DO
En opérant sur les quatre bouts à la fois, on obtient
On chauffa au rouge vif dans le vide les bouts Ij, 2o et % pour savoir s'il n'abandonneraient pas des gaz. L'essai échoua, à cause de la perméabilité aux gaz du tube en porcelaine à cette température. Après cet essai infructueux, on mesura de nouveau leur poids spécifique, et l'on trouva
Do =- 21.525.
Cet essai nous permit de constater que ces trois bouts, qui avaient été parfaitement décapés et qui ne présentaient, avant d'avoir été chauffés, aucune strie, offraient un très grand nombre de stries parallèles, colorées en brvn d'hématite dans le sens de l'étirage qnils avaient subi. Le rabotage auquel M. Malthey a soumis les règles étirées n'avait donc pas encore suffi pour enlever le fer amené par l'étirage. Les faits dont il nous reste à parler démontreront la vérité de cette conclusion.
Le bout de règle 4o, auquel il n'avait pas été touché et dont
Do = 21.5261
fut soumis à la frappe du grand balancier de la Monnaie; il avait les dimensions suivantes :
Avai.t Après
la frappe. la frappe.
mm iinn
Longueur 38.70 47.80
Hauteur 17.50 30.70
Epaisseur 10.35 5.75
Son poids spécifique, mesuré après un décapage soigneux, fut trouvé
Do --= 21.5399.
La plaque, placée sur un lit d'alumine pure, fut recuite au chalumeau aérhydrique; elle se couvrit sur ses deux faces d'innombrables stries parallèles, de couleur d'hématite, qui avaient toutes le sens de l'étirage. Elle fut soumise à l'acide chlorhydrique dilué bouillant, qui fit disparaître les
raies, en laissant le métal po7ictué là où l'oxyde ferrique avait été enlevé. La plaque, pesée avant et après le décapage, i^'ésentait une différence de poids de 0*^'0025, due exclusivement à l'enlèvement de l'oxyde ferrique.
Frappée ensuite de manière à amener à l'aide de trois coups son épaisseur à 4"^™25 d'abord et puis par trois nouveaux coups à 4""" 10, la plaque, parfaitement décapée, avait acquis à 0* un poids spécifique de 21.557, qui est le chiffre le plus élevé auquel nous sommes arrivés pour le platine iridié à 10 p. c. produit industriellement.
Nous avons recuit une seconde fois la plaque à une température très élevée, et nous avons constaté qu'après ce recuit de nombreuses raies couleur d'hématite se sont reproduites ; toutefois, leur nombre fut incomparablement moindre qu'après le premier recuit. La plaque, bien décapée, fut soumise une troisième fois à la frappe, jusqu'à ce que son épaisseur ne changeât plus, fait qui s'est réalisé lorsqu'elle fut ramenée à 5"""0 exactement. Après un nouveau décapage, on trouva
La frappe à outrance avait donc diminué son poids spécifique de
diminution qui est d'accord avec ce que nous avons observé tant pour le [)laline que pour le platine iridié.
En déduisant de la composition donnée ci-dessus le poids spécifique que devrait présenter l'alliage, on arrive à
Do =- 21,531.
qui ne diffère que de 0^008 de la densité moyenne des quatre bouts de règle.
DU PtNISSAGE ET DU TRACÉ DES RÈGLES.
Après avoir détaché les bouts des règles, ainsi qu'il est dit plus haut, MM. Brunner ont achevé le rabotage commencé par M. Malthey. Ce rabotage s'est effectué facilement, à condition toutefois d'enlever des copeaux assez fins. En cherchant à obtenir des copeaux plus épais, on a à craindre des accidents de pénétration du rabot et d'arrachement de l'alliage. Des recherches précises nous ont permis de constater également que les copeaux fins contiennent incomparablement moins de fer enlevé au rabot que les copeaux plus ou moins épais.
Ainsi, des essais faits avec soin nous ont prouvé que la surface des copeaux fins retient moins de 1/10000 de fer du poids de l'alliage, tandis qu'il reste adhérent à la surface des copeaux épais une quantité de fer suffisante pour que, abandonnés à l'air ordinaire, ils se couvrent de rouille, ainsi que le prouvent les copeaux épais mis sous les yeux du comité.
Les copeaux épais, après un lavage à l'alcool, abandonnés au sein de l'eau aérée, se couvrent de rouille. Ce phénomène se présente surtout aux deux bouts des copeaux. Nous avons vu que là la rouille est assez abondante pour se détacher de l'alliage.
Nous n'avons aucune notion sur la quantité de fer qui, lors du rabotage, pénètre dans les copeaux et dans l'alliage soumis à cette opération.
Le dressage complet des deux règles a fourni à MM. Brunner un poids de copeaux s'élevant à sept cent cinquante grammes environ.
Par le polissage, les règles sont devenues parfaitement brillantes, sans fissure aucune visible à l'œil nu et à la loupe. Lorsque MM. Brunner ont procédé au polissage an charbon de la surface des talons destinés à recevoir le trait limitatif du mètre et les traits auxiliaires, ils ont constaté, et nous avons reconnu l'exactitude de leur observation, que l'une de ces surfaces contenait quelques bulles ouvertes, dont les plus grosses peuvent avoir de
5/iOOO à 8/1000 de millimètre. Le centre du prisme renferme donc, dans cet endroit du moins, des bulles que le martelage et l'étirage n*ont pas fait disparaître. Mais il est à remarquer qu'aucun des traits ne traverse ces bulles; nous signalons uniquement leur existence pour démontrer que, malgré les opérations mécaniques auxquelles la règle a été soumise, les cavités qui se trouvaient dans l'alliage après la fonte ont persisté au centre du rectangle. Ce fait explique pourquoi cette règle possède un poids spécifique moindre de 0.002 que l'autre règle.
Nous n'avons rien à dire du tracé qui a été effectué par MM. Brunner; c'est au comité à en juger et à prescrire ultérieurement les dispositions qu'il trouvera convenables au cas où la largeur et la profondeur des traits devraient être modifiées.