SCENE U. 5i
LU CILE
L'illusion serait bien douce!
DORVAL
Et bien cruelle !
LU CILE
Rassurez-vous.
D O RV A L.
L'excès de ma félicité, Sa douceur, sa tranquillité, Me semble si peu naturelle , Qu'à mon réveil j'en ai douté.
AIR
Quel réveil ! quel enchantement !
Autour de moi, dans ce moment, S'exhale une volupté pure , Et , comme vous , tout est charmant.
Des fleurs qui parent la verdure Nous allons être couronnés.
Ce jour brillant est la peinture Des jours qui nous sont destinés.
Tout s'embellit dans la nature, Aux yeux des amants fortunés.
Quel réveil ! etc.
LUCiLE , appuyant son bras négligemment sur le dossier de son siège , et regardant Dorval.
Dorval !
DORVAL, saisissant la main de Lucile et la baisant Oh ! ma chère Lucile !
Qu'à nos vœux le ciel est docile !
Est-il un bonheur plus parfait Que le mien?
LUCILE
Dites , que le nôtre.
5i8 LIICILE.
n f> R ▼ A r. , vivement .
Eh bipn ! que le nôtre : en effet , Je ne dois pin» Tvoir de bonheur que le vôtre.. Rien ne l'a troublé jtrvju'iti.
Pas un nuage, aucun souri, Nons voir et nous aimer, être unis l'un a l'antre, Voilà noire roman.
Tout nous a rc'assi :
C'est à nous d'achever.
n o R V A I, , h Julie , qui est occupée à coiffer Lucih. Jnlie , un air de fête.
Élevez tefte boucle, et cette flenr aussi : Qu'on dise que l'Amour a conronné sa tète.
t C MF..
Comme cela ?
Fort bien. Tenez, encore ici Quelques fleurs. A merveille.