ACTE II, SCENE VIII
CLITOÎî.
Ah! laissons là nos lerOTs.
Ne parlons que de tendresse.
AGATHE
Voyez à quoi je m'expose, Si l'on sait, dans la maison, Que c'est moi qui suis la cause Que vous perdez la raison.
C LïTON.
Eh ! non , non, n'ayez pas peur Que jamais je vous expose.
C'est le secret de moa cœur.
AGATHE
La colère De ma mère Me fait peur.
CLITO N.
N'ayez pas peur.
Je sais brûler et me taire. * •
C'est le secret de mon cœur.
AGATHE
Voilà le temps qui se passe.
Ah ! de grâce !
Laissez-moi.
Voilà le temps qui se passe.
Ah ! de grâce !
Écoutez-moi.
Je meurs d'amour.
AGATHE
Je meurs d'effroi.
Non, je ne suis plus à moi.
Quoi ! vous refusez de m'entendre !
.,«jo L'AMI DE LA MAISON.
Quoi ! l'ami le plus vrai ! quoi ! l'amant le plus tendre.
Ne peut un moment vous parler !
Le temps de nos leçons est le seul qu'on nous laisse.
AGATHE
Maman nous observe sans cesse.
Laissez-moi. Je veux m'en aller.
C LITON.
Si du moins j'osais vous écrire !
AGATHE
M'écrire ! à quoi bon? et sur quoi?
CLI TON
Que n'aurais-je pas à vous dire?
AGATHE
Je balance, je n'ose, et je ne sais pourquoi; Car enfin vos écrits sont des leçons pour moi :
C'est m'éclairer que de vous lire.
( Elle lui fait la révérence et s'en va. )