‹ Œuvres complètes (volume 2)Chapitre 209 sur 563 · CAPTIVES · texte numérisé non relu

CAPTIVES

AGÉNOR

Venez, rassurez-vous , captives gémissantes : Ces chaînes vont tomber de vos mains innocentes. Vous voyez devant vous le temple redouté De Jupiter, vengeur de l'hospitalité; Janus est adoré sous ces marbres antiques ; De Junon, de Vesta, ce sont là les portiques; Et plus loin du dieu Mars le temple est révéré. Cette enceinte est pour vous un asyle assuré.

ILIE, à part.

Malheureuse ! en quels lieux je me vois ramenée I

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AG EN O R

Je veillerai sur vous.

I L I F. , il port.

O ciel ! ô destinée !

Devant Amulius on va vous présenter.

Et sur nous, de quel droit ose-t-il attenter?

Quoi! tandis qu'Albe et Rome, en cédant à nos larmes,

Semblent, ponr s'embrasser, avoir posé les armes;

Que le Sabin lui-même, oubliant le passé.

D'un vain ressentiment paraît enfin lassé;

Et que bientôt la paix va, dans ses nœuds prospères,

Réunir nos époux , nos enfants et nos pères;

Tout-à-coup, sur le Tibre, en un temple où nos mains

Offraient l'encens aux dieux jirotecteurs des Romains,

On m'arrête; on saisit mes compa<;nes craintives;

Au mépris de la trêve, on nous traite en captives;

Et de la foi jurée oubliant tous les droits ,

Dans Albe, Amulius nous retient sous ses lois!

Que veut-il? Qu'aura fait sa violence impie.

Que rallumer les feux d'une guerre assoupie.

D'une guerre où le fer va ne rien ménager,

Oii dans leur propre sang les vainqueurs vont nager.

Où l'on verra le gendre égorger le beau-père,

Le mari de la sœur massacré par le frère,

Et de ces meurtriers les enfants malheureux.

Ennemis renaissants, se déchirer entre eux?

A GÉN o R.

Amulius lui-même en ces lieux va paraître, Madame. Aux vœux de Ronu- il cédera ])eut-être. Mais l'orgueil , dans les rois , est facile à blesser, A la timide plisinte il faut vous abaisser. C'est le destin du faible : on veut qu'il s'humilie j Et la force arrogante attend (ju'on la supplie.

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