Mais. {Note de La Bruyère
3. Mais n'est pas l'anagramme de ains : ains venait de anfe: mais vient dcmagis. Voyez Brachet, Dictionnaire étymologique de la langue française.
4. « Certes. — Ce mot commence à vieillir... En sa place on dit : en vérité, assurément, à n'en point mentir. » {Dictionnaire de Richelet, 1680.) — « Ce mot ne se dit plus dans la conversation que par les Gascons; mais il se dit encore dans les histoires, dans les cours d'éloquence, dans tous les ouvrages dogmatiques; et il a quelque chose d'énergique qui soutient et qui anime les endroits passionnés ou raisonnes. » (Bonheurs, Suite des Remarques nouvelles sur la langue française, 1G92, p. 83-8G ) — Bouhours i)rélere le mot certainement.
5. Selon Vaugelas, Ménage et le Dictionnaire de V Académie (1094), ce mot n'est admissible qu'en poésie; Richelet, Dictionnaire français, 1680, le signale comme un « vieux mot burlesque. » — L'oi'igine de maint n'est pas bien connue : les étymologistes hésitent entre une étymologie celtique et une étymologie germanique. (Voyez le Dictionnaire français de Littré.)
6. Moult, du latin multum, selon les uns; selon d'autres de moltum,
76 DE nUELQUES USAGES.
étoit dans son temps d'un même mérite, et je ne vois pas par où beaucoup l'emporte sur lui. Quelle persécution le car n'a-t-il pas essuyée ! et s'il n'eût trouvé de la protection parmi les gens polis, n'étoit-il pas banni honteusement d'une langue à qui il a rendu de si longs services, sans cju'on sût quel mot lui substituer^ 1 Cila été dans ses beaux jours le plus joli mot de la langue françoise ; il est douloureux pour les poètes qu'il ait vieilli. Douloureux ne vient pas plus naturellement de douleur, que de chaleur vient chaleureux ^ ou chaloureux * : celui-ci se passe, bien que ce fût une richesse pour la langue, et qu'il se dise fort juste où chaud ne s'emploie qu'improprement. Valeur devoit aussi nous conserver valeureux "^ ^ liaine, haineux '^ ; ijeine, peineux'^ ;
participe du verbe archaïque molere, accumuler (d"où moles). Voyez le Dictionnaire de Littré.
1. Goniherville se vantait de n'avoir pas mis une seule fois le mot car dans son roman do Polexandre (IGS'i), et Coëffeteau tenta également de s'en passer. Voiture prit la défense de ce mot dans sa lu* Lettre (à M"* de Rambouillet), où il est question de la persécution essuyée par ce mot. Voj'ez VHistoire de l'Académie françoise par Pellisson et d'Olivet (t. II, p. 32, édit. Livet) ; les Nouvelles remarques de Vaugelas, p. 4if5; la Requeste des dictionnaires de Ménage, etc.
2. Cil ou cel a fait place à celui dans les premières années du xvii* siècle. Antérieui'oment, celui était le cas régime de cil ou cel. plus anciennement icil, qui venait de ecce ille. Voyez Brachet, Grammaire historique de la langue française, p. 178.
3. Richelet {Dictionnaire français, 1680) et Furetière {Dictionnaire français, 1690) déclarent que « ce mot ne se dit guère. » Selon M. Littré {Dictionnaire), « ce mot a repris faveur depuis La Bruyère. »
4. Le Dictionnaire de VAcadémie (1694) donne la double forme chaleureux et chaloureux. La seconde est indiquée par M. Littré {Dictionnaire) comme genevoise.
5. Selon Richelet (1680) et le Dictionnaire de l'Académie (1694), le mot valeureux « est plus de la poésie que de la prose. »
6. Richelet (1680) et Furetière (1094) notent haineux comme un «vieux mot. » Le Dictionnaire de l'Académie accepte ce mot dès 1694.
7. Peineux est omis par Richelet et n'est accepté par Furetière et par le
fruit, fnictncii.r ^ : pilic, pileux"-- joie. Jovial^ ; foi, fcdV'; cou>% courtois"'- gitc, gisant %• haleine, Jialené'' ; vanterie, vantard %• mensonge, mensonger^ ; coutume, coutumier^'^ : comme part maintient jjartial ; point, pointji
Dictionnaire de VAcadémie (1094) que dans cette locution : « semaine poineuse » (la semaine sainte).
1. Fructueux est enregistré par Richelet, Furetière et l'Académie, mais avec cette remarque, qui est restée vraie, que ce mot ne se prend qu'au figuré.
2. Piteux est admis par Furetière et l'Académie ; Richelet fait seulement cette réserve, encore exacte aujourd'hui, que « c'est une expression du style simple et comique. »
3. Jovial ne se trouve pas dans le Dictionnaire de Richelet; mais il est dans ceux de Furetière et de l'Académie.
^ 4. Féal est admis par l'Académie dès 1G94. Richelet et Furetière font cette réserve que c'est « un terme de chancellerie, » et Richelet ajoute : « ce mot s'emploie au burlesque quelquefois. »
b. Courtois, selon Bouhours {Remarques nouvelles sur la langue, 1G75), n'est plus « du bel usage; .> selon Richelet (1080), « quoiqu'on trouve ce mot dans de bons auteurs, on ne s'en sert plus guère. » Selon un certain Callières {Du bon et du mauvais usage dans les manières de s'exprimer, I09J), « courtois n'est plus guère dans le commerce des gens du monde, et civil a pris sa place. » Les Dictionnaires de Furetière et de rAcadémic l'enregistrent sans observation (1G94).
C. Gisant est accepté par Richelet, par Furetière et par l'Académie.
7. llalene ou haleine. Mot accepte par Richelet, Furetière et l'Académie, au figuré et dans le double sens : I" de sentir (comme on sent le gibier); exemple donné par Furetière : « Dès qu'un filou a haléné un provincial riche et qui joue, il ne le quitte point qu'il ne l'ait entièrement ruiné; » 2" d'infecter (de son haleine) ; exemple donné par l'Académie : « Dès que CCS fripons eurent halené ce jeune homme, ils le rendirent fripon et débauché. » Peut-être ne serait-il pas impossible de ramener le second sens au premier.
8. Richelet, Furetière et l'Académie mettent dans leurs Dictionnaires vanteux et omettent vantard. L'usage a prononcé contre eux en faveur de La Bruyère.
9. Mensonger est accepté par Richelet ; mais Furetière n"y voit que k un vieux mot hors d'usage, » et l'Académie une expression « plus employée eu poésie qu'en prose. »
10. Coutumier n'est donné par Richelet que comme « un terme de palais. » Exemple : droit coutumier. L'Académie l'accepte en poésie, mais seulement au féminin. Furetière l'enregistre sans observation.
78 DE OUELQUES USAGES.
Qi poinlilleiix; ton, tonnant ; son, sonore-, frein, effrém^ ; front, effronté; ris, ridicule; loi, loyal; cœur, cordial ; bien, bénin ; mal, malicieux. Heur se plaçoit où bonheur ne sauroit entrer^ ; il a fait heureux, qui est si franrois, et il a cessé de l'être : si quelques poëtes s'en sont servis, c'est moins par choix que par la contrainte de la mesure. Issue prospère, et vient d'issir, qui est aboli -. Fin subsiste sans conséquence pour finer ^, qui vient de lui, pendant que cesse et cesser régnent également. Verd ne fait plus vei'doyer'', ni fêle, fétoyer"", ni litrnie, larmoyer ^, ni deuil, se douloir, se condouloir ". ni joie, s'éjouir ®, bien qu'il fasse toujours se réjouir, se conjouir, ainsi qu'orgueil, s'enorgueillir. On
1. Heur est accepté par Furetière et rAcadémie. Selon Riclielet, il est « bas et peu usité. »
2. Richelet, Furetière et rAcadémie, d'accord avec l'usage qui a prévalu, n'admettent que le participe de ce verbe ; issu.
3. Finer ne se trouve pas dans les Dictionnaires de Richelet, de Furetière et de l'Académie, qui ne donnent que finir. « L'ancien français, pour éviter Vi dans deux syllabes consécutives, disait fenir, verbe d'aillem-s peu usité ; celui qui l'était le plus était finer, dérivé directement du substantif finis, fin, et appartenant à la 1" conjugaison. » (Littré, Dictionn. franc.)
4. Terdoi/er est noté comme « vieux » par le Dictionnaire de l'Académie; celui de Richelet ne donne que le participe verdoyant.
5. Fétoyer ou festoyer se trouve dans les Dictionnaires de Richelet, de Furetière et de l'Académie, comme verbe actif, synonyme de régaler. Les derniers exemples que donne le Dictionnaire de M. Littré pour ce mot, autrefois fort usité, sont d'Amyot, Saiut-Gelais et Voiture.
6. Larmoyer est donné comme « rare » ou « de peu d'usage » par Richelet et Furetière ; « il vieillit, » dit l'Académie.
7. Douloir est omis par Richelet, qui donne se condouloir. « Se condouloir est fort bien dit, » avait décidé Vaugelas {Bemarques, 1647.) « Il n'est presque plus d'usage, » disait l'Académie, en 1G94. Le Dictionnaire de M. Littré cite encore des exemples de l'infinitif de ce verLe dans La Rochefoucauld et Saint-Simon.
8. S'éjouir est omis par Richelet, Furetière et l'Académie. Les autorités ne lui manquent pas cependant. Le Dictionnaire de M. Littré en cite de La Fontaine, de Pascal et de Saint-Simon, et il déclare ce mot « encore bon, quoique un peu vieilli. »
a dit yent, le corps yent : ce mot si facile, non-seulement est tombé, l'on voit même qu'il a entraîné gentil dans sa chutes On dit diffamé, qui dérive de fume, qui ne s'entend plus -. On dit curieux, dérivé de cure, qui est hors d'usapje ^ Il y avoit à gagner de dire si que pour de sorte que ou de manière que ^, de moi '' au lieu de
i. « Gentil étoit autrefois un mot élégant, et nos anciens auteurs s'en servent beaucoup. Tout est gentil parmi eux : le gentil rossignol, le gentil printemps, un gentil exercice, une gentille entreprise. Mais maintenant on n'en use point dans les livres : on ne le dit que dans la conversation ; encore ne le dit-on pas trop sérieusement. Une femme dira en parlant d'elle : Je ne suis ni jeune ni gentille. On dit à demi en riant : C'est un gentil esprit, c'est un gentil cavalier ; vous êtes gentil, pour dire vous êtes plaisant. » [Le père Bouliours, Remarques nouvelles, 2" édition, 1670, p. 21
et 22.) — « Gent, adjectif, mot vieux et burlesque pour dire propre...
Gentil... est burlesque, et en sa place, lorsqu'on parle sérieusement, on dit joli. » Richeict, Furetlère et l'Académie admettent le mot gentil sans observation.
2. « F«we..., renommée, réputation. Il n'est en usage qu'on cette phrase de pratique : Rétabli en sa bonne famé et renommée. » {Dictionnaire de Furetière et de l'Académie.)
3. Cure. Ce mot, dans le sens de soin, n'est pas donné par Richelet. Selon Furetière et l'Académie, c'est un « vieux mot. Il n'a plus d'usao-e qu'en cette phrase proverbiale : On a beau prêcher à qui n'a cure de bien faire. » La Fontaine s'en est servi dans la fable du Meunier, son Fils et l'Âne : « Le meunier n'en a cure... » De même Saint-Simon et P.-L. Courier, (Voyez le Dictionn. franc, de Littré.)
4. Si que, selon Vaugelas {Remarques, p. 435), est « tout à fait barbare ; » de façon que, de manière que, sont locutions «si peu élégantes qu'il n'y avoit pas un bon auteur qui s'en servit. » — « Elles sont aujourd'hui dans la bouche de plusieurs personnes, et quelques-uns de nos bons auteurs les emploient. » (Bouhours, Remarques nouvelles, 1670, p. 595.) Elles sont admises dans les Observations de l'Académie française sur les Remarques de Vaugelas, p. 428.
5. Il De moi est fort bon et fort élégant, mais j'éviterois de le mettre souvent en prose, et me contenterois de l'avoir employé une fois ou deux dans un juste volume. Mon usage ordinaire seroit pour moi, comme c'est celui de tout le monde, soit en parlant ou en écrivant. De moi semble être consacré à la poésie, et pour moi à la prose... » (Vaugelas, Remarques p. 193.) — « De moi est incomparablement meilleur en vers que pour moi... Mais comme il faut toujours dire de moi envers quand on le peut il ne le faut jamais dire en prose {Observations de M. Ménage, etc.
jjour moi ou de quant à moi * ,• de dire je sais que c'est qu'un mal -, plutôt que Je sais ce que c'est qu'un mal, soit par l'analogie latine, soit par l'avantage qu'il y a souvent à avoir un mot de moins à placer dans l'oraison. L'usage a préféré jyar conséquent à paî' conséquence, et en conséquence à en conséquent, façons de faire à manières de faire, qi manières d'agir à façons d'agir...; dans les verbes, travailler à ouvrer ', être accoutumé à souloir^, convenir à duire^, faire du bruit à bruire'^', injurier à vilainer ', piquer à poindre ^, faire ressou-
1G75, p. 427.) — Malherbe s'en est servi plusieurs fois, par exemple dans ses Stances à Dupérier :
De moi, déjà deux fois d'une pareille foudre Je me suis vu perclus.
1. Quant à moi est condamné par Vaugelas {Bemarques, p. 193), Bouhours {Remarques nouvelles, 4G76, p. 586) et Ménage {Observations, etc., p. 426), mais admis dans les Observations de l'Académie françoise sur les Remarques de Vaugelas, p. 63.
2. « Ou ne dit plus guère maintenant que c'est, comme l'on disait autrefois. On dit ce que c'est. Par exemple, M. de Malherbe dit : // n'y a point de loy qui nous apprenne que c'est que l'ingratitude. Aujourd'hui l'on dit ce que c'est que... » (Vaugelas, Remarques sur la langue françoise.) Voyez les Observations de l'Académie françoise sur les Remarques de Vaugelas, p. 196.
3. « Ouvrer... n'est guère en usage qu'en cette phrase : Il est défendu par les règlements de police d'ouvrer les fêtes et les dimanches. (Furetière.) — Selon Richelet et l'Académie (1694), ce verbe « n'est plus eu usage qu'au participe ouvré. »
4. « Souloir,... ce verbe est vieux et hors d'usage. » (Richelet.) — « Vieux mot... On le dit encore en pratique : Il souluit y avoir là une perte... Le temps a bien changé; il n'est plus comme il souloit être. » (Furetière.) — « Il ne s'est guère dit qu'à l'imparfait. 11 est vieux. » {Dictionnaire de l'Académie, 1694.) — Étymologie : solere.
5. Ce mot est noté comme burlesque par Richelet (1680), et comme « bas » par l'Académie (1694). Furetière l'accepte sans réserve.
6. Ce mot est accepté par Richelet, l'Académie (1694) et Furetière. Ce dernier seulement en restreint l'emploi à un petit nombre de phrases, comme : « On entendoit bruire le vent, le tonnerre dans cette tcm])éte. »
7. Vilainer ne se trouve pas dans les Dictionnaires de Richelet, de Furetière et de PAcadémie.
8. Poindre est noté comme « peu usité » par les trois Dictionnaires.
venir à rmncntevoir K,.\ et dans les noms, pemccs à pemers -, un si beau mot, et dont le vers se trouvoit si bien ! grandes artions à prouesses \ louanges à los \ méchaneelé h. mauvaistié '% porte à huis •"', navire h /lef ' , armée à est *, monastère à ynonstier ^, jjrairies à /^r^W *"..., tous mots qui pouvoient durer ensemble d'une égale beauté, et rendre une langue plus abondante''. L'usage a, par l'addition, la suppression, le chan-