SCENE VIII. 53r
vSa mère, il est vrai, la perdit....
Je ne puis.... Je suis au supplice.
LUCILE
Que ne vit-elle encor! par un juste retour, Ma maison eût e'té la sienne ; Et peut-être le même jour Aurait vu sa noce et la mienne.
B L AISE
Vous avez tant d'honnêteté !
LUCILE
Vous connaissez mon cœur.
BLAI SE.
Je n'en ai point douté.
LUCILE
Votre exemple lui seul m'aurait rendue honnête.
BL AISE
On va vous marier; c'est pour vous une fête; Et moi , je viens la troubler.
LUCILE
Vous , Biaise !
B L AISE
Oui, moi. Que ne puis-je Me taire et dissimuler!
LUCILE
Quoi! mon bonheur vous afflige,
Au lieu de vous consoler!
A l'amour de Dorval aurait-on fait injure? Je réponds de son cœur : il est digne du mien.
On ne m'en a dit que du bien.
LUCILE
Vous me flattez.
BLAIS E
IN on , je vous jure.
Mais, hélas!..,
S3v LUC ILE.
LUCILE
Achevez.
Ma chère fille .'
LU CI LF,.
Eh bien !
BL AISK.
Tout \ous rit, tout vous plaît dans ce lieu magnifique:
Un père opulent, un époux
Riche, aimable, et digne de vous; Quelle comparaison avec mon toit rustique !
(^2>ivern('/it. ) Mais, ma fille, crois-moi, sans faire de jaloux,
On peut être heureux parmi nous,
Avec la paix et l'innocence;
Et la fortune, et la naissance, N'ont pas de biens plus vrais , ni de plaisirs plus doux.