DÉJANIRE, OLYMPIE
DÉJANIRE
Ah! pourquoi nous livrer à d'injustes alarmes,
Ma fille ? on est bien loin de nous abandonner.
Le signal du combat que le roi va donner
S'annonce à la faveur des plus heureux auspices.
On dit qu'à nos souhaits tous les dieux sont propices ;
Et déjà les autels fument de toutes parts :
Déjà le peuple en foule inonde les remparts;
El dans ses vœux ardents pour un prince qu'il aime,
Le croiras-tu , ma fille ? il te nomme toi-même ,
Il dit qu'à ton hymen destiné par le roi ,
Sténélus va combattre et va vaincre pour toi.
OLYMPIE, à part.
J'étais aimée , ô dieux !
DÉJANIRE
Qui nous l'eût dit, ma fille, Qu'aujourd'hui tu serais l'espoir de ta famille? Qu'il m'est doux de fonder son bonheur sur le tien, Et de voir tous les cœurs d'accord avec le mien !
aîS LES IIKP. \ri,IDKS.
Je vais bientôt (inir ma course douloureuse;
Mais je meurs sans regrets si ma lille est heureuse.
G L Y M p I K , à part.
Quel supplice !
D'où vient cet air soml)re et distrait? De si beaux nœuds pour toi seraient-ils sans attrait? Et du cœur dun licros souveraine adorée, Te crois-tu ])ar ses vœux faiblement honorée? Après tant de péiils et de calamités, Un instant met le comble à nos félicités : N'y sois pas insensible; et rerois avec joie Les biens inespérés que le ciel nous envoie.