‹ Œuvres complètes (volume 2)Chapitre 278 sur 563 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

ÉNÉE, lARBE, et sa suit».

lARBE.

C'est donc toi que Didon couronne?

ÉNÉE

J'ignore mon destin et le choix de Didon;

Mais d'elle-mcme ici je prétends qu'elle ordonne.

I A RB E.

Sais-tu que de mon roi son empire est un don?

ÉNÉE

Qu'il laisse donc en paix les empires qu'il donne.

Téméraire! est-ce ainsi qu'au plus beau sang des dieux?...

ÉNÉE

I-e sang des dieux m'anime , et n'a rien qui m'étonne. Mais que veux-tu de moi ?

I ARBE.

Que tu quittes ces lieux.

ÉNÉE

Que je quitte ces lieux ! J'y reste, pour attendre

Un ennemi digne de moi.

Tu peux l'annoncer à ton roi.

Qu'il vienne me parler, je suis prêt à l'entendre. ( Enée veut sortir. )

I ARBE.

Arrête, et sois content : larbe est devant toi.

ÉNÉE

Je n'ai donc plus rien à t'apprendre; Et Didon seule ici peut me donner la loi.

346 DIDON

DUO

I A r, BE.

Trop fier de sa faiblesse Et d'un choix qui me blesse.

Crois-tu que je te laisse Le maître de son cœur?

ÉNÉE

Didon sera sans cesse Maîtresse de son cœur.

Ensemble.

I ARBE.

Crois-tu que je m'abaisse A souffrir un vainqueur?

ÉNÉE

Crois-tu que je m'abaisse A te céder un cœur?

I ARBE.

Triste rebut du monde, Faible jouet de l'onde, Tu viens braver un roi !

ÉNÉE

Le ciel dans mon naufrage M'a laissé mon courage ; Et c'est aSsez pour moi.

I A RB E.

Tu connais ma puissance ; Implore ma bonté.

ÉNÉE

Je défends l'innocence , Et je sers la beauté.

I A RB E.

Dans peu d'instants peut-être, Je te ferai connaître

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