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LUSTRE MÉTALLIQUE

L'expérience avait appris depuis longtemps que l'emploi des sels de plomb et des sels de cuivre était incompatible avec la laine, qui, par son soufre, réagit toujours sur le métal de ces sels, et produit ainsi des sulfures métalliques noirs plus ou moins brillants. M. Galvert, dont le nom est si

connu dans l'industrie, a utilisé cette observation pour produire au sein même des fibres, des sulfures qui leur communiquent un éclat soyeux particulier, rappelant singulièrement l'éclat métallique. Des industriels anglais et français avaient exposé de grandes collections de tissus, chaîne coton, teints en brun, noir et gris, et lustrés ensuite par le procédé inventé par M. Calvert.

ALIZARINE DU COMMERCE.

La garance, qui avait déjà fourni la garancine et les fleurs de garance, connues de tous les teinturiers, s'est présentée à l'exposition sous une forme nouvelle et jouissant sous cet état do qualités spéciales. MM. Pincoffs et Schunck ont imaginé de détruire, à l'aide de la .v?ipeur d'eau surchaufl'ée, le principe fauve jaunâtre que renferment toutes les garances.

L'alizarine et les autres principes colorants rouges qui existent dans cette racine sont conservés. La garance ainsi traitée est désignée, par les inventeurs, sous le nom d'alizarine du commerce. Elle possède, en effet, des propriétés particulières : ainsi, elle teint les violets en ménageant complètement les parties blanches, dont ordinairement la pureté est plus ou moins altérée par le principe fauve de la garance. Elle dispense aussi de l'avivage par le savon. Ce produit présente, sur la garance d'Avignon ou sur la fleur de garance, l'avantage de teindre avec une plus grande uniformité et une réussite plus régulière. Le genre violet, qui présente beaucoup de difficultés, sera considérablement simplifié par l'emploi de ce produit, et les teinturiers les moins habiles pourront le réussir, ce qui ne leur était pas possible, ni avec la garance, ni avec la fleur de garance. Toutefois-, l'alizarine de MM. Pincofîs et Schunck ne dispense pas de l'emploi de' la garance pour certaines nuances : ainsi, il n'est pas possible d'obtenir les peintes roses avec elle. Quoi qu'il en soit, il résulte des déclarations unanimes d'un grand nombre d'industriels, que ce produit est destiné à. rendre de grands services à la teinture en violet.

ORCÉIN'E BUUTE. — EXTRAIT D ORSEILLE.

Tout le monde sait que la propriété que possèdent certains lichens incolores, de se transformer en une belle couleur pourpre, est due à l'existence d'un principe incolore, Vorcine, qui, sous l'influence de l'air et de l'ammoniaque, pavsse à l'état d'orcéine violette ou pourpre. Les travaux de feu Robiquet ont mis ce fait hors de tout doute. Dans les arts, lorsqu'il s'agit d'obtenir l'orseille destinée à la teinture, orseille qui n'est pas de l'orcéine pure, tant s'en faut, on soumet à l'action de l'air et de l'ammoniaque les lichens eux-mêmes. Mais la réaction chimique fort simple qui change l'orcine en orcéine est très difficile à conduire, lorsque cette matière est mêlée à de grandes quantités de substances étrangères, altérables ellesmêmes; aussi la fabrication de l'orseille est-elle une opération très délicate, et peu de personnes la réussissent. Un industriel français, M. Frezon, vient de découvrir un procédé nouveau qui rend la transformation de l'orcine en orcéine plus facile, plus sûre. Ce procédé consiste à entraîner par l'eau froide les principes solubles et l'amidon des lichens, et à précipiter ensuite, par l'addition d'une petite quantité de chlorure d'étain, le principe susceptible de se colorer en violet. C'est sur ce précipité lavé que l'on agit par l'ammoniaque et l'air, pour obtenir l'extrait d'orseille qui renferme l'orcéine. Cette méthode est exploitée en grand et donne les meilleurs résultats. Les produits sont d'une grande beauté.

ALLOXÂNE. — MUREXIDE.

Il y a quinze ans, lorsque deux illustres chimistes, MM. Liebig et Wôhler, publièrent leurs magnifiques recherches sur l'acide urique, personne ne s'est douté que leurs prévisions se seraient réalisées si tôt. Comment croire, en effet, que les dérivés d'un produit si rare, comme l'était alors l'acide uriquCy pourraient être appliqués en grand à l'industrie? L'existence de cet

acide dans le guano est venue simplifier.ee problème. Un industriel, M. Kessler, à la Robertsau, près de Strasbourg, a déjà exposé de l'acide urique extrait du guano et de l'alloxane préparé à l'aide de cet acide. Le prix relativement si minime auquel ces produits sont vendus ne laisse plus le moindre doute sur leur application en grand à la teinture de la soie et de la laine. L'alloxane, en effet, en se transformant en murexide, produit une matière colorante d'une nuance extraordinairement riche, qui, suivant la quantité et le mordant, varie du rose le plus tendre au pourpre le plus éclatant. Les expériences qui ont été faites devant le jury donnent toute certitude à cet égard. La fixation de la couleur sur la fibre a lieu sous l'intervention de l'acide oxalique et du protochlorure de mercure dissous (sublimé corrosif).

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