Plus exactement : « Du caractère désagréable
qui passe dans rexccs cl qui blesse ceux qui s'en aperçoivent. Vous le verrez quelquefois tout couvert de lèpre\ avec des ongles longs et malpropres, ne pas laisser de se mêler parmi le monde, et croire en cire quitte pour dire que c'est une maladie de famille, et que son père et son aïeul y étoient sujets. 11 a au^ jambes des ulcères ; on lui voit aux mains des poireaux * et d'autres saletés, qu'il néglige de faire guérir: ou s'il pense à y remédier, c'est lorsque le mal, aigri par le temps, est devenu incurable. Il est hérissé de poil sous les aisselles et par tout le corps, comme une bète fauve; il a les dents noires, rongées, et telles que son abord ne se peut souffrir. Ce n'est pas tout : il crache ou il se mouche en mangeant; il parle la bouche pleine, fait en buvant des choses contre la bienséance-; il ne se sert jamais au bain que d'une huile qui sent mauvais, et ne paroît guère dans une assemblée publique qu'avec une vieille robe et toute tachée ^
S'il est obligé d'accompagner sa mère chez les devins, il n'ouvre la bouche que pour dire des choses de mauvais augure'' ''. Une autre fois, dans le temple et en faisant des libations % il lui échappera des mains une coupe ou quelque
^ Il Des porreaux. » (Édit. 1".)
^ « Mauvaise augure. » Telle est rcirthographe de toutes les éditions du xvii"= siècle.
\. Le grec ajoute : « Et de dartres. »
2. Détail omis par La Bruyère : « 11 se renverse sur le lit de table, qui devient lit conjugal. » (Stiévenart.)
3. Dans les éditions modernes, faites d'après le manuscrit du Vatican, ce qui suit fait partie du chap. xi.
4. Les anciens avoient un grand égard pour les paroles qui étoient proférées, même par hasard, par ceux qui venoient consulter les devins et les augures, prier ou sacrifier dans les temples, {Note de La Bruyère.)
5. Cérémonies où l'on répandoit du vin ou du lait dans les sacrifices. {Note de La Bruyère.)
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autre vase; et il rira ensuite de cette aventure, couune s'il avoit fait quelque chose de merveilleux. Un. lioumic si e.rtnfordiiiaircne sait point écouter un concert ou d' e.rccllerUs joueurs de flûtes; il bat des mains avec violence coniuw pour leur <ipplnudù\ ou bien il suit d'une voix désagréable le même air qu'ils jouent; il s'ennuie de la syn)phonie, et demande si elle ne doit pas bientôt finir. Enfin, si étant assis à table il veut cracher, cc^ijuslenienl sur celui qui est derrière lui pour donner à boire'.
[XX]. d'i N HOMML: INCoMMODli.
Ce qu'on appelle un fâcheux est celui qui, sans faire à ({uelqu'un un fort grand tort, ne laisse pas de l'embarrasser beaucoup; qui, entrant dans la chambre de son ami qui commence à s'endormir, le réveille pour l'entretenir de vains discours; qui, se trouvant sur le bord de la iner, sur le point qu'un homme est prêt de partir et de monter da)is son vaisseau, l'an'ète sans nul besoin, et l'engage insensiblement à se promener avec lui sur le rivage-; qui, arrachant un petit enfant du sein de sa nourrice pendant qu'il tette, lui fait avaler quelque chose qu'il a mâché, bat des mains devant lui, le caresse et lui parle d'une voix contrefaite^; qui choisit le temps du repas, et que le potage est sur la table, pour dire ({u'ayant pris médecine
1. Plus exactement : k Veut-il cracher? Ce sera par-dessus la table et sur l'échanson, » (Stiévenart.)
2. Le sens paraît être plutôt : « Et le prie d'attendre qu'il ait fini sa promenade. >>
3. Le texte ajoute : « Et s'écrie : « C'est tout le portrait de son grand- « père. »
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depuis deux jours, il est alli' par liaut et par ])as, et qu'une bile noire et recuite étoit mêlée dans ses déjections ^ ; qui, devant toute une assemblée-, s'avise de demander à sa mère quel jour elle a accouché de lui; qui, Jte sachaul que dire, apprend que l'eau de sa citerne est fraîche % qu'il croît dans son jardin de bonnes légumes % ou que sa maison est ouverte à tout le monde, comme une hôtellerie^ : qui s'empresse de faire connoître à ses hôtes un parasite ° qu'il a chez lui: (|ui Tiiivite à table à se mettre en bonne humeur et à rejouir la compagnie.