‹ Œuvres complètes (volume 2)Chapitre 240 sur 563 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

ILIE, TULLIE.

Soutiens mon faible cœur, dieu puissant qui m'écoutes.

(à Tullie. ) Oui, c'est dans cette enceinte, et sous les sombres voûtes De ce temple fatal , où le sort me poursuit. C'est là qu'en un tombeau je l'ai vu cette nuit , .le l'ai vu dans les fers, ce père que j'adore. Pale, mourant, à peine il respirait encore. Il me pleurait, Tullie : injuste en sa douleur, Lui-même il s'accusait d'avoir fait mon malheur. Il évoquait mon ombre, il lui demandait grâce. Tout-à-coup il me voit à ses pieds que j'embrasse. D'un nuage de pleurs ses veux se sont couverts; Il m'a tendu les bras, en soidevant ses fers; Aux larmes de sa fdle il a mêlé ses larmes, Et d'un moment de joie il a goûté les charmes . Faible soulagement jjour les maux redoublés Dont l'un et l'autre encor tu nous vois accablés ! Oui , tu me vois réduite , et ce jour en décide , Au choix d'être parjure , ou d'être parricide.

TULLIE

Vous , madame ?

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