‹ Œuvres complètesChapitre 28 sur 55 · Un jeune prince ' , d'une race auguste · texte numérisé non relu

Un jeune prince ' , d'une race auguste

Lamour et l'espérance des peuples.

Donné du ciel

POUR prolonger la félicité de la terre.

Plus grand que ses Aïeux.

Fils d'un héros qui est son modèle,

A DÉJÀ MONTRÉ A l'uNIVERS,

Par ses divines qualités,

ET par une vertu ANTICIPÉE,

Que les enfants des héros

SONT PLUS PROCHES DE l'ÉtRE que les autres HOMMES ^.

108. Si le monde dure seulement cent millions d'années, il est encore dans toute sa fraîcheur, et

ï Le Dauphin, fils de Louis XIV.

2 Contre la maxime latine et triviale. [Note de La Bruyère.) — Cette maxime ou adage est : Heroum Jilii noxœ , ce qui veut dire que les fils des héros dégénèrent ordinairement de leurs pères.

ne fait presque {jue commencer : nous-mcnies nous touchons aux premiers hommes et aux patriarches : et rpii pourra ne nous pas confondre avec eux dans des siècles si reculés? Mais si l'on juge par le passé de l'avenir, quelles choses nouvelles nous sont inconnues dans les arts, dans les sciences, dans la nature, et j'ose dire dans l'histoire! quelles découvertes ne fera-t-on point! quelles différentes révolutions ne doivent point arriver sur toute la face de la terre, dans les États et dans les empires! quelle ignorance est la nôtre! et quelle légère expérience que celle de six ou sept mille ans!

10r>. Il n y a point de chemin trop long à qui marche lentement et sans se presser : il n'y a point d'avantages trop éloignés à qui s'y prépare par la patience.

110. Ne faire sa cour à personne, ni attendre de quel({u'un qu'il vous fasse la sienne , douce situation, âge d'or, état de l'homme le plus naturel!

111. Le monde est pour ceux qui suivent les cours ou qui peuplent les villes : la nature n'est que pour ceux qui habitent la campagne; eux seuls vivent, eux seuls du moins connoissent qu'ils vivent.

112. Pourquoi me faire froid, et vous plaindre de ce qui m'est échappé sur quelques jeunes gens qui peuplent les cours? Étes-vous vicieux, ô Thra^ sille? je ne le savois pas, et vous me l'apprenez : ce ({ue je sais est que vous n'êtes plus jeune.

Et vous qui voulez être offensé personnellement de ce que j'ai dit de quelques grands , ne criez-vous point de la blessure d'un autre? Étes-vous dédaigneux , malfaisant , mauvais plaisant, flatteur, hypocrite? je l'ignorois, et ne pensois pas à vous : j ai parlé des grands.

113. L'esprit de modération, et une certaine sagesse dans la conduite, laissent les hommes dans robscuri(é : il leur faut de grandes vertus pour élre connus et admirés, ou peut-être de grands vices.

ll-i. Les hommes, sur la conduite des grands et des petits indifféremment, sont prévenus , charmés, enlevés par la réussite : il s'en faut peu que le crime heureux ne soit loué comme la vertu même , et que le bonheur ne tienne lieu de toutes les vertus. C'est un noir attentat, c'est une sale et odieuse entreprise, que celle que le succès ne sauroil justifier.

115. Les hommes, séduits par de vaines appircnces et de spécieux prétextes, goûtent aisément un projet d'ambition que quelques grands ont médité; ils en parlent avec intérêt, il leur plaît même par la hardiesse ou par la nouveauté que l'on lui impute, ils y sont déjà accoutumés, et n'en attendent que le succès, lorsque, venant au contraire à avorter, ils décident avec confiance, et sans nulle crain(c de se tromper, qu'il éloit téméraire , et ne pouvoit réussir.

IIG. Il y a de tels projets ^, d'un si grand éclat cl d'une conséquence si vaste, qui font parler les hommes si longtemps , qui fout tant espérer on tant craindre, selon les divers intérêts des peuples, que toute la gloire et toute la fortune d'un homme y sont commises. Il ne peut pas avoir paru sur la scène avec un si bel appareil, pour se retirer sans rien dire; quelques affreux périls qu'il commence à prévoir dans la suite de son entreprise, il faut qu'il l'entame; le moindre mal pour lui est de la manquer.

117. Dans un méchant homme il n'y a pas de quoi faire un grand homme. Louez ses vues et ses projets, admirez sa conduite, exagérez son habileté à se servir des moyens les plus propres et les plus courts pour parvenir à ses fins ; si ses fins sont mauvaises, la prudence n'y a aucune part : et, où manque la prudence, trouvez la grandeur, si vous le pouvez.

118. Un ennemi est mort-, qui étoit à la télc d'une armée formidable, destinée à passer le Rhin ; il savoit la guerre, et son expérience pouvoit être secondée de la fortune : quels feux de joie a-t-on

1 Guillaume de Nassau, prince d'Oran{je, qui entreprit de passer en Angleterre , d'où il chassa le roi Jacques 1! , son beau-père. 11 étoit né le 13 novembre 1650.

2 Charles V, duc de Lorraine, beau-frère de l'empereur Léopold 1er. — l\ mourut le 18 avril 1690, à Welz , près de Lintz.

LV EP.UYÈr.E. 11. 12

vus? quelle fête publique? Il y a des hommes au contraire naturellement odieux , et dont l'aversion devient populaire : ce n'est point précisément par les progrès qu'ils font, ni par la crainte de ceux qu'ils peuvent faire, que la voix du peuple ' éclate à leur mort, et que tout tressaille, jus(ju"aux enfants, dès que l'on murmure dans les places que la terre enfin en est délivrée.

119. O temps! ô mœurs! s'écrie Heraclite, ô malheureux siècle! siècle rempli de mauvais exemples, où la vertu souffre , où le crime domine , où il triomphe ! Je veux être un Lycaon, un jEgistlie, l'occasion ne peut être meilleure, ni les conjonctures plus favorables, si je désire du moins de fleurir et de prospérer. Un homme- dit : « Je passerai la mer, je dépouillerai mon père de son ])atrimoine , je le chasserai, lui, sa femme, son héritier, de ses terres Cl de ses Etats; » et, comme il l'a dit, il l'a fait. Ce qu'il devoit appréhender, c ctoil le ressentiment de plusieurs rois (ju il outrage en la personne d'un seul roi : mais ils tiennent pour lui; ils lui ont presque dit : « Passez la mer, dépouillez votre père ^,

1 Le faux bruit de la mort du prince d'Orange, qu'on croyoit avoir été tué au combat de la Boyne , avoit été l'occasion de réjouissances publiques.

2 Le prince d'Orange.

3 Le roi d'Angleterre Jacques 11.

montrez à tout l'univers qu'on peut chasser un roi de son royaume, ainsi qu'un petit seigneur de son château, ou un fermier de sa métairie-: qu'il n'y ait plus de différence entre de simples particuliers et nous, nous sommes las de ces distinctions : apprenez au monde que ces peuples que Dieu a mis sous nos pieds peuven t nous abandonner, nous trahir, nous livrer, se livrer eux-mêmes ù un étranger; et qu'ils ont moins à craindre de nous, que nous d'eux et de leur puissance. » Qui pourroit voir des choses si tristes avec des yeux secs et une ame tranquille? Il n'y a point de charges qui n'aient leurs privilèges ; il n'y a aucun titulaire qui ne parle, qui ne plaide, (jui ne s'agite pour les défendre : la dignité royale seule n'a plus de privilèges; les rois eux-mêmes y ont renoncé. Un seul, toujours bon ' et magnanime, ouvre ses bras à une famille malheureuse. Tous les autres se liguent comme pour se venger de lui, et de l'appui qu il donne à une cause qui leur est commune. L'esprit de pique et de jalousie prévaut chez eux à l'intérêt de l'honneur, de la religion , et de leur Etat; est-ce assez? à leur intérêt personnel et domestique; il y va, je ne dis pas de leur élection, mais de leur succession, de leurs droits comme

• Louis XIV, qui donna retraitée Jacques II et à toute sa famille, après qu'il eut été oblijjé de se retirer d'Angleterre.

héréditaires : enfin, dans tous, l'homme l'cmporle sur le souverain. Un prince délivroit l'Europe ', se délivroit lui-même d'un fatal ennemi , alloil jouir de la gloire d'avoir détruit un grand empire ^ : il la néglige pour une guerre douteuse. Ceux qui sont nés ^ arbitres et médiateurs temporisent ; et lorsqu'ils pourroient avoir déjà employé utilement leur médiation, ils la promettent. O pâtres, continue Heraclite , ô rustres qui habitez sous le chaume et dans les cabanes! si les événements ne vont point jusqu'à vous, si vous n'avez point le cœur percé par la malice des hommes, si on ne parle plus d'hommes dans vos contrées, mais seulement de renards et de loupscerviers, recevez-moi parmi vous à manger votre pain noir, et à boire l'eau de vos citernes!

r20. Petits hommes'^hauts de six pieds, tout au plus de sept, qui vous enfermez aux -foires comme géants, et comme des pièces rares dont il faut acheter la vue, dès que vous allez jusques à huit pieds; qui vous donnez sans pudeur de la hautesse et de l'éminence, qui est tout ce que Ton pourroit accorder à ces montagnes voisines du ciel et (jui voient les

1 L'empereur d'Allemagne , Léopold 1er.

2 Le Turc.

3 Innocent XI.

4 Les princes liijucs en faveur du prince d'Oianfje contre Louis XI\'.

nuages se former au-dessous d'elles; espèce d'animaux glorieux et superbes, qui méprisez toute autre esj)èce; qui ne faites pas nicme comparaison avec l'éléphant et la baleine, approchez, hommes , répondez un peu à Démocrite . Ne dites-vous pas en commun proverbe : des loups lavissants , des lions furieux , malicieux comme un singe? Et vous autres, qui ctes-vous? J'entends corner sans cesse à mes oreilles : L'homme est un animal raisonnable : qui vous a passé cette définition? sont-ce les loups, les singes et les lions, ou si vous vous l'êtes accordée à vous-mêmes? C est déjà une chose plaisante que vous donniez aux animaux, vos confrères, ce qu'il y a de pire, pour prendre pour vous ce qu il y a de meilleur : laissez-les un peu se définir eux-mêmes, et vous verrez comme ils s'oublieront, et comme vous serez traités. Je ne parle point, ô hommes, de vos légèretés, de vos folies et de vos caprices, qui vous mettent au-dessous de la taupe et de la tortue, qui vont sagement leur petit train, et qui suivent, sans varier, 1 instinct de leur nature : mais écoutez-moi un moment. Vous dites d'un tiercelet de faucon qui est fort léger, et qui fait une belle descente sur la perdrix : « Voilà un bon oiseau ; » et d'un lévrier qui prend un lièvre corps à corps : « C'est un bon lévrier. » Je consens aussi que vous disiez d'un homme qui court le sanglier, qui le met aux abois, qui l'atteint et qui le perce : «Voilà

un braAe homme. » Mais si vous voyez deux chiens qui s'aboient, qui s'affrontent, qui se mordent el se déchirent, vous dites : «Voilà de sots animaux;» et vous prenez un bâton pour les séparer. Que si l'on vous disoit que tous les chats d'un grand pays se sont assemblés par milliers dans une plaine , et qu'après avoir miaulé tout leur soûl ils se sont jetés avec fureur les uns sur les autres, et ont joué ensemble de la dent et de la griffe; que de cette mêlée il est demeuré de part et d'autre neuf à dix mille chats sur la place, qui ont infecté l'air à dix lieues de là par leur puanteur, ne diriez-vous pas : « Voilà le plus abominable sabbat dont on ait jamais ouï parler?» Et si les loups en faisoient de même, quels hurlements! quelle boucherie! Et si les uns ou les autres vous disoient qu'ils aiment la gloire, concluriez-vous de ce discours qu'ils la mettent à se trouver à ce beau rendez-vous, à détruire ainsi et à anéantir leur propre espèce? ou après l'avoir conclu, ne ririez-vous pas de tout votre cœur de l'ingénuité de ces pauvres bêtes? Vous avez déjà, en animaux raisonnables, et pour vous distinguer de ceux qui ne se servent (jue de leurs dents et de leurs ongles, imaginé les lances, les piques, les dards, les sabres et les cimeterres, et à mon gré fort judicieusement; car avec vos seules mains que pouviez-vous vous faire les uns aux autres, que vous arracher les cheveux, vous égratigncr au visage, ou

tout au plus vous arracher les yeux Je la télé? au lieu que vous voilà munis d'instrumenls commodes, qui vous servent à vous faire réciproquement de larges plaies d'où peut couler votre sang jusqu'à la dernière goutte, sans que vous puissiez craindre d'en échapper. Mais comme vous devenez d'année à autre plus raisonnables, vous avez bien enchéri sur celte vieille manière de vous exterminer : vous avez de petits globes' qui vous tuent tout d'un coup, s'ils peuvent seulement vous atteindre à la tête ou à la poitrine; vous en avez d'autres^ plus pesants et plus massifs, qui vous coupent en deux parts ou qui vous évenirent, sans compter ceux ^ qui, tombant sur vos toits, enfoncent les planchers, vont du grenier à la cave, en enlèvent les voûtes, et font sauter en l'air, avec vos maisons , vos femmes qui sont en couche, l'enfant et la nourrice : et c'est là encore oiigit la gloire; elle aime le remue-ménage, et elle est personne d'un grand fracas. Vous avez d'ailleurs des armes défensives, et dans les bonnes règles vous devez en guerre être habillés de fer, ce qui est sans mentir une jolie parure, et qui me fait souvenir de ces quatre puces célèbres que montroit autrefois un charlatan, subtil ouvrier, dans

ï Les balles de mousquet.

^ Les boulets de canon.

3 Les bombes. ;

uue fiole où il avoit trouvé le secret de les faire vivre : il leur avoil mis à chacune une salade en tète, leur avoit passé un corps de cuirasse, mis des brassards, des genouillères, la lance sur la cuisse; rien ne leur nianquoit , et en cet équipage elles alloient par sauts et par bonds dans leur bouteille. Feignez un homme de la taille du monl^(Ao5; pourquoi non? une ame seroit-elle embarrassée d'animer un tel corps? elle en seroit plus au large ; si cet homme avoit la vue assez subtile pour vous découvrir quelque part sur la terre avec vos armes offensives et défensives, que croyez-vous qu'il pcnseroit de petits marmousets ainsi équipés, et de ce que vous appelez guerre , cavalerie, infanterie, un mémorable siège, une fameuse journée? N'enlcndrai-je donc plus bourdonner d'autre chose parmi vous? le monde ne se divise-t-il plus qu'en régiments et en compagnies? tout est-il devenu bataillon ou escadron? Il a pris une ville, il en a pris une seconde, puis une troisième ; il a gagné une bataille, deux batailles; il chasse l'ennemi , il vainc sur mer, il vainc sur terre : est-ce de quelqu'un de vous autres, est-ce d'un géant, d'im Allios, que vous parlez? Vous avez surtout un homme pâle^ et livide, qui n'a pas sur soi dix onces de chair, et que l'on croiroit jeterà terre du moindre souffle. Il fait néan-

^ Guillaume 111, de Nassau, prince d'Oranije.

moins plus de bruit que quatre autres, et met tout en combustion; il vient de pêcher en eau trouble une île toute entière' : ailleurs, à la vérité, il est battu et poursuivi; mais il se sauve par les marais'^, et ne veut écouter ni paix ni trêve. Il a montre de bonne heure ce qu'il savoit faire, il a mordu le sein de sa nourrice^; elle en est morte , la pauvre femme; je m'entends, il suffit. En un mot, il étoit né sujet, et il ne l'est plus ; au contraire, il est le maître, et ceux qu'il a domptés'' et mis sous le joug vont à la charrue et labourent de bon courage : ils semblent même appréhender, les bonnes gens, de pouvoir se délier un jour et de devenir libres, car ils ont étendu la courroie et allongé le fouet de celui qui les fait marcher; ils n'oublient rien pour accroître leur servitude : ils lui font passer 1 eau pour se faire d'autres vassaux et s'acquérir de nouveaux domaines:

1 L'Angleterre.

2 En Hollande, où Guillaume, élu stathouder et devenu plus puissant par la couronne d'Angleterre , agissait en maître absolu, à tel point qu'en 1672, pour arrêter la marche de l'armée française, il fit rompre les digues et inonder le pays.

3 La république hollandaise, en 1666, l'avait adopté sur la proposition de Jean de >Yitt ; l'histoire dit quelle fut, en 1672, son ingratitude envers sa patrie d'adoption et le malheureux Jean de Witt.

^ Les Hollandais.

il s'agit, il est vrai, de prendre son père et sa mère pas les épaules, et de les jeter hors de leur maison ; et ils l'aident dans une si honnête entreprise. Les gens de delà l'eau et ceux d'en deçà' se cotisent et mettent chacun du leur pour se le rendre à eux tous de jour en jour plus redoutable : les Pietés et les Saxons imposent silence aux Bataves, et ceux-ci aux Pietés et aux Sa.ro/i5; tous se peuvent vanter d'être ses humbles esclaves, et autant qu'ils le souhaitent. Mais qu'entends-je de certains personnages ^ qui ont des couronnes, je ne dis pas des comtes ou des marquis, dont la terre fourmille, mais des princes et des souverains? ils viennent trouver cet homme dès qu'il a sifflé, ils se découvrent dès son antichambre, et ils ne parlent que quand on les inlerroge. Sont-ce là ces mêmes princes si pointilleux, si formalistes sur leurs rangs et sur leurs préséances, et qui consument, pour les régler, les mois entiers dans une diète? Que fera ce nouvel archonte pour payer une si aveugle soumission, et pour répondre à une si haute idée qu'on a de lui? S'il se livre une bataille, il doit la gagner, et en personne;

1 Les Anglais et les Hollandais.

2 Le prince d'Oranje, à son premier retour de l'Angleterre, en 1690, vint à la Haye, où les princes ligués se rendirent , et où le duc de Bavière fut longtemps à attendre dans ranticliaii)l)rc.

si l'ennemi fait un siège, il doit le lui faire lever, et avec honte, à moins que tout 1 Océan ne soit entre lui et l'ennemi : il ne sauroit moins faire en faveur de ses courtisans. César^ lui-même ne doit-il pas venir en grossir le nombre? Il en attend du moins d'importants services; car ou l'archonte échouera avec ses alliés, ce qui est plus difficile qu'impossible à concevoir; ou, s'il réussit et que rien ne lui résiste, le voilà tout porté, avec ses alliés jaloux de la religion et de la puissance de César, pour fondre sur lui, pour lui enlever Vaigle- et le réduire, lui ou son héritier, à \a fasce d'argent^ et aux pays héréditaires. Enfin c'en est fait, ils se sont tous livrés à lui volontairement, à celui peut-être de qui ils dévoient se défier davantage. Esope ne leur diroit-il pas : La gent volatile dune certains contrée prend l'alarme et s'effraye du voisinage du lion, dont le seul rugissement lui fait peur ; elle se réfugie auprès de la béte, qui lui fait parler d accommodement et la prend sous sa protection, qui se termine enfin à les croquer tous l'un après l'autre.

1 L'empereur d'Allemagne.

2 Armes de l'Empire.

3 Armes de la maison d'Autriche.

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