CI LOT IN
Le drôle est de bon goût?
MADEMOISELLE DE SAINT-YVES
Ce ne serait pas bien.
LE H U R O N
Quel pavs que le vôtre!
On y croit voir du mal à tout.
MADEMOISELLE DE KERKABON
Chez vous on est moins difticile, N'est-ce pas?
LE H u R o N .
Difiicile? on ne l'est point du tout.
Si vous saviez combien votre sexe est docile, Et combien par l'amour le nôtre est adouci ! Ah! si dans nos forets, où règne la nature, J'avais pu rencontrer ce que je trouve ici. J'y serais encor, je vous jure.
MADEMOISELLE DE SAINT-YVES
Vous n'aimez pas ce pays-ci.
LE ir V RON.
S'il me laissait aimer, je l'aimerais aussi.
564 LE HURO!^.
M A I» F. M O I s F. L L K DE S A I N T - V V K S.
Voyagez-vous encor ?
LE H tl l\ o N .
Non. Je courais le monde .
Pour voir nn peu comme il est fait.
Mais ce qu'il a de plus parfait, Je l'ai vu; j'ai fini ma ronde.
On connaît donc l'amour au j)avs des Murons?
I, h. H II R o N.
Ah! comme vous, nous l'adorons.
Où ne connaît-on pas sa puissance infinie?
MADEMOISELLE DE SAINT- YVES
Je voudrais bien savoir, quelle est en Huronie La façon d'exprimer son inclination.
LE u u R o >■ , d'un air noble et tendre. C'est de faire, en aimant, quelque belle action,
Qui plaise à ce qui vous ressemble.
MADEMOISELLE DE K E R K A B O \
Cet amour-là vaut bien le nôtre, ce me semble.
MADEMOISELLE DE S A I IV T - Y V E S , d'uRC VOÎx timide.
Avez-vous aimé ?
1,E HURON
Oui , la belle Abucaba.
Elle chassait un lièvre , à vingt milles du gîte;. Un Algonquin le prit, et le lui dc'roba. J'attrapai l'Algonquin ; je l'amenai bien vite Tout tremblant à ses pieds. Elle lui pardonna. Et devant lui me couronna.
MADEMOISELLE DE KERKABO>'.
Et VOUS l'aimiez à la folie?
LE H u R o N, vivement.
Oui, de toute mon ame. Elle était si jolie !