SCÈNE VIL
CLÉOPATRE, CHARMION, OCTAVE, ANTOINE, VENTIDIUS, ÉROS, suite d'Octave.
CLÉOPATRE, à Channion , dans Véloigneinent. Soutiens-moi.
OCTAVE
La voici.
ANTOINE
Dieux ! c'est elle, CLÉOPATRE, soutenue par Chaiinion.
Je tombe En ton pouvoir, Octave; et des bords de la tombe Tu crois me rappeler; j'ai prévu ton dessein. Tout est fini pour moi. La mort est dans mon sein.
ANTOINE, à Octave.
Eh bien! suis-je trahi? Vous la voyez mourante, R^omains , et dans ses yeux son ame encore errante Se montre à vous sans voile en ces moments affreux. Rendez enfin justice à l'objet de mes feux.
CLÉO PAT RE
Oui, Romains, je l'aimais; et cet amour funeste, C'est mon dernier soupir, c'est ma mort qui l'atteste- Voyez mes yeux s'éteindre et mes traits s'effacer.
loG CLEO PAT RE.
Une froide langueur conirnen<e à me glacer : Mon cœur en est atteint. Je frissonne, je tremble.
( à Antoine. ) Je meurs.
( Jl se saisit du poignard d'E/os. ) Je vais te suivre, et nous mourrons ensemble. {Jl se frappe.)
OCTAVE
O Romains, quel exemple! Elle expire, il n'est plus. Grands dieux! qu'une faiblesse a détruit de vertus!