VALÈRE, ANGÉLIQUE, DORANTE, HECTOR
NÉRINE, M"'* LA RESSOURCE , au fond da théâtre VALÈRE.
Quel bonheur est le mien ! Enfin voici le jour. Madame, où je dois voir triompher mon amour. Mon cœur tout pénétré.... Mais, ciel! quelle tristesse ^ Nérine , a pu saisir ta charmante maîtresse ? Est-ce ainsi que tantôt?...
3io LE JOUEUR.
HÉRIJVE.
Bon ! ne savez-vous pas ?
Les filles sont, monsieur , tantôt haut, tantôt bas.
VALÈRE
Hé quoi ! changer si tôt !
ANGÉLIQUE
Ne craignez point, Valère, Les funestes retours de mon humeur légère : Le portrait dont ma main vous a fait possesseur Vous est un sûr garant que vous avez mon cœur.
VALÈRE
Que ce tendre discours me charme et me rassure !
W É R I ]y E , à part.
Tu ne seras heureux , par ma foi , qu'en peinture.
ANGÉLIQUE
Quiconque a mon portrait , sans crainte de rival , Doit avoir la copie avec l'original.
VALÈRE
Madame , en ce moment , que mon âme est contente !
ANGÉLIQUE
Ne consentez-vous pas à ce parti , Dorante ?
DORANTE
Je veux ce qui vous plaît : vos ordres sont pour moi Les décrets respectés d'une suprême loi. Votre bouche, madame, a prononcé sans feindre ; Et mon cœur subira votre arrêt sans se plaindre.
HECTOR, bas, à Valère.
De l'arrêt tout du long il va payer les frais.