IRIS
Puisque toute espérance à mes vœux est ravie , Puisqu'uu autre berger emporte vos amours, Pourquoi, cruelle Iris, voudrais-je encor des jours? Du moins plaignez les maux que ma langueur iiu^
cause:
est rheure du jour où tout ici repose; Le moissonneur, tranquille à Tabri du soleil , Képare sa vigueur dans le sein du sommeil; auprès de leurs troupeaux , dans un bocage sombre, Sylvie et son berger goûtent le frais de Tombrc; Privé de ces loisirs , et bravant la clialeur , fe promène en ces boiâ ma plaintive douleur.
A mes gémissements Técho paraît sensible ; Tout me plaint: votre cœur reste seul inflexible.
Que n'ai'je pour Phyllis brûlé des mêmes feux ! A. la fille d'Arcas que n*ai-je oflert mes v(cux ! Leurs grâces , il est vrai , n'égalent point vos charmes ; Mais leur cœur moins ingrat m'eût coûté moins de larmes.
Ah ! ne comptez point tant sur vos belles couleurs ; Un jour les peut flétrir, un jour flétrit les fleurs : La beauté n'est qu'un lis; l'aurore Ta vu naître, L'aurore à son retour ne le peut recouuaiti'e. Pourquoi me fuyez- vous ? j *ai de nombreux troupeau \ Dans les champs qu'Aréthuse enrichit de ses eaux ; y//. 7
Çn lait délicieux mes breljîs sont fécondes , Lors même que Thiver glace et l'air et les ondes; D*Amphion dans mes chants je ranime les airs; J^obtiens souvent le prix des champêtres concerts; Et si le ruisseau pur qui coule en ce bocage N'abuse point mes yeux d*une flatteuse image, Si la mer nous peint bien dans le miroir des eaux Quand l'haleine des vents n'ébranle point les flpts, Souvent j'ai consulté ce crystal immobile, Mon air ne cède rîen aux grâces de Mirtyle.
Ne craignez point, Iris, d'habiter nos forêts; Les plaisirs y naîtront de vos tendres attraits: Les sincères amours, peu connus dans les villes. Sous nos tranquilles toits ont choisi des asiles. Souvent , joignant nos voix aux chansons des oiseau Nous irons éveiller les folâtres échos :
Nos chants égaleront la douce mélodie Des chants dont le dieu Pan sait charmer l'Arcadit Pan trouva le premier -cet art ingénieux De former sur la flûte un son harmonieux; Pan règne sur nos bois, il aime nos prairies; C'est le dieu des bergers et de leurs bergeries. Vous aurez sous vos lois un docile troupeau.
Vous le verrez bondir au son du dialumeau.
Cette bouche charmante et des Grâces chérie