SCÈNE VI
DENYS LE JEUNE, ARÉTIE
ARÉTIE.
Qui nous a donc trahis ?
DENYSLEJEUNE.
C'est moi.
ARÉTIE.
Vous !
DENYS LE JEUNE
Je l'avoue.
Pimr mon ])i'ro cl pour vous, moi snil \o nie df'voue.
iVon , vous no inoiiiT<z point; et pour vous enlever, Je sais qu'à l'inslant même on va se soulever. Mon père nous l'annonre; il en a l'assurance.
D F, >• Y s LE J F. U W E .
Vous me faites frr'mir. Qu( lie affreuse espérance ! Quoi! Dion, votre père, aurait la cruauté!... Tout votre sang répond de sa fidélité.
ARÉTIE.
U sait que pour l'État je veux bien le répandre : Il fera son devoir.
df:nys le jeune.
Je ne puis vous entendre.
Lui ! vous sacrifier ! TS^on , je connais son cœur. Dion n'aspire point à ce barbare honneur Qu'attache au parricide une vertu farouche. Au prix de votre sang il n'est rien qui le touche; Et son premier devoir est de vous secourir. A'ivez, madame. Adieu. C'est à moi de mourir.
ARÉT lE.
Moi ! cruel ! après vous que je consente à vivre ! Voyez à quels tourments votre perte me livre. Esclave dans des lieux souillés de votre sang, J'accepterais la main qui vous perce le flanc! Je serais dans les bras d'un tyran que j'abhorre ! D'un père , meurtrier de son fils que j'adore ! Non, si pour nous le sort tarde encore à changer. C'est à moi de tous suivre, à moi de vous venger. Tout est grand dans un cœur qui méprise la vie ; Et si le fer trompait ma généreuse envie, Une mort seconrable est prête à m'obéir; Et le poison du moins ne saurait me trahir.
DENYS LE JEUNE
Le poison!