Mcnaltjiie- descend son escalier, ouvre sa
1 Ceci est moins un caractère particulier qu'un recueil de faits de distraction : ils ne sauroient être en trop {jrand nombre, s'ils sont agréables ; car les goûts étant différents, on a à choisir. {Note de La Bruyère.)
2 Bien que La Bruyère se défende ici en particulier d'avoir pris pour modèle un lioninic de la société, et qu'il soit en effet difficile de croire qu'un même personnage
porte pour sortir, il la referme : il s'aperçoit qu'il est en bonnet de nuit; et venant à mieux s'examiner, il se trouve rasé à moitié; il voit que son épée est mise du côté droit, que ses bas sont rabattus sur ses talons, et que sa chemise est pardessus ses chausses. S'il marche dans les places, il se sent tout d'un coup rudement frapper à l'estomac ou au visage; il ne soupçonne point ce que ce peut être, jusqu'à ce qu'ouvrant les yeux et se réveillant il se trouve ou devant un limon de charrette, ou derrière un long ais de menuiserie que porte un ouvrier sur ses épaules. On l'a vu une fois heurter du front contre celui d'un a^'eugle, s'embarrasser dans ses jambes, et tomber avec lui, chacun de son côté, à la renverse. 11 lui est arrivé plusieurs fois de se trouver tête pour tête à la rencontre d'un prince et sur son passage, se reconnoître à peine,- et n'avoir que le loisir de se coller à un mur pour lui faire place. Il cherche, il brouille, il crie, il s'échauffe, il appelle ses valets l'un après l'autre : on lui perd tout, on lui égare tout; il demande ses gants qu'il a dans ses mains, semblable à cette femme qui prenoit le temps de demander son mas(|ue lorsqu'elle
lui ait fourni tous les traits qu'il rassemble, il paraît constant que la plupart de ces traits doivent être attribués au duc de Drancas, l'honime le plus distrait de son temps.
l'avoit sur sou visage. Il entre à l'appartement', et passe sous un lustre où sa perruque s'accroche et demeure suspendue : tous les courtisans regardent et rient; Ménalque regarde aussi, et rit plus haut que les autres; il cherche des yeux, dans toute l'assemblée, où est celui qui montre ses oreilles, et à qui il manque une perruque. S'il va par la ville, après avoir fait quelque chemin, il se croit égare, il s'émeut, et il demande où il est à des passants, qui lui disent précisément le nom de sa rue : il entre ensuite dans sa maison, d'où il sort précipitamment, croyant qu'il s'est trompé. Il descend du Palais ; et, trouvant au bas du grand degré un carrosse qu'il prend pour le sien, il se met dedans; le cocher touche, et croit remener son maître dans sa maison. Ménalque se jette hors de la portière, traverse la cour, monte l'escalier, parcourt l'antichambre, la chambre, le cabinet ; tout lui est familier, rien ne lui est nouveau; il s'assit-, il se repose, il est chez soi. Le maître arrive; celui-ci se lève pour le recevoir, il le traite fort civilement, le prie de s'asseoir, et croit faire les honneurs de sa chambre ; il parle, il rêve, il reprend la parole : le maître de la maison s'ennuie et demeure étonné; Ménalque
' A Versailles on appelait ainsi les salles du château ou l'on se réunissait le soir.
2 Voir la note 1, pajje 37.
ne lest pas moins, et ne dit pas ce qu'il eu pense , il a affaire à un fâcheux, à un homme oisif, qui se retirera à la fin, il l'espère, et il prend patience : la nuit arrive qu'il est à peine détrompé. Une autre fois, il rend visite à une femme; et se persuadant bientôt que c'est lui qui la reçoit, il s'établit dans son fauteuil, et ne songe nullement à 1 abandonner : il trouve ensuite que cette dame fait ses visites longues, il attend à tous moments qu'elle se lève et le laisse eu liberté; mais comme cela tire en longueur, qu'il a faim, et que la nuit est déjà avancée, il la prie à souper; elle rit, et si haut, qu'elle le réveille. Lui-même se marie le matin , l'oublie le soir, et découche la nuit de ses noces; et quelques années après, il perd sa femme, elle meurt entre ses bras, il assiste à ses obsèques, et le lendemain, quand on lui vient dire qu'on a servi, il demande si sa femme est prête, et si elle est avertie. C'est lui encore qui entre dans une église, et prenant l'aveugle qui est collé à la porte pour un pilier, et sa tasse pour le bénitier, y plonge la main, la porte à son front, lorsqu'il entend tout d'un coup le pilier qui parle, et qui lui offre des oraisons. Il s'avance dans la nef, il croit voir un prie-Dieu, il se jette lourdement dessus; la machine plie, s'enfonce, et fait des efforts pour crier ; Ménalque est surpris de se voir à genoux sur les jambes d un fort petit homme , appuyé sur sou dos, les deux bras passés sur ses épaules, et
ses deux ni;iins jointes et étendues qui lui prennent le nez et lui ferment la bouche; il se relire confus, et va s'agenouiller ailleurs. Il tire un livre pour faire sa prière, et c'est sa pantoufle qu'il a prise pour ses Heures, et qu'il a mise dans sa poche «vant que de sortir. Il n'est pas hors de l'église qu'un homme de livrée court après lui, le joint, lui demande en riant s'il n'a point la pantoufle de monseigneur; Ménalque lui montre la sienne, et lui dit : « Voilà toutes les pantoufles que j'ai sur moi. » Il se fouille néanmoins, et tire celle de l'évéque de*** qu'il vient de quitter, qu'il a trouvé malade auprès de son feu et dont, avant de prendre congé de lui, il a ramassé la pantoufle , comme l'un de ses gants qui éloit à terre : ainsi Ménalque s'en retourne chez soi avec une pantoufle de moins. Il a une fois perdu au jeu tout l'argent qui est dans sa bourse; et , voulant continuer de jouer, il entre dans son cabinet, ouvre une armoire, y prend sa cassette, en tire ce qui lui plaît, croit la remettre où il l'a prise : il entend aboyer dans son armoire qu'il vient de fermer; étonné de ce prodige, il l'ouvre une seconde fois, et il éclate de rire d'y voir son chien qu'il a serré pour sa cassette. Il joue au trictrac, il demande à boire, on lui en apporte; c'est à lui à jouer, il tient le cornet d'une main et un verre de l'autre; et comme il a une grande soif, il avale les dés et presque le cornet, jette le verre d'eau dans
le tricirac, et inonde celui contre qui il joue. Et clans une chambre où il est familier, il crache sur le lit, et jette son chapeau à terre, en croyant faire tout le contraire. 11 se promène sur l'eau, et il demande (juelle heure il est; on lui présente une montre; à peine l'a-t-il reçue, que, ne songeant plus ni à l'heure ni à la montre, il la jette dans la rivière, comme une chose qui l'embarrasse. Luimême écrit une longue lettre, met de la poudre dessus à plusieurs reprises, et jette toujours la poudre dans l'encrier. Ce n'est pas tout, il écrit une seconde lettre; et après les avoir cachetées toutes deux, il se trompe à l'adresse; un duc et pair reçoit l'une de ces deux lettres, et, en l'ouvrant, y lit ces mots : Maître Olivier, ne manquez, sitôt la présente reçue, de menvoyerma provision de foin,,.. Son fermier reçoit l'autre, il l'ouvre, et se la fait lire; on y trouve : Monseigneur, j'ai reçu avec une soumission aveugle les ordres qu'il a plu à Votre Grandeur.., Lui-même encore écrit une lettre pendant la nuit, et, après l'avoir cachetée, il éteint sa bougie; il ne laisse pas d'être surpris de ne voir goutte, et il sait à peine comment cela est arrivé. Ménalque descend l'escalier du Louvre , un autre le monte, à qui il dit : C'est vous que je cherche. Il le prend par la main, le fait descendre avec lui, traverse plusieurs cours, entre dans les salles, en sort; il va, il revient sur ses pas, il regarde enfin
LA BBUYÈRE. II. ' 6
celui qu'il traîne après soi depuis un quart d'heure, il est étonné que ce soit lui; il n'a rien à lui dire, il lui quitte la main, et tourne d'un autre côté. Souvent il vous interroge, et il est déjà bien loin de vous quand vous songez à lui répondre; ou bien il vous demande en courant comment se porte votre père; et comme vous lui dites qu'il est fort mal, il vous crie qu'il en est fort aise. Il vous trouve quelque autre fois sur sou chemin : // est ravi de vous rencontrer, il sort de chez vous pour vous entretenir d'une certaine chose. Il contemple votre main : Vous avez là, dit-il, un beau rubis; est-il balais? l\ vous quitte et continue sa route ; voilà l'affaire importante dont il aVoit à vous parler. Se Irouve-t-il en campagne, il dit à quelqu'un qu'il le trouve heureux d'avoir pu se dérobera la cour pendant l'automne, et d'avoir passé dans ses terres tout le temps de Fontainebleau ; il tient à d'autres d'autres discours; puis revenant à celui-ci : « Vous avez eu, lui dit-il, de beaux jours à Fontainebleau; vous y avez sans doute beaucoup chassé. » Il commence ensuite un conte qu il oublie d'achever; il rit en lui-même, il éclate d'une chose qui lui passe par l'esprit, il répond à sa pensée , il chante entre ses dents, il siffle, il se renverse dans une chaise, il pousse un cri plaintif, il bâille, il se croit seul. S'il se trouve à un repas, on voit le pain se multiplier insensiblement sur son assiette : il est vrai que ses voisins en manquent, aussi bien que
de couteaux et de fourchettes, dont il ne les laisse pas jouir longtemps. On a inventé aux tables une grande cueillère' pour la commodité du service; il la prend, la plonge dans le plat, l'emplit, la porte à sa bouche, et il ne sort pas d'étonnemeut de voir répandu sur son linge el sur ses habits le potage qu'il vient d'avaler. Il oublie de boire pendant tout le dîner; ou s'il s'en souvient, et qu il trouve que l'on lui donne trop de vin , il en flaque plus de la moitié au visage de celui qui est à sa droite ; il boit le reste trauquillemenl, et ne comprend pas pourquoi loin le monde éclate de rire de ce qu'il ajeté à terre ce qu'on lui a versé de trop. Il est un jour retenu au lit pour quelque incommodité ; on lui rend visite ; il y a un cercle d'hommes et de femmes dans sa ruelle qui l'entretiennent, et en leur présence il soulève sa couverture et crache dans ses draps. On le mène aux Chartreux , on lui fait voir un cloître orné d'ouvrages, tous de la main d'un excellent
1 Ce mot est ainsi écrit dans toutes les éditions du dix-septième siècle.
2 Eustache Lesueur, né à Paris en 1617, mort dans la même ville en 1655. — En 16-48, il peignit pour le cloître des Chartreux vingt-deux tableaux sur bois, représentant l'histoire de saint Bruno. — Une partie de ces tableaux, transportés sur toUe , se voient aujourd'hui au musée du Louvre.
saint Bruno, du chanoine et de son aventure, en fait une longue histoire, et la montre dans l'un de ces tableaux : Méualque , qui pendant la narration est hors du cloître, et bien au delà, y revient enfin, et demande au père si c'est le chanoine ou saint Bruno qui est damné. Il se trouve par hasard avec une jeune veuve, il lui parle de son défunt mari, lui demande comment il est mort : cette femme, à qui ce discours renouvelle ses douleurs, pleure, sanglote, et ne laisse pas de reprendre tous les détails de la maladie de son époux , qu'elle conduit depuis la veille de sa fièvre, qu'il se portoit bien , jusqu'à l'agonie. "Madame », lui demande Ménalque , qui l'avoit apparemment écoutée avec attention, « naviez-vous que celui-là? » Il s'avise lui matin de faire tout hâter dans sa cuisine , il se lève avant le fruit', et prend congé de la compagnie; on le voit ce jour-là en tous les endroits de la ville, hormis en celui où il a donné un rendezvous précis pour cette affaire qui l'a empêché de dîner, et l'a fait sortir à pied, de peur que son carrosse ne le fît attendre. L'eutendez-vous crier, gronder, s'emporter contre l'un de ses domestiques? Il est étonné de ne le point voir : « Oii peut-il être? dit-il; que fait-il? qu'est-il devenu? qu'il ne se présente plus devant moi, je le chasse dès à cette heure. » Le
^ Avant le dessert.
valet arrive, à qui il demande fièrement d'où il vient; il lui répond qu'il vient de l'endroit où il l'a envoyé, et il lui rend un fidèle compte de sa commission. Vous le prendriez souvent pour tout ce qu'il n'est pas : pour un stupide, car il n'écoute point et il parle encore moins ; pour un fou , car, outre qu'il parle tout seul, il est sujet à de certaines grimaces et à des mouvements de tète involontaires; pour un homme fier et incivil, car vous le saluez, et il passe sans vous regarder, ou il vous regarde sans vous rendre le salut; pour un inconsidéré, car il parle de banqueroute au milieu d'une famille où il y a cette tache; d'exécution et d'échafaud devant un homme dont le père y a monté; de roture devant des roturiers qui sont riches et qui se donnent pour nobles. De même il a dessein d'élever auprès de soi un fils naturel, sous le nom et personnage d'un valet; et quoiqu'il veuille le dérober à la connoissance de sa femme et de ses enfants, il lui échappe de l'appeler son fils dix fois le jour. Il a pris aussi la résolution de marier son fils à la fille d'un homme d'affaires, et il ne laisse pas de dire de temps en temps, en parlant de sa maison et de ses ancêtres, que les Ménalques ne se sont jamais mésalliés. Enfin, il n'est ni présent ni attentif dans une compagnie à ce qui fait le sujet de la conversation : il pense et il parle tout à la fois ; mais la chose dont il parle est rarement celle à laquelle il pense;
aussi ne parle-t-il guère conséquemment et avec suite : où il dit non, souvent il faut dire oui ; et où. il dit oui, croyez qu'il veut dire non ; il a, en vous répondant si juste, les yeux fort ouverts, mais il ne s'en sert point, il ne regarde ni vous ni personne, ni rien qui soit au monde : tout ce que vous pouvez tirer de lui, et encore dans le temps qu'il est le plus appliqué et d'un meilleur commerce, ce sont ces mots : « Oui, vraiment; C'est vrai; Bon! Tout de bon? Oui-dà; je pense qu'oui; Assurément ; Ah, ciel ! » et quelques autres monosyllabes qui ne sont pas même placés à propos. Jamais aussi il n'est avec ceux avec qui il pareil être : il appelle sérieusement son laquais Monsieur ; et son ami il l'appelle la Verdure : il dit Votre Révérence à un prince du sang, et Votre Altesse à un jésuite. Il entend la messe, le prêtre vient à éternuer, il lui dit : Dieu vous assiste! Il se trouve avec un magistrat : cet homme grave par son caractère, vénérable par son âge et par sa dignité, l'interroge sur un événement , et lui demande si cela est ainsi; Ménalque lui répond : Oui, Mademoiselle. Il revient une fois de la campagne; ses laquais en livrée entreprennent de le voler, et y réussissent; ils descendent de son carrosse, lui portent un bout de flambeau sous la gorge, lui demandent la bourse, et il la rend. Arrivé chez soi , il raconte son aventure à ses amis, qui ne manquent pas de l'interroger sur les circon-
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stances, et il leur dit : Demandez à mes gens, ils y étaient.
8. L'incivilité n'est pas un vice de l'ame; elle est l'effet de plusieurs vices : de la sotte vanité, de l'ignorance de ses devoirs, de la paresse, de la stupidité, de la distraction, du mépris des autres, de la jalousie. Pour ne se répandre que sur les dehors, elle n'en est que plus haïssable , parce que c'est toujours un défaut visible et manifeste. Il est vrai cependant qu'il offense plus ou moins, selon la cause qui le produit.
9. Dire d'un homme colère, inégal, querelleux , chagrin, pointilleux, capricieux, «cestsonhumeur» , n'est pas lexcuser, comme on le croit, mais avouer, sans y penser, que de si grands défauts sont irrémédiables.
Ce qu'on appelle humeur est une chose trop négligée parmi les hommes : ils devroient comprendre qu'il ne leur suffît pas d'être bons, mais qu'ils doivent encore paroître tels, du moins s'ils tendent à être sociables, capables d'union et de commerce, c'est-à-dire à être des hommes. L'on n'exige pas des âmes malignes qu'elles aient de la douceur et de la souplesse; elle ne leur manque jamais, et elle leur sert de piège pour surprendre les simples et pour faire valoir leurs artifices : l'on desireroit de ceux qui ont un bon cœur qu'ils fussent toujours pliants, faciles, complaisants; et qu'il fût moins vrai quel-
qiiefois que ce sont les méchants qui nuisent, et les
bons qui font souffrir.
10. Le commun des hommes va de la colère à l'injure. Quelques-uns en usent autrement : ils offensent, et puis ils se fâchent; la surprise où l'on est toujours de ce procédé ne laisse pas de place au ressentiment.
11. Les hommes ne s'attachent pas assez à ne point manquer les occasions de faire plaisir : il semble que l'on n'entre dans. un emploi que pour pouvoir obliger et n'en rien faire; la chose la plus prompte et qui se présente d'abord, c'est le refus, et l'on n'accorde que par réflexion.
12. Sachez précisément ce que vous pouvez attendre des hommes en général, et de chacun d'eux en particulier, et jetez-vous ensuite dans le commerce du monde.
13. Si la pauvreté est la mère des crimes, le défaut d'esprit en est le père.
14. Il est difficile qu'un fort malhonnête homme ait assez d'esprit : un génie qui est droit et perçant conduit enfin à la règle, à la probité, à la vertu. Il manque du sens et de la pénétration à celui qui s'opiniâtre dans le mauvais comme dans le (aux : l'on cherche en vain à le corriger par des traits de satire qui le désignent aux autres, et où il ne se reconnoît pas lui-même; ce sont des injures dites à un sourd. 11 seroit désirable, pour le plaisir
des honnêtes gens et pour la vengeance publique , qu'un coquin ne le fût pas au point d'être privé de tout sentiment.
15. Il y a des vices que nous ne devons à personne, que nous apportons en naissant, et que nous fortifions par l'habitude: il y en a d'autres que l'on contracte, et qui nous sont étrangers. L'on est né quelquefois avec des mœurs faciles, de la complaisance, et tout le désir de plaire; mais par les traitements que l'on reçoit de ceux avec qui l'on vit, ou de qui l'on dépend, l'on est bientôt jeté hors de ses mesures, et même de son naturel; l'on a des chagrins, et une bile que l'on ne se connoissoit point; l'on se voit une autre complexion , l'on est enfin étonné de se trouver dur et épineux.
16. L'on demande pourquoi tous les hommes ensemble ne composent pas comme une seule nation et n'ont point voulu parler une même langue, vivre sous les mêmes lois, convenir entre eux des mêmes usages et d'un même culte; et moi, pensant à la contrariété des esprits, des goûts et des sentiments, je suis étonné de voir jusqu'à sept ou huit personnes se rassembler sous un même toit, dans une même enceinte, et composer une seule famille.
n. Il y a d'étranges pères, et dont toute la vie ne semble occupée qu'à préparer à leurs enfants des raisons de se consoler de leur mort.