ACTE II, SCENE VIII
Comment! vous vous en souvenez?
AGATHE
Ho ! n'ayez pas peur que j'oublie Les leçons que vous me donnez.
CLITON
Nous allons à-présent voyager dans la Grèce ,
Pays autrefois si vanté , Où fleurissaient les arts , les talents , la beauté ,
La poésie enchanteresse.
AGATHE
Ah ! que j'aurais voulu voir ce beau pays-là !
CLITON
Oui, belle Agathe, c'était là Que vous étiez digne de naître.
Avec ces attraits ingénus , Si l'on vous avait vu paraître A la fête d'Hébé , de Flore , de Vénus !
AGATHE
Flore , Vénus , Hébé , ces noms me sont connus.
Assurément ils doivent l'être.
AGATHE
Flore , la déesse des fleurs ; Hébé , celle de la jeunesse ; Mais Vénus?
CLITON
La reine des cœurs , Des plaisirs l'aimable déesse.
AGATHE
Hé ! oui , la mère de l'amour , Dont les plaisirs formaient la cour , Et dont les jeux suivaient les traces : Je lisais cela l'autre jour.
CL I TOT»
Vous oubliez vos sœurs.
Moi! mes sœurs! qui?
CLITON
Les Grâces.
A GATHt.
Ah , Cliton ! les Grâces , mes sœurs !
CLITON
En les nommant ainsi, soyez bien sûre, Agathe, Que ce n'est pas vous que je flatte.
AGATHE
Toujours à vos leçons vous mêlez des douceurs. Mais ces fêtes d'Hébé , de Vénus et de Flore , Cela devait être bien beau !
CLITON
Vraiment! si beau, que même encore Le souvenir en est un magique tableau.
JIR.
Ah ! dans ces fêtes ,
Que de conquêtes
L'amour n'eût pas
Fait sur vos pas !
Dans quelle ivresse
Toute la Grèce
TV'eût-elle pas Célébré tant d'appas !
On eût dit : « La voilà , c'est elle , '( Qui ne le cède qu'à Cypris.
« Donnons le prix t,
« A la plus belle.
'« La voilà , la voilà , c'est elle.