Régnier (satire VIII, vers U;, dit d'un jeune fat
LaissoQS-Ie discourir, Faire la belle maiQ, mordre ua bout de ses gants, Rire hors de propos, montrer ses belles dents,
Et s'adoucit les yeux ainsi qu'une poupée.
pellent ni les mœurs ni la personne. Ils aiment des altitudes forcées ou immodestes, une manière dure, sauvage, étrangère, qui font un capitan d'un jeune abbé, et un matamore d'un bomme de robe; une Diane d'une femme de ville; comme d'une femme simple et timide une Amazone ou une Pallas; une Laïs d'une honnête fille; un Scythe, un Attila, d'un prince qui est bon et magnanime.
Une mode a à peine détruit une autre mode, qu'elle est abolie par une plus nouvelle, qui cède elle-même à celle qui la suit, et qui ne sera pas la dernière ; telle est notre légèreté. Pendant ces révolutions, un siècle s'est écoulé, qui a mis toutes ces parures au rang des choses passées et qui ne sont plus. La mode alors la plus curieuse et qui fait plus de plaisir à voir, c'est la plus ancienne : aidée du temps et des années, elle a le même agrément dans les portraits qu'a la saye"*^ ou l'habit romain sur les théâtres, qu'ont la mante, le voile et la tiare - dans nos tapisseries et dans nos peintures.
ISos pères nous ont transmis, avec la connoissance de leurs personnes, celle de leurs habits, de leurs coiffures, de leurs armes ^, et des autres ornements qu'ils ont aimés pendant leur vie. Nous ne saurions bien reconnoître cette sorte de bienfait qu'en traitant de même nos descendants^.
4 [16] Le courtisan autrefois avoit ses cheveux, étoit en
" « Le saye. » (Édit. 6*^.)
'' Ces trois alinéas sont de la 6*^ édition.
1 La saye {saQum)^ sorte de casaque, vêtement des anciens Gaulois.
2. Habits des Orientaux. {ISlote de La Bruyère.) Au xvii"= siècle, on appelait mante un grand voile noir, allant jusqu'à terre, et porté par les dames dans les deuils et dans certaines cérémonies.