‹ Œuvres complètesChapitre 43 sur 73 · A M. L'ABBÉ MARQUET · texte numérisé non relu

A M. L'ABBÉ MARQUET

La. prophétie est accomplie , Cher abbé , je reviens à toi; La métamorphose est finie, Et mesjours enfin sont à moi.

ictime, tu le sais , d'un âge oh Ton s'ignere, Porté du bierceau sur Fautel, Je m'entendais à peine encore,

Quand j'y vins bégayer rengagement cnicl...

Nos goûts font nos destins: Tastre de ma naissance

Fut la paisible liberté; Pouvais-je en fîiir Tattrait ? Né pour TindépendancCy Dcvais-je plus long-temps souffrir la violence

D*une l^ite captivité ?

Cen est fait; à mon sort ma raison me ramène : Mais, ami , f avoûrai-je un tendre sentiment , Que ton cœur généreux reconnaîtra sans peine? Oui , même en la brisant , j'ai regretté ma cbaine , Et je ne me suis vu libre tpi'cn soupirant.

Je dois tous mes regrets aux sages que je quitte; J*cn perds avec douleur l'entretien vertueux; Et, si dans leurs foyers désormais je n'habite.

Mon cœur me survit auprès d'eux; Car ne les crois pas tels que la main de l'Envie

Les peint à des yeux prévenus ; Si tu ne les connais que sur ce qu'en public

La ténébreuse Calomnie ,

Ils te sont encore inconnus.

Lis, et vois de leurs mœurs des traits plus ingénus. Qu'il m'estdoux depouvoir leur rendre un témoignage Dont l'intérêt, la crainte, et l'espoir, sont exclus !

A leur sort le mien ne tient plus; l/iin|»artinlit<'' va tracer leur imago.

Oui, j'ai vu dos mortels, j'en dois ici l'aveu,

Trop combattus, connus trop peu; Jai vu tics cs[)rils vrais, des cccurs incorruptibles , Youés à la patrie, à leurs rois, à leur Dieu,

A leurs propres maux insensibles, Prodigues de leurs jours, tendres, parfaits amis ,

Et souvent bienlJEâteurs paisibles

De leurs plus fougueux ennemis; lYop estimés cufin pour être moins haïs.

Que d*autres s*exhalant, dans leur haine insensée ,

En reproches injurieux , Cherchent e:i les quittant à les rendre odieux: Pour moi , fidèle au vrai , fidèle à ma pensée , C'est (ùnsiqu en partant je leur/ôÀr mes adieux.

Page 1