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DES BOUGIES EXPOSÉES ET DE LEUR PRIX MARCHAND

A de rares exceptions près, les bougies d'acides gras exposées par les différentes nations ont présenté toutes les qualités que, depuis longtemps déjà, on est parvenu à leur donner. Il est constaté que ce sont en général les industriels français et autrichiens, auxquels on peut joindre exceptionnellement M. Motard, de Berlin, M. Ogleby, de Londres, M. Perla, de Madrid, M. Pitancier, d'Odessa, qui excellent le plus dans la fabrication des bougies moulées à l'aide de l'acide stéarique et provenant de la saponification calcaire ou aqueuse du suif. Les fabricants qui ont la prééminence pour les bougies de saponification sulfurique, suivie de la distillation, sont : la Price's patent Candie C", à Londres; MM. De Roubaix- Jenar et Janssens, à Cureghem lez-Bruxelles; MM. De Roubaix et Oudenkoven, à Anvers; MM. Le Roy et Durand, à Paris; la Fabrique royale de bougies d'Amsterdam; la Compagnie de bougies de Gouda; MM. Janssens et Neven, à Cologne; M. Alflhan, à Wiborg (Russie); M. Monten, à Stockholm.

Mais, à côté de bougies de qualité réellement supérieure, en figuraient à l'Exposition d'autres destinées à des usages plus modestes. Dans tous les

pays où il existe des usines d'acides gras, on a fait des efforts considérables pour trouver une matière grasse à bon marché, présentant, jusqu'à un certain point, les propriétés des acides gras et capable de remplacer les chandelles de suif, dont les inconvénients nombreux ne sont pas moins connus que les avantages économiques. Dans cette intention, on confectionne des bougies de troisième qualité. Ce genre de fabrication a fait dans ces derniers temps, et notamment en Angleterre, en Belgique et en Prusse, des progrès très considérables. En Angleterre, il existe des usines importantes qui ne produisent absolument que des bougies de deuxième et de troisième qualité. Leur usage, à Londres et dans toute l'Angleterre, est tellement généralisé qu'on n'en rencontre guère d'autres dans les ménages. C'est à tel point que des étrangers, peu au courant de ce qui se passe dans ce pays, s'imaginent que les usines anglaises ne fabriquent pas, ou même ne savent point fabriquer des bougies de première qualité. C'est là une grande erreur. La Price's patent Candie C" seule confectionne journellement de 4,000 à 6,000 kilogrammes de bougies qui ne le cèdent en rien aux produits similaires des autres nations. Ces faits, en apparence contradictoires, s'expliquent très naturellement. Les bougies stéariques de première qualité fabriquées en Angleterre sont presque toutes exportées dans les Indes. En Angleterre, on ne considère pas, comme dans d'autres pays, l'éclairage aux bougies d'acides gras comme un éclairage de luxe. Pour ce pays, c'est un moyen ordinaire, vulgaire. Cet usage tient au génie particulier de cette nation, qui ne considère pas comme luxe l'imitation du luxe. Presque toutes ses fabrications ont un caractère utilitaire ; on n'y trouve pas comme en France, à Paris surtout, cette masse d'objets, véritables superfluilés qui n'augmentent en rien le bien-être réel ou les facilités de la vie, but constant de l'activité incessante de toute la nation anglaise. Depuis longtemps, le spermaceti, ou blanc de baleine, sert pour l'éclairage de luxe, et la création de l'industrie stéarique n'est pas parvenue à le détrôner. Aujourd'hui, il se présente un nouveau rival, la paraffine, qui

ne le cède en rien, par sa belle transparence, au blanc de baleine. Je ni*en occuperai plus loin.

Dans un grand nombre de pays, la fabrication des bougies stéariques n'a d'autre but que de pourvoir à la consommation intérieure. On doit attribuer ce fait ou à leur position géographique, ou au procédé de fabrication qui a plutôt en vue la qualité exceptionnelle que l'économie du produit. L'Autriche, l'Espagne, la France, la Prusse, la Russie exportent, pour l'un ou l'autre de ces motifs, une partie très minime des bougies qu'elles confectionnent en très grande quantité. L'Angleterre, la Belgique et la Hollande sont les seuls pays qui travaillent presque exclusivement pour l'exportation. La production anglaise est spécialement destinée aux [ndes et aux autres colonies britanniques. La Belgique et la Hollande exportent des bougies de toute qualité en Angleterre, en Italie, dans le Nord et notamment en Russie et aux États-Unis. Les bougies de deuxième et de troisième qualité, importées en Angleterre, y concourent même avec avantage pour la consommation intérieure. La grande économie qui a présidé en Belgique à l'organisation et à la direction de nos principales usines, la perfection apportée au procédé de fabrication, ainsi que le taux relativement bas des salaires, sont la cause de la situation si favorable dans laquelle se trouve l'industrie stéarique dans notre pays.

J'ai cru qu'il était important de connaître le prix auquel on pouvait, à un moment donné, se procurer à Londres les bougies de provenances diverses. Je me suis adressé, à cet effet, à un de mes honorables collègues du jury, M. Mavrogordato, qui exerce à Londres même le commerce d'exportation des bougies et qui est en relations avec les principaux fabricants du continent.

H résulte des renseignements qu'il a bien voulu me communiquer que, à la date du 30 mai 1862, on pouvait avoir au port de Londres, tous frais d'emballage et de transport payés, les bougies de diverses qualités aux prix suivants :

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