‹ Œuvres complètes (volume 2)Chapitre 137 sur 255 · SCÈNE IL GÉRONTE, HECTOR, DORANTE, NÉRINE · texte numérisé non relu

SCÈNE IL GÉRONTE, HECTOR, DORANTE, NÉRINE

HECTOR, àGéronte.

Oui , monsieur, Angélique épousera Valère; Ils ont signé la paix.

GÉRONTE, àHector.

( à Dorante. )

Tant mieux. Bonjour, mon frère.

Qu'est-ce ? Hé bien , qu'avez-vous ? vous êtes tout changé !

a5o LE JOUEUR.

Allons , gai. Vous a-t-on donné votre congé?

DORANTE

Vous êtes bien instruit des chagrins qu'on me donne ! On ne me verra point violenter personne ; Et quand je perds un cœur qui cherche à s'éloigner ^ Mon frère , je prétends moins perdre que gagner»

GÉRONTE

Voilà les sentiments d'un héros de Cassandre. Entre nous, vous aviez fort grand tort de prétendre Que sur votre neveu vous pussiez Femporter.

DORANTE

Non ; je ne sus jamais jusque-là me flatter. La jeunesse toujours eut des droits sur les belles ; L'Amour est un enfant qui badine avec elles : Et quand, à certain âge, on veut se faire aimer C'est un soin indiscret qu'on devroit réprimer.

GÉRONTE

Je suis , en vérité , ravi de vous entendre ;

Et vous prenez la chose ainsi qu'il la faut prendre.

NÉRINE

Si l'on m'en avoit cru , tout n'en iroit que mieux.

DORANTE

Ma présence est assez inutile en ces lieux. Je vais de mon amour tâcher à me défaire.

( Il sovt. )

Allez , consolez-vous ; c'est fort bien fait , mon frère. Adieu,

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