‹ Œuvres complètes (volume 2)Chapitre 238 sur 563 · ACTE III, SCENE V · texte numérisé non relu

ACTE III, SCENE V

Cruelle ! pense aux maux qu'a dii souffrir ton père. Vois l'état où je suis.

ILIE.

Je tombe à vos genoux , Seigneur, écoutez-moi. Quel que fût mon époux, A deux fils généreux j'ai donné la naissance ; El quand de vos malheurs ils auront connaissance....

Vos enfants! Est-ce ainsi que vous vous abusez? Vos enfants ont péri sur le Tibre exposés.

ILIE.

Ils sont vivants. Le ciel fit pour nous ce prodige; Et contre Amidius, que leur grandeur afflige. Ils viennent sous ces murs signaler leur valeur.

o destin ! Je crois voir le terme du malheur. N'est-ce pas Romulus et Rémus qu'on les nomme?

ILIE.

Oui, seigneur.

Ces héros , les fondateurs de Rome , Ces rois , dont Agénor m'a parlé tant de fois !...

ILIE.

Sont votre sang , mon père ; et demain sous leurs lois Les champs d'Albe et ses murs seront réduits peut-être. Attendez de mes fils, bien plutôt que d'un traître, Ln secours qu'à ma honte il veut faire acheter.

Dans quel nouvel abyme un jour peut nous jeter !

ILIE.

Rome triomphera : je n'en fais aucun doute. Mais fùt-elle vaincue; alors, quoi qu'il en conte, Je vous délivrerai de ces fers odieux , Et j'en atteste ici la nature et les dieux.

»9h NUMITOR.

Tes enfants savent-ils le crime de ton père r"

ILIE.

Ils ont vil les regrets, les larmes de leur mère. Jls ignorent le reste.

N TJ M I T o R .

Ali ! par pitié potir moi , Cache-leur que je fus si cruel envers toi. Mon cœur m'en a puni.

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