‹ Œuvres complètes (volume 2)Chapitre 289 sur 563 · ACTE II, SCENE VII. SSy · texte numérisé non relu

ACTE II, SCENE VII. SSy

Et je suis impie et parjure, Si rebelle à mon sort , je tarde à le remplir.

DIDON

Il est donc vrai !

ÉNÉE

Jugez des tourments que j'endure.

A peine le sommeil appesantit mes yeux ;

L'ombre d'un père m'épouvante.

Je l'entends , je la vois plaintive , menaçante ,

Presser nos funestes adieux.

DIDON

Ah ! si l'erreur d'un songe effrayait une amante , Que ne m'ont point prédit les enfers et les cieux ? J'ai tout bravé pour vous; et voilà comme on aime. Mais, que dis-je? Les dieux, dans leur bonheur suprême, Des amours des mortels daignent-ils s'occuper?

Non, non, vous voulez m'échapper;

Mon seul ennemi , c'est vous-même.

Vous cherchez un empire ! et ne l'avez-vous pas? Votre peuple est le mien; mes sujets sont les vôtres. Vous parlez de serments ! crédule amante ! Hélas ! Il en est donc pour vous de plus saints que les nôtres?

£!«££,« part. O devoir ! ô tendresse ! ô pénibles combats !

DTJO qui finit en TRIO.

DIDON, à Enée.

Tu sais si mon cœur est sensible ; Épargne-moi , s'il est possible.

Veux-tu m'accabler de douleur?

ÉNÉE, au ciel.

Tu vois si son cœur est sensible; Épargne-la, ciel inflexible!

Vcux-tu l'acabler de douleur ?

358 DIDON

K NSF.M BLE.

An lieu (l'un bonheur si paisible.

Dieux ! (|iul abyme de malheur!

ni DON.

Tu veux me luir !

ÉNKE.

Ah ! quel suppliée .

Tu veux me fuir!

KNÉE.

Tel est mon sort.

Mon cœur n'en est point le complice.

C'est toi , cruel , qui veux ma mort.

Regarde-moi : vois ton ouvrage.

{^EUse la soutient dcf aillante.^

O dieux ! la pâleur du trépas !

ÉLISE

Cruel! as-lu l'affreux courage De la voir mourir dans mes bras?

EN ÉE

■■ Et moi j'aurais l'affreux courage De la voir mourir dans mes bras!

Grands dieux! vous ne l'ordonnez pas.

( à Didon . ) . j . ,

Ouvrez les yeux.

Vois ton ouvrage.

EN Et.

Vivez.

Pourquoi vivrais-je , hélas ?

Pour voir ton crime et mon outrage !

Laisse moi mourir dans ses bras.

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