ACTE I, SCENE I. 4i
s ANDER.
Quoi ! du vin !
ALI, avec joie.
Du vin !
s ANDER.
Goûte.
Pour celui-ci , je n'y tiens pas.
s ANDER.
Ta main tremble ?
ALI
Ah ! monsieur, cette liqueur vermeille N'est peut-être qu'un poison lent.
( // boit. ) Mais n'importe. Il est excellent ; Et dussé-je en mourir, j'en boirai ma bouteille.
Eh bien? comment te trouves-tu?
ALI
De cet e'iixir la vertu
Petit-à-petit me soulage.
De fatigue et d'effroi j'étais presque abattu; Mais je sens revenir ma force et mon courage.
( // boit. ) Encore un petit coup. Ah ! le charmant breuvage.
AIR
Les esprits, dont on nous fait peur, Sont les meilleures gens du monde; Voyez comme ici tout abonde.
Quel bon soupe ! quelle liqueur !
Ah ! quelle liqueur !
Les esprits , dont on nous fait peur, Sont les meilleures sens du monde.
/ii4 ZKMIRE KT AZOR.
On n'en parU" que par envie :
Moquons-noiis do ces contes vains.
Pour moi, j'en ai l'ame ravie ; ' Je ne veux pas d'autres voisins.
Avec eux je passe ma vie , S'ils ont toujours d'aussi bons vins.
Les esprits, etc.
Ali , pour le coup , est un homme :
II ne craint rien.
ALI
, Oh! rien du tout.
A-présent je vais faire un somme.
( Il se jette sur un siège. )
SANDER
Voyons quel temps il fait.
ALI, en s' endormant.
J'aurais dormi debotit.
DUO
SANBER.
Le temps est beau.
ALI
J'en suis bien aise.
SANDER
Ali !
Je dors.
SANDER
' Il faut partir.
ALI
Quand j'ai bien bu, ne vous déplaise, Je veux dormir.
SANDER
Il faut partir.