ANTOINE, OCTAVIE, ÉROS
O vous, dans ma douleur profonde , Seul ami que le ciel me laisse encore au monde , Indulgente Octavie , ame sublime , hélas ! De l'état où je suis ne vous offensez pas.
o CTAV lE.
Répandez dans mon sein vos regrets et vos larmes.
ANTOINE
Un cœur moins généreux y trouverait des charmes;
Le vôtre daigne plaindre un criminel époux.
Ah ! les dieux ont été moins indulgents que vous.
OCT AV lE.
Au nom de nos enfants , viens , choisis un asyle
Où ton cœur , dans mes bras , trouve un repos tranquille.
ANTOINE
Du repos! En est-il pour ce cœur ulcéré, De fureur, de remords et d'amour dévoré? Un asyle ! En est-il où, malgré moi, sans cesse Avec mes souvenirs ma douleur ne renaisse ? Et vous, qu'avec amour doit regarder le ciel, Je vous abreuverais d'amertume et de fiel!