‹ OEuvres complètes (volume 2)Chapitre 52 sur 64 · DES CHLORURES · texte numérisé non relu

DES CHLORURES

Dans le travail intitulé : Recherches chimiques sur les chlorure, chlorate, perchlorate et chloroplalinate de potassium, j'ai exposé le mode suivi pour me procurer les chlorures de différentes provenances. Je n'ai plus à revenir sur ce sujet, et je puis me borner à faire connaître le résultat de la mesure du poids spécifique du chlorure du chlorate, du chlorure du perchlorate et du chlorure de chloroplalinate, données dont j'ai eu besoin pour réduire au vide la pesée de ces chlorures et pour me renseigner sur leur identité ou leur non-identité physique.

POinS SPÉCIFIQUE DES CHLORURES DE DIFFÉRENTES PROVENANCES.

La pesée a été effectuée dans l'essence de térébenthine française, que j'avais purifiée ainsi qu'il suit : L'essence du commerce, après avoir été agitée longtemps en vase clos avec une solution concentrée d'hydroxyde de sodium, a été distillée sur un lait de chaux vive, dans un grand alambic, en ayant soin de laisser la moitié au moins de l'essence dans la cucurbite. L'essence distillée, séparée de l'eau, a été mise en digestion avec du chlorure de calcium renouvelé pour la déshydrater aussi complètement que possible. Elle a été traitée à froid d'abord, et ensuite à 100° en vase clos, avec du sodium métallique divisé. Lorsque le dégagement lent de gaz qui s'est produit eut cessé, on a procédé à la distillation dans le vide de l'essence décantée, en ayant soin de ne réduire en vapeur que les deux tiers du liquide introduit dans l'appareil dislillatoire entièrement en verre.

Le poids spécifique du premier et du deuxième tiers recueillis à part a été trouvé le même et égal à 0.8617 à 15", les pesées étant réduites au vide. Cette détermination a eu lieu en cherchant la perte de poids qu'éprouve, dans l'essence, une sphère de quartz du poids, dans le vide, de 202^'^0596 et dont la perte de poids dans l'eau à 15° est 76^''108.

J'ai mesuré le poids spécifique du chlorure de potassium en suivant exactement la méthode employée pour la détermination du poids spécifique de l'argent pulvérulent, et qui est exposée dans la notice consacrée à ce sujet, c'est-à-dire que j'ai pesé le chlorure dans l'air et cherché ensuite la perte de poids dans l'essence de térébenthine remplissant complètement un cylindre de platine couvert d'un plan de verre percé au centre d'une ouverture pour laisser passer le fil de platine tenant la corbeille renfermant le chlorure pesé dans l'air. En réduisant toutes les pesées au vide, j'ai constaté qu'un même chlorure présente un poids spécifique différent, suivant

l'état physique dans lequel il se trouve, ainsi que le prouvent les résultats suivants :

A. Chlorure de potassium produit lors de la transformation totale du chlorate en perchlorate et en oxygène. — Le chlorure a été fondu dans un creuset de platine et coulé dans une capsule froide de même métal et refroidi lentement; il avait l'aspect vitreux.

1" Chlorure à l'état de culots incolores, transparents et privés de bulles gazeuses,

2° Chlorure à l'état de cassons de culots. Les cassons de 7 à 9 millimètres de côté étaient transparents, sauf sur les bords, qui étaient blancs et fissurés,

5" Chlorure à l'état de très petits fragments blancs provenant de l'écrasement au pilon d'agate des cassons précédents,

B. Chlorure de potassium produit lors de la décomposition du perchlorate. — Le chlorure a été fondu dans un creuset de platine couvert et coulé dans une capsule de platine froide, et lentement refroidi.

1° Chlorure à l'état de petits culots vitreux, incolores, transparents, absolument privés de bulles gazeuses,

2° Chlorure à l'état de cassons de culots. Les cassons, à peu près carrés, avaient de 6 à 7 millimètres de côté. A leur centre, les cassons étaient transparents; leurs bords étaient opaques et fissurés,

C. Chlorure de potassium du chloroplatinate »" 4 (voir la notice consacrée à ce sujet). — Le chlorure a été fondu dans un creuset de platine couvert et coulé dans une capsule de platine froide, et lentement refroidi.

1° Chlorure à l'état de petits culots vitreux, incolores, transparents, privés absolument de bulles gazeuses,

2° Chlorure à l'état de cassons de culots, à peu près carrés, de 7 à 8 millimètres de côté; les cassons étaient transparents, sauf sur leurs bords, qui étaient opaques et fissurés,

Les chlorures à l'état de culots ont donc donné :

En moyknnk. . . . 1.9823

avec un écart moyen de O.OOo. Cet écart est au moins quintuple de celui qu'on peut légitimement attribuer à l'erreur de l'observation. A ne considérer que ces faits, on serait conduit à conclure à la non-identité de ces chlorures. Cependant, eu égard à l'état vitreux de ces culots et à la diminution de poids spécifique qu'ils éprouvent lorsqu'on les concasse, il convient, semble-t-il, d'être réservé. D'ailleurs, on sait que M. Spring, dans son remarquable travail Sur l'élasticité parfaite des corps solides chimiqtiement définis (^), a prouvé que le poids spécifique du chlorure de potassium, fondu et pulvérisé ensuite, augmente par la compression, et que la diminution de volume est permanente. Son poids spécifique monte de 1.890 à 2.071 à 22". D'après M. Spring, ce fait, commun au bromure et à l'iodure de

[^) Bulletin de rAeadémie royale de Belgique, [3], t. VI, p. 507.

potassium, ne s'observe pas avec le sulfate de ce métal. Ge sel, en effet, possède le poids spécifique qu'il avait avant la compression. Les cassons de culots indiqués ci-dessus ont donné :

En moyenne. . . . 1.909

Ce poids spécifique moyen représente un volume au gramme de 0'""^5245 et déplace 0'""^477 14 d'air de plus que le gramme de platine servant à la pesée. En tenant compte de la pression, de la température et de l'état hygrométrique de l'air, lors de la pesée des chlorures A, B et G, la densité moyenne de l'air est i.205; par conséquent, un gramme de ces chlorures, pesé dans l'air avec un poids de platine, perd 0"'000 574 9 de plus que celui-ci. J'ai admis ce nombre pour réduire au vide toutes les pesées de chlorure que j'ai faites dans l'air. Ce nombre est supérieur de 0^*^000 044 55 à celui que j'ai déduit du poids spécifique du chlorure de potassium ayant servi à mes précédentes déterminations de rapport proportionnel avec l'argent.

DE lA PESÉE DU CHLORURE DE POTASSIUM.

Le chlorure de potassium a été pesé dans un tube rempli d'air sec dont le corps cylindrique avait 5 centimètres de diamètre sur 5 centimètres de longueur. A l'un des bouts du cylindre était soudé un tube de 1 1/2 centimètre de diamètre intérieur et 5 centimètres de longueur, dans le bout ouvert duquel était rodé à l'émeri un bouchon conique; à l'autre bout était soudé un tube de 2 millimètres de diamètre intérieur et de 5 centimètres de longueur, dont le bout libre, légèrement conique, était usé à l'émeri dans un petit capuchon de verre servant de bouchon.

Le tube était couché sur un support en fil d'aluminium suspendu librement au plateau supplémentaire de la balance sur lequel se trouvaient des poids de platine légèrement supérieurs au poids de chlorure à peser. Comme contrepoids de la charge, il y avait, sur le plateau opposé de la balance, des poids de laiton de même masse que les poids de platine et un petit vase en verre de Bohème contenant du quartz étonné en cassons pour parfaire l'équilibre.

Lorsque l'équilibre du tube rempli d'air sec était établi, on a enlevé des poids de platine et on y a substitué le chlorure en cassons choisis qu'on voulait peser dans le tube. Ce chlorure a été, autant que possible, une partie des cassons employés à la mesure de leur poids spécifique. A cet efîet, les cassons, à leur sortie de l'essence de térébenthine, avaient été lavés à plusieurs reprises avec de l'alcool anhydre bouillant, et puis exposés, au moins pendant quinze minutes, à la vapeur de l'alcool anhydre. Après ce traitement, les chlorures ont été introduits dans une capsule de platine qui a été placée sous une cloche renfermant de l'acide sulfurique normal On a fait ensuite le vide dans la cloche et on l'y a maintenu pendant vingt-quatre heures.

Quel qu'ait été le chlorure employé, j'en ai introduit dans le tube à peser, ainsi que je l'ai dit ci-dessus, jusqu'à peu près réaliser l'équilibre. Dans cet état, j'ai placé le corps cylindrique du tube dans une petite étuve à air porté entre 190 et 200°, et j'ai adapté aux extrémités sortant de l'étuve des tubes en caoutchouc en communication l'un et l'autre avec un grand tube en U contenant de la ponce sulfurique; l'un des tubes en U était en outre en communication avec un aspirateur.

Lorsque l'air sec eut traversé pendant une demi-heure le tube porté à 200^, j'ai laissé refroidir l'étuve, tout en maintenant un léger courant d'air. Le refroidissement étant effectué, j'ai appliqué les bouchons de verre et j'ai déposé le tube sur le support resté accroché au plateau de la balance et je l'ai laissé séjourner dans la cage jusqu'à ce que le poids fût devenu

constant, fait qui s'est réalisé assez rapidement lorsque j'ai eu soin de ne pas frotter le tube avec un linge.

Je me suis assuré qu'en le replaçant à deux reprises dans l'ctuve chauffée, le tube à peser contenant le chlorure qui avait été plongé dans l'essence de térébenthine et soumis ensuite au traitement décrit ci-dessus, ne change plus de poids, après avoir été chauffé une seule fois pendant une demiheure dans un léger courant d'air.

J'ai pris pour poids du chlorure dans l'air la différence entre le poids de platine avec lequel le tube plein d'air sec a été équilibré et le poids qu'il a fallu ajouter ensuite pour obtenir l'équilibre stable.

La balance qui m'a servi permettait la pesée à O^'OOOOo avec une charge de 50 grammes. En ajoutant l'incertitude de la pesée à celle qui existe sur le poids de l'air déplacé par le chlorure de potassium, j'évalue de 0^' 000 i5 à 0^'000 20 l'erreur possible sur le poids vrai du chlorure mis en expérience.

DE LÀ PESÉE DE LAllGENT.

Cette pesée a été effectuée à l'aide d'une balance permettant la pesée de 25 grammes à O^'OOO 01. Pour réduire la pesée au vide, j'ai admis, après le poids spécifique des lames d'argent employées, que le gramme de ces lames pesé dans l'air perd O^'OOO 057 7 de plus que le gramme de platine qui lui fait équilibre.

POIDS DES MASSES DE CHLORURE ET d'aRGEINT EMPLOYÉES.

Pour calculer le poids des masses à mettre en expérience, j'ai admis par HYPOTHÈSE le poids moléculaire du chlorure de potassium = 74.5 et le poids atomique de l'argent = 108. J'ai constaté par mes travaux antérieurs qu'en opérant la double décomposition entre l'argent et le chlorure de

potassium pesés dans ces rapports, il reste constamment de l'argent libre à l'état d'azotate dissous dans l'eau mère. J'ai cherché la quantité de chlorate manquant pour précipiter cet argent, et, l'ayant trouvée, j'ai, pour contrôler les résultats obtenus, pris l'argent et le chlorure dans le rapport donné par l'expérience. Pour exécuter la nouvelle série de déterminations, j'ai agi absolument de la même manière.

J'ai opéré :

i" Sur le chlorure provenant de la décomposition totale du chlorate;

2" Sur le chlorure formé en même temps que le perchlorate ;

5" Sur le chlorure du perchlorate;

4° Sur le chlorure du chloroplatinate de potassium,

DE l'exécution des DÉTERMINATIONS.

J'ai opéré la dissolution de l'argent et la double décomposition entre l'azotate produit et le chlorure de potassium, dans des flacons très solides de verre blanc, bouchés à l'émeri et numérotés, de 20 centimètres de hauteur sur 7 centimètres de diamètre extérieur et dont le goulot avait de 2 à 2 i/2 centimètres d'ouverture. Les bouchons étaient soigneusement doucis au colcotar, afin de permettre une fermeture hermétique, sans laisser des vides et, partant, sans interposition possible de liquide. Pour éviter la casse pendant les opérations, les flacons avaient été recuits au laboratoire même; ils avaient été maintenus pendant deux jours vers 300 à 350^ dans une étuve à air chaud et abandonnés ensuite à un refroidissement qui a duré toute une semaine.

Dans les flacons, lavés successivement à l'eau acidulée, à l'acide azotique, à l'eau pure, et enfin bien séchés, j'ai introduit les lames d'argent découpées et pesées, sur lesquelles j'ai versé par gramme d'argent employé, trois centimètres cubes d'acide azotique pur, à 1.24 de densité à 15", quantité parfaitement suffisante pour dissoudre l'argent, en s'y prenant convenablement.

Après avoir serré les bouchons des flacons et avoir couvert leur goulot d'un vase de verre, j'ai abandonné le tout à lui-même, à la température ordinaire, tant que le métal a réduit l'acide azotique. Au bout de cinq jours, la majeure partie de l'argent é(ait transformée en azotate cristallisé, enveloppant le restant du métal. L'acide non réduit était fortement coloré en bleu. J'ai desserré alors les bouchons et j'ai placé les flacons, inclinés à 45°, dans un bain d'eau dont j'ai élevé très lentement la température. Vers 35", l'azotate cristallisé s'étant redissous, le métal restant a attaqué lentement l'acide azotique avec production d'oxyde azotique et de vapeurs rutilantes. Lorsque l'argent fut complètement dissous, j'ai élevé la température du bain jusqu'à l'ébullilion de l'eau que j'ai maintenue pendant une demi-heure pour chasser les acides azoteux et hypoazotique dissous dans la solution azotique de l'azotate d'argent. Ce résultat étant obtenu, tout en laissant les flacons dans le bain d'eau bouillante, j'ai introduit petit à petit dans chaque flacon 150 centimètres d'eau pure (% portée également à l'ébullilion pour éliminer autant que possible les vapeurs rutilantes retenues fortement par la solution azotique d'argent. Après avoir remis le bouchon sur chaque flacon, j'ai abandonné le bain à un refroidissement lent.

Le lendemain, chaque flacon a été descendu dans un double sac d'une étolTe épaisse, teinte en noir, plus long que lui de 10 centimètres, et porté ensuite dans une chambre obscure. Après avoir lavé les goulots à l'eau pure, les flacons ont été fixés dans une position inclinée à 45°; ils ont été ensuite débouchés et j'ai laissé couler le long de la paroi interne 50 centimètres cubes d'eau pure, de manière à couvrir la surface de la solution d'argent d'une couche d'eau. En éclairant l'ouverture des flacons à l'aide d'un rayon de lumière d'un jaune orangé, j'ai fait pénétrer dans le goulot de chaque flacon le large bout du tube contenant le chlorure pesé, destiné

(') L'eau employée aux essais a été distillée : 1" avec une solution fortement alcaline de permanganate de potassium, pour détruire les matières organiques ; 2" avec une solution de sulfate d'aluminium.

à cet essai. Le tube étant dans une position fortement inclinée, en lui imprimant un mouvement de rotation sur lui-même, j'en ai fait sortir le chlorure qui, en descendant le long de la paroi du flacon, a traversé les liquides superposés qui y sont contenus sans provoquer de projection.

Quel que soit le soin que Ton prenne pour n'introduire dans le tube à peser que des cassons privés de poussière cristalline, néanmoins il reste toujours des traces de chlorure alcalin adhérentes à ses parois. Pour les enlever, j'ai adapté au tube étroit soudé au bout opposé, un petit tube de caoutchouc lavé et j'ai engagé dans celui-ci la pointe d'une pipelle remplie d'une partie de l'eau réservée pour parfaire le volume total de l'eau mère de l'essai. J'ai déplacé ainsi par voie de solution et de lavage tout le chlorure pesé en laissant couler constamment la solution et les eaux de lavage dans le flacon d'essai, comme du reste je l'ai pratiqué et exposé dans mon travail sur le rapport proportionnel entre l'argent et le bromure d'ammonium.

J'ai ajouté enfin de l'eau pure dans les flacons jusqu'à ce que le poids de l'eau fût égal à trente fois le poids de l'argent mis ^en expérience. Cette quantité équivaut à la moitié du poids de l'eau que les flacons peuvent contenir.

J'ai bouché ensuite les flacons en serrant les bouchons et j'ai fixé solidement, à l'aide de ficelles cirées, le bouchon sur le goulot. Après avoir relevé le double sac au-dessus des flacons et avoir replié l'extrémité de chaque sac sur le goulot, j'ai serré, à l'aide d'un anneau de caoutchouc, l'extrémité repliée sur le goulot. Ayant ainsi empêché la lumière de pénétrer dans les flacons, j'ai couché ceux-ci horizontalement dans une caisse vissée sur le plateau d'un agitateur mécanique installé dans la chambre obscure. Un aide a soumis le tout pendant trois heures à une vive agitation. J'ai redressé ensuite les flacons et je les ai abandonnés dans la caisse fermée jusqu'au lendemain matin. J'ai agi ainsi afin d'amener à Vétat de division extrême le chlorure d'argent produit par la double décomposition, et de diminuer, dans la limite du possible, la solubilité de ce chlorure dans l'eau mère.

Le poids de l'argent et du chlorure, la capacité des flacons, le volume de l'acide azotique employé pour la dissolution du métal et le volume de l'eau ajoutée dans chaque flacon ont été, autant que possible, les mêmes pour chaque essai. Les essais ayant été agités à la fois et pendant le même temps doivent se trouver dans des conditions absolument comparables et fournir, dans la limite des erreurs d'observation, des résultats identiques, si tant est que les chlorures de potassium mis en expérience soient identiques.

J'ai procédé ainsi qu'il suit à la détermination du titre de l'eau mère des essais qui ont été faits simultanément sur les quatre chlorures employés. L'essai sur chaque chlorure a été efl'ectué en double, l'un servant de contrôle à l'autre, de sorte qu'il y a eu huit essais.

J'ai amené dans la chambre obscure un trépied, à rouleaux, de photographe muni d'une large tablette, près d'une ouverture pratiquée dans le mur, au nord de la salle. Dans cette ouverture était encastrée une cuvette, formée de glaces incîolores, mais contenant une solution de chromate de magnésium, colorée en jaune faiblement orangé (^). La tablette ayant été

(1) La cuvette était formée de deux glaces épaisses, planes, de 50 centimètres de hauteur sur 45 centimètres de largeur, distantes l'une de l'autre de 3 centimètres. Les bords des glaces étaient réunis, à la glu marine, à l'aide de trois bandes de glace épaisse. Ce réservoir, parfaitement étanche, était rempli d'une solution, saturée à 10", de chromate de magnésie. M. Rommelaere a préparé ce chromate de magnésie en saturant une solution bouillante d'acide chromique par de Vhydrocarboiiate de magnésium en léger excès et en filtrant le liquide refroidi.

En substituant de l'oxyde de magnésium à l'hydrocarbonate, il se produit à la fois un chromate soluble et un chromate insoluble. Le chromate soluble produit dans ce cas est coloré en jaune pur. La lumière transmise par la solution de chromate jaune orangé et par la solution de chromate jaune j^nr, agit différemment sur le chlorure d'argent. Celle fournie par la solution orangée altère moins rapidement le chlorure et le bromure d'argent que la lumière transmise par la solution jaune qui agit sur ces haloïdes à l'égal du verre coloré en jaune.

J'ai été obligé de recourir au chromate de magnésie pour obtenir de la lumière jaune orangé, parce que j'ai constaté que les glaces de la cuvette sont rapidement attaquées par les chromâtes jaunes alcalins, lors même que leur solution renferme une petite quantité •de bichromate pour les colorer en jaune orangé.

élevée à la hauteur de l'œil, j'ai déposé sur elle quatre tlacons numérotés 1, 3, 5, 7, contenant les essais des quatre chlorures alcalins différents, et j'ai interposé ensuite entre la cuvette et les flacons un écran en bois noirci, ayant une entaille de 40 centimètres de longueur sur 5 centimètres de hauteur, susceptible d'être fermée à l'aide d'un obturateur opaque mobile. J'ai fixé cet écran de manière à faire coïncider le milieu de l'entaille avec la surface du liquide des flacons contenus dans le double sac. Cela étant fait, j'ai enlevé l'anneau de caoutchouc serrant l'extrémité des sacs retournée sur le goulot et j'ai défait les ligatures tenant les bouchons. Après avoir lavé à l'eau pure les goulots et les bouchons, j'ai débouché les flacons à l'aide d'une pince de bois et j'ai abaissé les sacs de chaque flacon maintenu jusqu'à 1 centimètre environ au-dessous du niveau de l'eau mère. J'ai ensuite, à l'aide d'un anneau de caoutchouc, les sacs à cette hauteur.

Les liquides étant éclairés, sur une hauteur de 1 centimètre, par le faisceau de lumière jaune orangé passant par l'entaille de l'écran, j'ai constaté la parfaite limpidité de l'eau mère des quatre essais.

Je l'ai déjà dit, lors de mes travaux antérieurs sur la détermination du rapport proportionnel entre l'argent et le chlorure de potassium, j'ai reconnu qu'en opérant la double décomposition entre ce métal et ce chlorure pesés dans le rapport de 108 et 74.5, il reste constamment de l'argent non précipité, dont la quantité s'est élevée par gramme d'argent de 0^'"00196 à 0^00198, c'est-à-dire 1/500 du poids de l'argent. D'après mes Recherches de statique chimique, cette quantité exclut la possibilité de l'existence du chlorure d'argent dans l'eau mère si les chlorures mis en expérience sont identiques à ceux sur lesquels ont porté mes précédentes investigations.

Pour m'en assurer, j'ai laissé tomber à la surface de l'eau mère contenue dans chacun des quatre flacons, cinq gouttes de liqueur décime d'azotate d'argent, à l'aide d'une pipette débitant, dans la position verticale, exacte- , T. ni. 31

ment vingt-cinq gouttes par centimètre cube de liquide f). Immédiatement après, les sacs ont été relevés, l'obturateur de l'entaille dans l'écran a été abaissé pour soustraire les liquides à l'action de la lumière jaune orangé, et les essais ont été abandonnés à eux-mùmes pendant quinze minutes au moins.

Ayant alors abaissé de nouveau les sacs et relevé l'obturateur de l'entaille faite dans l'écran, j'ai constaté qu'au bout de ce temps aucune zone opalescente ne s' était produite à la surface de l'eau mère des quatre essais. J'ai imprimé alors un léger mouvement de rotation aux flacons pour répandre au sein du liquide les gouttes exploratrices de liqueur décime d'azotate d'argent, et j'ai laissé tomber ensuite à la surface de l'eau mère limpide cinq gouttes de liqueur décime de chlorure de potassium, avec une pipette qui en débite, dans une position verticale, vingt-cinq gouttes par centimètre cube. L'addition de ces cinq gouttes a produit instantanément un trouble d'une intensité égale à celle qui résulte du contact de la liqueur décime de chlorure avec une solution d'azotate d'argent.

Ces faits étant constatés et me fondant sur les résultats de mes déterminations antérieures, obtenus à l'aide du chlorure du chlorate et du chloroplatinate de potassium, j'ai ajouté à chaque essai, et successivement, de la liqueur décime de chlorure de potassium, jusqu'à ce que les essais, préalablement éclaircis par l'agitation, aient commencé à se troubler par la liqueur décime d'azotate d'argent ajoutée dans le flacon même.

Arrivé à ce points j'ai suivi le résultat de l'addition des gouttes explora-

(') Les pipettes qui ont servi sont celles que j'ai décrites et employées dans mon travail sur la Détermination du ra'pport proportionnel entre l'argent, les chlorures et les bromures, présenté en 1876 à l'Académie royale et publié en 1880 dans ses Mémoires. Les solutions décimes renfermaient respectivement 1 gramme d'argent et 0s''69122 de chlorure de potassium au litre à 15°. Je me suis assuré par un essai fait sur 100 c. c. de chaque liquide, que leur mélange, abandonné dans Vobscurité complète jusqu'à ce qu'il soit absolument limpide, se détruit si exactement que l'eau mère, divisée en deux parties, ne se trouble plus ni par l'argent ni par le chlorure. .

trices au dehors du flacon d'essai. A cet effet, j'ai prélevé, à l'aide de pipettes, de capacité convenable, de l'eau mère de chaque flacon, et j'ai versé 50 centimètres cubes de liquide limpide dans deux vases cylindriques de verre blanc, de 4 centimètres de diamètre. Pour les quatre essais exécutés simultanément, il y a donc eu huit vases cylindriques de capacité et de diamètre égaux, étiquetés \ et 1', 5 et 5', 5 et 5', 7 et 7', placés devant Tentaille de l'écran, laissant passer la lumière jaune orangé.

J'ai ajouté au liquide des vases 1, 5, 5 et 7 cinq gouttes exploratrices de liqueur décime d'azotate d'argent et au liquide des vases 1', 5', o' et 1' cinq gouttes exploratrices de liqueur décime de chlorure de potassium.

D'après le temps requis pour l'apparition de l'opalescence à la surface du liquide et aussi d'après l'intensité relative du trouble, j'ai jugé la quantité de liqueur décime de chlorure de potassium à ajouter pour amener la totalité de l'eau mère de chaque essai à fournir, après éclaircissement, une nouvelle eau mère se troublant dans le même temps et fournissant une opalescence d'une égale intensité lorsque le précipité est uniformément répandu dans la masse liquide contenue dans les vases cylindriques. L'expérience m'a prouvé qu'on acquiert rapidement une grande sûreté de jugement. Pour se convaincre de la rapidité avec laquelle on parvient à apprécier de minimes diff'érences dans l'opalescence des liquides, il suffit de prendre deux cylindres de même diamètre, de verser dans chacun d'eux un volume égal d'une solution d'argent au 1/100000 et de répartir également dans le liquide d'un des vases cinq gouttes, et dans le liquide de l'autre vase quatre gouttes de liqueur décime de chlorure de potassium pour apprécier, dans l'espace de trois à cinq minutes, la différence entre l'opalescence produite. C'est dans ces limites que M. Rommelaere et moi nous avons jugé de l'égale ou de l'inégale intensité des troubles produits respectivement par l'addition de l'azotate d'argent et du chlorure de potassium décimes et du rapport de ces intensités.

Lorsque j'ai jugé atteinte l'égalité de l'opalescence dans l'eau mère de

— -iSi —

chacun des quatre essais, 1, 3, 5 et 7, j'ai fait la somme du volume de liqueur décime de chlorure de potassium ajouté à chacun d'eux, et j'ai déduit de cette somme les gouttes exploratrices employées pour annuler les gouttes exploratrices d'argent. J'ai introduit ensuite, en une seule fois, dans les flacons numérotés 2, 4, 6 et 8, le volume de liqueur décime de chlorure réclamé par 1, 5, 5 et 7, pour lesquels le chlorure, de même origine et très sensiblement de même poids, a été employé.

Ces additions ont été faites sans que ces essais eussent été exposés un seul instant à l'action de la lumière jaune orangé. On a bouché les flacons et, après avoir serré et fixé les bouchons à l'aide de ficelles cirées et retourné les bouts des sacs sur le goulot, on a soumis les quatre essais à une vive agitation. Lorsque l'eau mère était devenue limpide, on a abandonné le tout au repos jusqu'au lendemain.

J'ai procédé alors sur l'eau mère de chaque flacon comme je l'ai exposé pour les essais 1, 3, 5 et 7, c'est-à-dire que j'ai prélevé, à l'aide de pipettes de capacité convenable, de l'eau mère de chaque flacon et introduit 50 centimètres cubes du liquide limpide dans deux vases cylindriques de 4 centimètres de diamètre, étiquetés 2 et 2', 4 et 4', 6 et 6', 8 et 8', et placés devant l'entaille de l'écran laissant passer la lumière jaune orangé. J'ai ajouté au liquide des vases 2, 4, 6 et 8 cinq gouttes exploratrices de liqueur décime d'azotate d'argent, et au liquide des vases 2', 4', 6' et 8' cinq gouttes exploratrices de liqueur décime de chlorure de potassium.

D'après le temps requis pour l'apparition de l'opalescence produite à la surface du liquide et d'après l'intensité du trouble, j'ai jugé de l'état des essais et de la quantité de liqueur décime de chlorure de potassium à ajouter à chacun des essais, pour amener leur eau mère à se troubler également par l'addition de volumes égaux de liqueurs décimes. Après avoir restitué à chaque essai l'eau mère prélevée et avoir introduit dans chaque flacon le volume de liqueur décime jugé nécessaire, j'ai bouché les flacons d'essai, j'ai fixé les bouchons et couvert les goulots des bouts

des sacs repliés. On a soumis ensuite les quatre essais à une vive agitation, jusqu'à ce que leur eau mère fût devenue limpide, après un repos convenable. Ce résultat étant atteint, j'ai procédé à une nouvelle vérification de l'état des eaux mères des flacons 1, 5, 5 et 7.

Avant d'efîecluer les huit délerminalions comparatives, j'ai fait un essai préliminaire sur l'un des chlorures. Cet essai, ayant donné des résultats presque identiques à ceux fournis par les déterminations consignées dans mon travail publié en 1880, m'a permis d'aller droit au but, sans longs tâtonnements et aussi sans risquer de compromettre les essais comparatifs et définitifs.

Je commence par donner le résultat de cet essai, qui du reste a été fait avec tous les soins possibles et dans les mêmes conditions que les huit déterminations, pour me mettre à l'abri de l'influence de la lumière sur le chlorure d'argent produit.

Je donne ensuite le résultat des huit déterminations qui, les longs préparatifs étant faits d'avance, ont exigé, avec l'essai préliminaire, un travail continu de cinq jours dans la chambre obscure pour être achevés. Les additions des liqueurs décimes d'azotate d'argent et de chlorure de potassium ont été faites par M. Hommelaere; le jugement du résultat produit a été prononcé de commun accord entre lui et moi. Lorsqu'il y a eu doute, nous nous sommes abstenus de conclure.

UÉSULTAT DK L ESSAI PUKLIMINAIUE.

1° Tube équilibré avec 8^^000 de poids de platine;

2" Tube équilibré avec 0^'"552 de poids de platine et du chlorure du chlorate ayant servi à la détermination du poids spécifique ;

5° Tube équilibré avec 0^'552 7 et le chlorure du chlorate chaufté à 200°;

4« Tube équilibré avec O^'SSSl et le chlorure chauffé une seconde fois à 200°. D'où :

a. Poids du chlorure dans l'air 7.44690

b. — dans le vide 7.45118

c. Poids de l'argent dans l'air 10.80110

d. — dans le vide 10.80171

L'argent ayant été dissous, la double décomposition ayant été opérée et la désagrégation des flocons de chlorure d'argent étant effectuée par une agitation mécanique de trois heures, j'ai abandonné l'essai à lui-même dans la caisse vissée sur l'agitateur.

Le lendemain, après avoir constaté la parfaite limpidité de l'eau mère, j'ai procédé, ainsi qu'il suit, à la détermination du titre liquide :

1° Cinq gouttes exploratrices de liqueur décime d'azotate d'argent répandues à la surface de l'eau mère n'y produisent aucun trouble après une attente de vingt minutes;

2° Cinq gouttes exploratrices de la liqueur décime de chlorure de potassium produisent instantanément une zone opalescente intense à la surface de l'eau mère, préalablement légèrement agitée et reposée ensuite;

5° Cinq centimètres cubes de liqueur décime de chlorure de potassium produisent un trouble très intense dans l'eau mère;

4'' Cinq gouttes exploratrices de liqueur décime d'azotate d'argent répandues à la surface de l'eau mère, préalablement éclaircie par l'agitation et le repos subséquent, ne produisent aucun trouble après une attente de quinze minutes;

5° Cinq gouttes exploratrices de liqueur décime de chlorure de potassium répandues à la surface de l'eau mère, préalablement agitée et reposée ensuite, produisent instantanément une zone opalescente;

6° Cinq centimètres cubes de liqueur décime de chlorure de potassium produisent un trouble très intense dans l'eau mère;

T Cinq gouttes exploratrices de liqueur décime d'azotate d'argent

répandues à la surface de l'eau mère, préalablement éclaircie par l'agitation et le repos subséquent, ne produisent aucun trouble après une attente de quinze minutes;

8° Cinq gouttes exploratrices de liqueur décime de chlorure de potassium répandues à la surface de l'eau mère, préalablement agitée et reposée ensuite, produisent instantanément une zone opalescente ;

9** Cinq centimètres cubes de liqueur décime de chlorure de potassium produisent un trouble très intense dans l'eau mère;

10'' Cinq gouttes exploratrices de liqueur décime d'azotate d'argent répandues à la surface de l'eau mère, préalablement éclaircie par l'agitation et le repos subséquent, ne produisent aucun trouble après une attente de quinze minutes;

11° Cinq gouttes exploratrices de liqueur décime de chlorure de potassium répandues à la surface de l'eau mère, préalablement agitée et reposée ensuite, produisent instantanément une zone opalescente;

12° Deux centimètres cubes de liqueur décime de chlorure de potassium produisent un trouble très intense dans l'eau mère;

15° Cinq gouttes exploratrices de liqueur décime d'azotate d'argent répandues à la surface de l'eau mère, préalablement éclaircie par l'agitation et le repos subséquent, ne produisent aucun trouble après une attente de quinze minutes ;

14° Cinq gouttes exploratrices de liqueur décime de chlorure de potassium répandues à la surface de l'eau mère, préalablement agitée et reposée ensuite, produisent instantanément une zone opalescente ;

15° Deux centimètres cubes de liqueur décime de chlorure de potassium produisent un trouble très intense dans l'eau mère ;

16° Cinq gouttes exploratrices de liqueur décime d'azotate d'argent répandues à la surface de l'eau mère; préalablement éclaircie par l'agitation et le repos subséquent, ne produisent aucun trouble après une attente de quinze minutes j

17° Cinq gouttes exploratrices de liqueur décime de chlorure de potassium répandues à la surface de l'eau mère, préalablement agitée et reposée ensuite, produisent instantanément une zone opalescente ;

18° Deux centimètres cubes de liqueur décime de chlorure de potassium produisent un trouble très intense dans l'eau mère;

19° Cinq gouttes exploratrices de liqueur décime d'azotate d'argent répandues à la surface de 50 centimètres cubes de l'eau mère, éclaircie par l'agitation et le repos subséquent, et contenue dans un vase cylindrique décrit ci-dessus, produisent, après une attente de douze minutes, un trouble- limite;

20° Cinq gouttes exploratrices de liqueur décime de chlorure de potassium répandues à la surface de 50 centimètres cubes de l'eau mère éclaircie par l'agitation et le repos subséquent, et contenue dans un vase cylindrique, produisent instantanément une zone opalescente;

21° Quinze gouttes de liqueur décime de chlorure de potassium produisent instantanément un trouble fort dans l'eau mère ;

22*^ Cinq gouttes exploratrices de liqueur décime d'azotate d'argent, répandues à la surface de 50 centimètres cubes de l'eau mère éclaircie par l'agitation et le repos subséquent, et contenue dans un vase cylindrique, produisent, après une attente de quatre minutes, un trouble faible;

25° Cinq gouttes exploratrices de liqueur décime de chlorure de potassium, répandues à la surface de 50 centimètres cubes de l'eau mère éclaircie par l'agitation et le repos subséquent, et contenue dans un vase cylindrique, produisent en deux minutes un trouble faible ;

24° Dix gouttes de liqueur décime de chlorure de potassium produisent en trois minutes un trouble faible dans l'eau mère;

25" Cinq gouttes exploratrices de liqueur décime d'azotate d'argent, répandues à la surface de 50 centimètres cubes de l'eau mère éclaircie par l'agitation et le repos subséquent, et contenue dans un vase cylindrique, produisent un trouble faible après une attente de trois minutes;

26** Cinq gouttes exploratrices de liqueur décime de chlorure de potassium, répandues à la surface de 50 centimètres cubes de l'eau mère éclaircie par l'agitation et le repos subséquent, et contenue dans un vase cylindrique, produisent un trouble faible, néanmoins plus fort que le trouble produit par les cinq gouttes exploratrices de liqueur décime d'azotate d'argent n°25;

'iT Cinq gouttes de liqueur décime de chlorure de potassium produisent en deux minutes un trouble faible dans l'eau mère )

28° Cinq gouttes exploratrices de liqueur décime d'azotate d'argent, répandues à la surface de 50 centimètres cubes de l'eau mère éclaircie par l'agitation et le repos subséquent, et contenue dans un vase cylindrique, produisent en trois minutes un trouble faible ;

29° Cinq gouttes exploratrices de liqueur décime de chlorure de potassium, répandues à la surface de 50 centimètres cubes de l'eau mère éclaircie par l'agitation et le repos subséquent, et contenue dans un vase cylindrique, produisent en trois minutes un trouble faible. Après l'agitation de l'essai contenu dans les vases cylindriques n"' 28 et 29, et la comparaison des troubles qui en résultent, nous sommes d'accord, M. Rommelaere et moi, pour constater que le trouble produit par les gouttes exploratrices d'azotate d'argent l'emporte en intensité sur le trouble formé par les gouttes exploratrices de chlorure de potassium. Les cinq gouttes de liqueur décime de chlorure de potassium du n° 27 ont donc dépassé le but. Nous croyons que des cinq gouttes ajoutées, deux doivent en être retranchées.

Négligeant les gouttes exploratrices des liqueurs décimes d'azotate d'argent et de chlorure de potassium qui, évidemment, s'annihilent mutuellement, et faisant la somme des volumes de liqueur décime de chlorure de potassium employés successivement pour amener l'azotate d'argent, resté en solution dans l'eau mère de l'essai, à l'état de chlorure d'argent, on trouve qu'il a fallu un total de vingt-deux centimètres cubes au minimum et vingt-

deux centimètres cubes et deux dixièmes de liqueur décime de chlorure au maximum.

Ce volume représente un excès d'argent égal à 0'^'022 au minimum et 0*'022 2 au maximum, ou un défaut de chlorure de potassium égal à 22 ou 22.2 X 0.691 22 = O^-^OIS 20 au minimum et O^-^OIS 34 au maximum.

D'après cet essai préliminaire, le rapport proportionnel de l'argent privé de gaz au chlorure du chlorate pur, est

: : 100.000 : 69.122 au minimum,

OU

: : 100.000 : 09.125 au maximum.

Dans le travail présenté le 5 août 1876 à la classe des sciences de l'Académie royale, j'ai montré que pour le chlorure de potassium du chloroplatinate, ce rapport est

et que pour le chlorure du chlorate, ce rapport est

En tenant compte de l'incertitude qui existe sur le poids vrai du chlorure de potassium mis en expérience, on peut considérer le résultat de l'essai préliminaire comme identique à celui obtenu antérieurement par moi. Quoi qu'il en soit, cet essai préliminaire m'a permis d'abréger notablement la marche à suivre pour les déterminations comparatives dont il me reste à donner les résultats.

DETERMINATIONS COMPARATIVES.

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