DÉMOPHON, DÉJANIRE, OLYMPIE
DÉMOPHON, à part.
Qui? moi ! tromper sa mère, et souffrir qu'elle u)cure !... Madame , il faut partir.
DÉJANIRE
Moi, seigneur!
DÉMOPHON
Voici l'heure.
ot/,0 L E S H K R A C T, I D K S.
Voire s('jour iti nous expose* et vous perd. Nos murs sont investis, mais le port est ouvert. Un vaisseau vous attend.
I) K J A N I n K , (i sa fille.
Soutiens-moi, je succombe.
L'n vaisseau nous attend! Je ne veux qu'une tombe. Mes enfants, votre mère a déjà trop vécu. Par l'excès du malheur son courage est vaincu.
DÉMOPHON, à part.
Quelque ami plus heureux vous sera favorable.
1)É J AN I RE
Je vous ai vu me tendre une main secourable. Ah ! de nous protéger perdez-vous le pouvoir ; Ou n'est-ce plus j)Our vous une gloire, un devoir? L'ennemi se présente , on marche , on va combattre \ Tout flatte mon espoir; et vous venez l'abattre ! Votre gloire est au comble, et va se démentir! Lin ordre rigoureux nous condamne à partir! C'est trop nous exposer au mépris de la terre , Seigneur. Si vous fuyez les dangers de la guerre , IVe soyez ni prudent , ni cruel à demi : Achevez d'appaiser un barbare ennemi j Achevez d'étouffer une pitié funeste ; Livrez-nous à la mort, le seul bien qui nous reste.
DÉMOPHON
Moi, vous livrer, grands dieux!
DÉ J AN I RK.
Eh bien! défendez-nous.
Avez-vous oublié qu'Alcide , mon époux, A bravé pour Thésée et le Styx et Cerbère? 11 osa des enfers arracher votre père ; Et vous, pour ses enfants qu'aurez-vous entrepris? Pardonnez. La douleur a troublé mes esprits. <iVIais à cet abandon nous devions nous attendre.