LIVRE XV. 33C
niées, et il vous reste encore assez de forces à opposer à l'audace des factieux. Le despotisme serait l'usage de ces forces contre les lois; mais employées à maintenir l'ordre et les lois, elles sont le digne cortège de l'autorité légitime , la sauve-garde de l'État et le soutien de la royauté.
« Si les membres de l'assemblée nationale avaient tous votre loyauté , sire , ils s'accorderaient tous à demander autour du sanctuaire de la législation une barrière impénétrable , inaccessible même, d'un côté pour les troupes, de l'autre pour le peuple, et alors tout serait égal. Mais non , c'est pour laisser à cette populace une pleine licence et une pleine impunité qu'on veut que les troupes s'éloignent. On craint qu'elle ne soit refroidie et intimidée; on veut qu'elle ose tout sans avoir rien à craindre ; c'est par elle qu'on veut régner. N'avons-nous pas vu que, du centre aux extrémités du royaume, ce nom de liberté, ce nom qui, pour la populace, ne veut dire que la licence , a retenti comme un signal d'insurrection et d'anarchie? La police parmi le peuple, la discipline dans les armées, par -tout les lois de l'ordre ont été dénoncées comme des restes de servitude. L'indépendance et le mépris de toute espèce d'autorité, voilà ce que présente la face du royaume; et c'est sur les ruines de la monarchie et avec ses débris que l'on se vante de créer un empire démocratique. C'est un vil ramas de vagabonds sans mœurs, sans état, sans
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aveu, qu'on appelle le peuple souverain. Mais la nation désire, elle demande que la constitution du royaume soit réglée et fixée sur des bases fondamentales, et il s'agit de la rendre à-la-fois plus régulière et plus constante. C'est à quoi, sire , les états sont chargés de travailler avec vous. Par cette ancienne et vénérable constitution de la monarchie, vous êtes roi; l'autorité suprême, la force executive a été remise en vos mains ; vos ancêtres , à qui la nation l'a confiée , vous l'ont transmise en héritage. La nation ne veut ni n'entend dépouiller, déposer, déshériter son, roi. Et que serait-ce qu'un monarque, si ce n'était pas le protecteur de tous les droits et de toutes les libertés? »
« Protégez, sire, celle de tous les ordres, et n'en laissez opprimer aucun. Protégez celle des états eux-mêmes; et protégez sur-tout dans les villes , dans les campagnes , celle de ces citoyens honnêtes, de ces cultivateurs paisibles qui, menacés dans leurs foyers par une popidace oisive et vagabonde , tremblent avec raison que bientôt il ne soit plus temps de lui remettre le frein des lois. Non, sire, ce n'est plus au nom du clergé ni de la noblesse, c'est au nom d'un bon peuple dont vous êtes le père, que nous vous conjurons de ne pas le livrer à la plus cruelle des tyrannies , à celle de la populace et de ses perfide* moteurs. »
C'était ainsi qu'on persuadait au roi qu'en dé-