poids de la nacelle, après en avoir retiré l'argent . . 50.44600
f. Poids de la nacelle traitée à l'acide azotique dilué chaud,
lavée et séchée ensuite vers 190". . 50.44550
D'où une perte de poids de l'argent mis en expérience de. 0.01150
Cette perte se compose :
a. De gaz et de métal volatilisé 0.00900
b. De composés solubles de calcium et d'argent .... 0-00250
Un kilogramme d'argent perd 54 milligrammes formés de gaz et de métal volatilisé.
La charge de la nacelle de porcelaine se composait :
1° De trois culots d'argent et de deux disques du même métal, provenant de la réduction, à froid, d'une solution ammoniacale d'azotate d'argent, par un mélange de solution ammoniacale de sulfate cuivrique et de sulfite d'ammonium. Le métal avait été affiné au chalumeau aérhydrique dans une coupelle de phosphate basique de calcium pur et refroidi ensuite dans le dard rendu réducteur. Sa préparation a eu lieu en 1865;
2° De deux barreaux et de cinq disques d'argent, provenant de la compression et de la frappe de cinq blocs du même métal que les barreaux. Les barreaux et les blocs ont été prélevés, en 1861, sur la barre du poids de 2,875 grammes, obtenue d'une seule coulée, décrite page 445 des Nouvelles recherches sur les lois des proportions chimiques, etc.
gr
a. Poids de la nacelle de porcelaine 59.74400
b. Poids de la nacelle et de l'argent. ....... 459.57000
c. Poids de l'argent 419.82600
d. Poids de la nacelle et de l'argent chauffés, pendant six heures et demie, entre le rouge naissant et le rouge sombre,
dans le vide et refroidis ensuite dans le vide 459.56100
e. Poids de lu nacelle après l'enlèvement de l'argent . . 59.74400
f. Perle de poids de l'argent 0.00900
Un kilogramme d'argent perd 21'"H-
La charge de la nacelle de porcelaine se composait :
1° De trois culots d'argent et de deux disques du même métal, provenant de la réduction à froid d'une solution ammoniacale d'azotate d'argent par un mélange de solution ammoniacale de sulfate cuivrique et de sulfite d'ammonium. L'argent a été affiné, à deux reprises, au chalumeau aérhydrique dans une coupelle de phosphate basique de calcium pur, et refroidi ensuite dans le dard rendu réducteur. Le poids des trois culots est 157^'99o;
2" De trois barreaux d'argent prélevés au bout inférieur de la latte du poids de 2,875 grammes coulée en 1861.
a. Poids de la nacelle de porcelaine 56.55700
/^. Poids de la nacelle et de l'argent 441.05400
c. Poids de l'argent 404.47700
d. Poids de la nacelle et de l'argent après avoir été chauffés, pendant sept heures, entre le rouge naissant et le rouge
sombre, dans le vide et refroidis dans le vide 441.05000
e. Poids de la nacelle après en avoir retiré l'argent. . . 56.56100
f. Poids de la nacelle traitée à chaud par l'acide azotique
dilué, après lavage, dessiccation à 190" et refroidissement. 56.55700 D'oîi une perte de poids de l'argent de 0.00800
Cette perle se compose :
«. De gaz 0.00400
h. De composés solubles de calcium et d'argent .... 0.00400
Après l'action de la chaleur, les deux disques du 1° et les barreaux ne présentent aucune soufflure.
En admettant, ainsi qu'il est probable, que le gaz provienne exclusivement des trois culots mis en expérience, et dont le poids était 157^^^995, ceux-ci contiendraient 2^'"«'5 de gaz par kilogramme de métal.
La charge de la nacelle de porcelaine se composait :
1° D'Un culot d'argent et de deux disques du même métal, préparé par feil lloititnelaere par l'action, a 70% d'une solution de sulfite cuivreux ammoniacal sUr une solution ammoniacale d'azotate d'argent. Le métal a été affiné à deux reprises au chalumeau aérhydrique dans un creuset de chaux du marbre et refroidi dans le dard rendu réducteur ;
2° De deux disques d'argent provenant de la frappe de culots du métal préparé, en 1865, par l'action, à 70'', d'une solution de sulfite cuivreux ammoniacal sur une solution ammoniacale d'azotate d'argent. Le métal a été affiné au chalumeau oxhydrique dans un creuset de chaux du marbre, et refroidi dans le dard rendu réducteur.
gr
a. Poids de la nacelle de porcelaine 59.7M00
b. Poids de la nacelle et de l'argent 555.49100
c. Poids de l'argent 295.74700
d. Poids de la nacelle et de l'argent chauffés, pendant sept heures, entre le rouge naissant et le rouge sombre, dans le
vide et refroidis ensuite dans le vide 555.47500
e. Poids de la nacelle, après en avoir retiré l'argent . . 59.74400
f. Poids de l'argent 295.75100
D'où une perte de poids de l'argent de 0.01600
Un kilogramme de métal perd 54 milligrammes* Cette perte se compose
des gaz contenus dans les culots et les disques, et de l'argent volatilisé. Les quatre disques présentaient des soufflures, tant sur leur tranche que sur leurs faces, et étaient outre mamelonnés.
La charge de la nacelle de porcelaine était formée :
1** De deux barreaux et d'une lame d'argent. Le métal a été préparé ëil i8o8 par feu von Liebig, lors d'un séjour momentané de l'un de nous à Munich. Dans les Recherches sur les rnpporls réciproques des poids atomiques se trouvent exposée la méthode employée par l'illustre chimiste allemand pour l'obtention du métal et l'usage qui en a été fait, par l'un de nous, pour la détermination du rapport proportionnel entre l'argent et le chlorure de potassium et le chlorure de sodium. INous nous bornerons à dire ici que cette méthode consiste à réduire, à froid, par une solution de sucre de lait pur, une dissolution ammoniacale et concentrée d'azotate d'argent pur additionnée d'hydroxyde de potassium pur jusqu'à précipitation d'argent fulminant. Von Liebig a fondu l'argent précipité, lavé à l'eau ammoniacale et séché avec du borax, et il a coulé le métal dans une lingotière de fer huilée. Le lingot a été rougi, par nous, au chalumeau oxycarbohydrique et maintenu incandescent tant qu'il a coloré le dard en jaune. Ce résultat ne s'est réalisé que très lentement. Le lingot a été divisé en trois barreaux ; l'un d'eux a été laminé à l'aide d'un laminoir d'acier huilé, jusqu'à l'épaisseur d'un demi-millimètre. Les deux barreaux et la lame ainsi obtenus ont été traités successivement à l'acide chlorhydrique concentré et bouillant, à l'eau pure, à l'eau ammoniacale, et enfin rougis au dard du chalumeau aérhydrique ;
2** De deux culots d'argent provenant de la réduction à 70** d'une solution ammoniacale d'azotate d'argent par du sulfite cuivreux ammoniacal. Le
mêlai a été affiné deux fois au chalumeau aérhydrique dans une coupelle de phosphate basique de calcium pur, et refroidi dans le dard aérhydrique rendu réducteur.
a. Poids de la nacelle de porcelaine 50.44400
b. Poids de la nacelle et de l'argent 214.46000
c. Poids de l'argent . 164.01600
d. Poids de la nacelle et de l'argent chauffés, pendant six heures, au rouge sombre dans le vide et refroidis dans le
vide 214.45100
e. Poids de la nacelle, après en avoir retiré l'argent . . . 50.44400
f. Perte de poids de l'argent . 0.00900
D'où il résulte qu'un kilogramme d'argent perd 54 milligrammes. Celte perte est due, pour la majeure partie, à la volatilisation du métal. En effet, les barreaux et la lame n'ont présenté aucune soufflure.
La charge de la nacelle de porcelaine était formée ;
1° D'un grand disque provenant de la frappe d'un culot d'argent préparé par feu Rommelaere et fondu par lui dans un flux de chlorure de calcium pur (voir la notice n° I, page 16). Avant d'être soumis à la compression et à la frappe, le culot a été partiellement refondu au chalumeau aérhydrique, rendu fortement réducteur, pour éliminer autant que possible les bulles closes qu'il avait montrées à l'essai ;
2° D'un culot et de deux disques du même métal. Les deux disques proviennent de la frappe de culots obtenus par la refonte au chalumeau aérhydrique de barreaux prélevés sur la latte du poids de 2,875 grammes, coulée en 1861. Les culots ont servi à l'expérience n" VI de la notice
if XIII. Ils avaient donc été déjà chauffés dans le vide. Mais ayant été obligés de les rougir à l'air après le traitement qu'ils ont subi pour les mettre en état, nous avons jugé nécessaire de les soumettre u,ne seconde fois au rouge sombre dans le vide.
rt. Poids de la nacelle de porcelaine. ....... 59.44400
b. Poids de la nacelle et de l'argent 410.25400
c. Poids de l'argent 570.51000
d. Poids de la nacelle et de l'argent, après sept heures de chauffe entre le rouge naissant et le rouge sombre, et refroidissement dans le vide 410.25100
e. Poids de la nacelle après l'enlèvement de l'argent . . 59.44400
f. Perte de poids de l'argent 0.00500
D'où il résulte qu'un kilogramme d'argent perd 8 milligrammes.
Après avoir été chaufTé dans le vide, le grand disque du 1" présente sur la tranche et sur ses faces quelques petites soufflures. Les deux autres disques en sont dépourvus. Il est donc très probable que la perte de poids subie provient exclusivement du grand disque dont le poids est 165^'I70. Dans cette hypothèse, le kilogramme de ce métal contient 18'""4 de gaz.
La charge de la nacelle de porcelaine se composait d'un fort disque divisé
en deux, à l'aide d'un ciseau d'acier trempé dur, et soigneusement décapé
ensuite. Le disque provient de la compression suivie de la frappe d'un culot
d'argent obtenu en fondant, sous un flux de chlorure de calcium pur, de
l'argent pulvérulent. La préparation de ce culot est décrite dans la notice
n" I, pages 17 et suivantes, et sa mise en état est exposée page 126 de la
présente notice.
gr
a. Poids de la nacelle de porcelaine 36.55700
h. Poids de la nacelle et de l'argent 426.95800
c. Poids de l'argent 590.40100
d. Poids de la nacelle et de l'argent, après sept heures de chauffe dans le vide, entre le rouge naissant et le rouge
sombre, et refroidissement dans le vide . 426.95100
e. Poids de la nacelle après en avoir retiré l'argent . . . 56.56200
f. Poids de la nacelle traitée à chaud par de l'acide azotique
dilué, lavée à l'eau, séchée à 190" et refroidie 56.55700
D'où perte de poids de l'argent ......... 0.01200
Cette perte se compose :
a. De gaz avec traces de métal 0.00700
b. D'oxjj chlorure de calcium, abandonné par le métal . . 0.00500
D'après cela, 1 kilogramme d'argent fondu sous un flux de chlorure de calcium perd, au rouge sombre, 17'"^9 de gaz dans le vide, et abandonne, dans les mêmes conditions, 12"'^8 d'oxychlorure de calcium. Le disque provenant de la frappe d'un culot fondu par feu Rommelaere dans un flux de chlorure de calcium a abandonné, dans le vide, 18 milligrammes de gaz. L'argent fondu sous un flux de chlorure de calcium doit donc donner, à l'analyse prismatique, le spectre du calcium venant s'ajouter au spectre de l'argent.
V. De la mesure du poids spécifique de l'argent. — Nous avons déterminé le poids spécifique de l'argent dans de l'eau contenue dans la cucurbite d'une grande cornue de platine, et qui avait bouilli en contact avec l'argent.
Nous avons constaté avec certitude que pour avoir une mesure exacte du poids spécifique du métal, il est indispensable de maintenir ce métal pendant vingt à trente minutes au sein de l'eau en ébullition, à la pression
ordinaire, et de soumettre ensuite le tout dans le vide, si le métal est sous forme de culots renfermant des cavernes en communication avec l'air extérieur par de petits pertuis.
A cet effet, nous avons pris les dispositions suivantes : Nous avons commencé par établir dans le meuble sur lequel repose la cage de la balance de précision devant servir à la pesée, à une hauteur convenable, un trépied mobile, portant un triangle métallique servant de support, dans une position invariable, à la cucurbite de platine remplie complètement d'eau à la température de l'air ambiant. Au sein de l'eau flottait librement une corbeille d'argent très légère et de capacité convenable ('), suspendue à un fil mince de platine terminé par un anneau destiné à être attaché au crochet d'une tige vissée au plateau de la balance. La longueur du fil mince de platine était de io centimètres, dont 5 plongeaient dans l'eau lorsque la corbeille était suspendue et 10 restaient au dehors. Sur les bords dressés du vase de platine, nous avons déposé un plan de verre percé par le milieu d'une ouverture de 2 centimètres environ de diamètre, par le centre de laquelle nous avons fait passer le fil de platine tenant la corbeille d'argent librement suspendue et devant être attaché par son anneau terminal au crochet de la tige vissée au plateau de la balance.
Après avoir introduit, par l'ouverture du plan de verre, de l'eau jusqu'à faire toucher ce liquide aux trois quarts, au moins, de la surface inférieure du plan, nous avons amené tout le système dans la position horizontale, ce dont nous nous sommes assuré à l'aide d'un niveau d'eau. Nous avons ainsi réalisé la constance de la hauteur du niveau de l'eau au centre de la cucurbite.
Le vase rempli d'eau étant ainsi disposé, nous avons mis dans une capsule de platine, placée sur le plateau de la balance auquel était suspendue, dans l'eau, la corbeille, l'argent dont nous voulions mesurer le poids spécifique,
(') Le poids de la corbeille d'argent et de sa suspension était de iO grammes environ. Son volume à 45" est S^-^^ssB.
et nous avons posé sur l'autre plateau de la balance des poids de laiton, jusqu'à ce que l'équilibre fût établi, en ayant soin d'empêcher, pendant la pesée, que le fil sorte trop de l'eau ou y pénètre trop. A cet effet, nous nous sommes arrangés de manière que l'oscillation de l'aiguille de la balance s'effectuât de deux divisions au plus autour du zéro de son limbe divisé. L'équilibre étant établi, nous avons noté la hauteur du baromètre et la température, puis l'état hygrométrique et la température de l'air de la cage de la balance, enfin la température de l'eau dans laquelle flotte la corbeille.
Cela étant fait, nous avons retiré l'argent de la capsule de platine placée sur le plateau de la balance, et nous y avons substitué des poids étalons de platine jusqu'à ce que l'équilibre fût rétabli. Au même moment, nous avons vérifié l'état hygrométrique et la température de l'air de la cage de la balance, ainsi que la hauteur barométrique. Nous avons constaté toujours la parfaite concordance de ces données avec celles obtenues en premier lieu.
On sait que les pesées hydrostatiques ne présentent pas le degré de précision des pesées faites dans l'air. Toutefois, la diminution de sensibilité d'une balance au plateau de laquelle pend un corps librement suspendu dans l'eau, dépend beaucoup de sa construction. La balance employée nous a permis de répondre du demi-milligramme, la corbeille vide ou contenant l'argent flottant librement dans l'eau, bien entendu lorsque l'équilibre de température de l'eau dans la cucurhite et de l'air ambiant était réalisé.
La pesée de l'argent dans l'air étant effectuée, tout en laissant les plateaux de la balance chargés de leur poids, nous avons décroché le fil de platine et laissé descendre la corbeille d'argent au fond de la cucurhite. Nous avons retiré celle-ci du meuble et, après avoir enlevé le disque de verre troué et soustrait une partie de l'eau, en soulevant convenablement la corbeille, nous y avons placé l'argent devant être pesé dans Teau. Nous avons passé une lige de verre dans l'anneau terminal du fil de platine et nous avons placé la lige sur les bords de la cucurhite. Dans cet état, nous avons déposé
celle-ci sur un triangle reposant sur un trépied, et nous avons amené l'eau en ébullition; celle-ci a été entretenue pendant une demi-heure, en ayant soin de remplacer le liquide évaporé de manière à maintenir le volume constant.
L'expérience enseigne rapidement quand l'air adhérent à la surface est entraîné par la vapeur d'eau. Lorsque nous avons jugé ce résultat atteint — et souvent il l'est au bout de vingt minutes d'une douce ébullition — nous avons porté la cucurbite sur un triangle déposé au fond d'un grand vase de porcelaine rempli d'eau froide, jusqu'à la hauteur de l'eau dans l'intérieur de la cucurbite, et continuellement renouvelée, afin d'opérer un refroidissement aussi rapide que possible. Lorsque l'eau de la cucurbite était presque refroidie, nous y avons introduit un thermomètre servant à la fois d'agitateur, pour mêler les différentes couches d'eau, et d'indicateur de la température moyenne. Nous avons amené l'abaissement jusqu'à un degré environ au-dessous de la température de l'enceinte oii la pesée dans l'eau devait s'exécuter. Ce résultat étant atteint, nous avons retiré la cucurbite du refroid issoir, et après l'avoir rapidement essuyée, nous l'avons portée sur le triangle placé sur le trépied installé dans le meuble supportant la balance. Après avoir passé l'anneau terminal du fil de platine au travers du plan de l'ouverture pratiquée dans le plan de verre, et placé ensuite le plan sur la cucurbite, nous avons attaché l'anneau suspenseur de la corbeille au crochet de la tige vissée au plateau de la balance.
Par l'ouverture pratiquée dans le plan de verre, nous avons ajouté de l'eau dans la cucurbite, de manière à amener le contact avec les trois quarts de la surface du plan, et, en nous aidant d'un niveau d'eau, nous avons mis le plan et tout le système dans l'horizontale. Grâce à la simplicité des dispositions prises, nous avons réalisé en peu d'instants les conditions dans lesquelles se trouvait la corbeille dans l'eau, lorsqu'elle était vide d'argent.
En déchargeant successivement le plateau de la balance des poids de platine déposés en remplacement de l'argent enlevé, les poids de platine restant pour rétablir l'équilibre représentent la perte de poids dans l'eau,
éprouvée par l'argent mis en œuvre, dans les conditions de pression, de température et d'état hygrométrique de l'air, et de la température de l'eau que nous avons déterminée avec soin au moment de l'expérience.
La salle des balances étant située au nord et personne de nous n'y pénétrant que pour effectuer les pesées et les observations hygrométriques, thermométriques et barométriques, les conditions de l'air et de l'eau sont généralement restées les mêmes pour la pesée de l'argent dans l'air et dans Veau.
Les pesées ont été réduites au vide et à la température zéro pour l'argent et à 4" pour l'eau par le calcul. Dans une annexe, nous donnons tous les éléments qui nous ont servi pour le calcul du poids spécifique que nous avons obtenu pour l'argent dans les différents états et conditions.
En suivant la méthode exposée ci-dessus, l'erreur commise dans l'opération ne dépasse pas ± 0.002, soit deux unités dans la troisième décimale pour un poids de métal de 100 grammes.
Le résultat obtenu ne doit être considéré comme donnant le poids spécifique réel de l'argent que si le métal mis en expérience ne présente aucune cavité en communication avec des pertuis, très étroits, avec l'air extérieur. Lorsqu'il existe des cavernes communiquant avec l'extérieur, comme c'est souvent le cas pour des culots d'argent fondus au chalumeau et refroidis dans le dard, la méthode doit être complétée pour donner des résultats exacts. Dans ce cas, il est indispensable de porter la cucurbite avec Veau bouillie, mais refroidie, contenant l'argent, sous une cloche dans laquelle on fait le vide à l'aide d'une trompe à eau. Quand la tension de l'air sous la cloche est suffisamment diminuée, on voit des bulles gazeuses sortir des pertuis des culots, tandis que de la surface du métal il ne s'élève aucune trace de gaz. Pour être certain d'avoir remplacé par de l'eau l'air contenu dans les cavernes, nous avons laissé rentrer l'air sous la cloche et nous avons opéré une seconde fois le vide aussi avant que possible. Nous avons porté ensuite, directement, la cucurbite sous la balance et nous avons pro-
cédé à la pesée hydrostatique en suivant toutes les dispositions indiquées ci- dessus et notamment celles relatives à l'identité de la température de l'eau dans la cucurbite, la corbeille étant vide, et la corbeille contenant l'argent. Ce procédé nous a donné des résultats constants.
L'expérience, suffisamment répétée, nous a prouvé que la méthode consistant à soumettre simplement à froid, au vide, l'argent recouvert d'eau et en effectuer ensuite la pesée hydrostatique, conduit à des résultats inexacts. Quel que soit l'état du métal, barreau, lame, culot, etc., il est indispensable, pour avoir une mesure exacte de son poids spécifique, de le tenir une demi-heure dans de l'eau en ébullition, et, lorsqu'il s'agit de culots, de grains et de grenailles, de les exposer dans le vide, sous l'eau bouillie et refroidie, ainsi que nous l'avons exposé ci-dessus.
Le procédé dit du flacon fournit également des résultats inexacts, lors même qu'on fait bouillir l'eau contenant l'argent et qu'on porte ensuite le flacon sous une cloche dans laquelle on fait le vide. Nous avons constaté que dans celte méthode l'erreur provient principalement de la difficulté de réaliser, dans l'expérience, l'égalité de la température d'un grand flacon à densité, plein d'eau, et du même flacon contenant l'argent et l'eau. Vingtquatre heures de séjour dans la cage de la balance n'ont pas suffi pour réaliser l'égalité de température de l'eau du flacon et de l'air de la cage. Or, l'erreur sur le poids de l'eau se porte, dans cette méthode, sur la perte de poids dans l'eau.
Pendant le long travail que nous avons exécuté pour mesurer le poids spécifique d'un grand nombre d'échantillons d'argent, sous des conditions et des états différents, nous avons constaté constamment que l'eau, après avoir bouilli à deux et, au plus, à trois reprises en contact de l'argent absolument pur, devenait trouble et blanchâtre en se refroidissant, pour reprendre sa limpidité par une élévation de la température. Le liquide limpide ou trouble offre une saveur métallique prononcée, et contient, comme nous nous en sommes assurés, de l'argent dissous.
Dans une notice spéciale, nous ferons l'exposé de l'étude à laquelle nous nous sommes livrés pour élucider ce fait.
II nous reste à donner le résultat des déterminations du poids spécifique de l'argent sous différents états et conditions.