I. U CF. TTE
Non, je vous l'avouerai, je ne dors pas tranquille, Depuis qu'à Dorimon vous voulez me donner. DALIN, à part.
Bon!
LUCETTE
Daignez me le pardonner; Mais pour cet homme-là je ne me sens point d'âme. i> A L I N , h part.
Tant mieux ! plus d'obstacle à ma flamme.
LUCETTE
AIR
Je ne dis pas quel objet Le ciel destine à me plaire.
Aimer n'est pas un projet ; C'est l'instant qui nous éclaire.
Mais je n'augure pas bien D'un choix qui n'est pas le mien.
Qu'on me donne à choisir Au gré de mon envie; Je vais avec plaisir M'engager pour la vie.
Mais , malgré soi , Donner sa foi , C'est mensonge, ou folie.
Non, je n'anyiiif pas l)i<'n D'un choix qui n'est pas Ir mirn.
IJ A f. I >■.
Va, j'ai cliangé d'avis. Dorinion n'rst pas l'iiomme Qui te convient. Il fait semblant d'être joyeux; De sa gaîté bruyante il excède, il assomme; Il se croit jeune encore, et sera bientôt vieux.
Et puis, t'épouser, à son âge, C'est voler ce neveu , que je vois , parmi nous , Rêveur, inquiet et jaloux , Nous reprocher son héritage.
Cela me déplaît : je ne veux Rien dérober à ses neveux.
LU C ETTE
Ah ! que c'est bien penser !
D ALIN
L'éponx que je te donne, Bien moins âgé que lui , te convient tout-à-fait. Il a, quoique dans son automne.
L'air jeune encore; il est bien fait; Il sait aimer mieux que personne; Il a sur-tout l'ame si bonne !
LUCETTE
Vous l'appelez?
D ALIN
Devine. Il est peint trait pour trait.
I,n CETTE.
C'est vous, je gage.
n A L IN.
Eh , oui , friponne.
Tu souris; c'est bon signe.
LU CETTE
.. Et je ne sais pourquoi ;
Car le danger qui nous menace , Doit me causer bien de l'effroi '