‹ Œuvres complètes (volume 2)Chapitre 202 sur 255 · LE CHEVALIER, LÉANDRE, CLARICE, CARLIN · texte numérisé non relu

LE CHEVALIER, LÉANDRE, CLARICE, CARLIN

LE CHEVALIER , embrassant Léandre.

Hé! bon jour, mon ami. Quelle heureuse rencontre!

LÉANDRE, au Chevalier.

( à Carliu. )

Monsieur, avec plaisir.... Quel est cet homme-là?

CARLIN

C'est le Chevaher.

LÉANDRE

Ah!

LE CHEVALIER

Quoi! ma sœur, te voilà ?

Je t'en sais fort bon gré. Viens-tu par inventaire, Du cœur de ton amant te porter héritière ?

CLARICE

Mais dis-moi, seras-tu toujours fou. Chevalier?

LE CHEVALIER

C'est un charmant objet qu'un nouvel héritier ; Et le noir est pour moi la couleur favorite : Un amant en grand deuil a toujours son mérite; Et quand, comme Carlin, on seroit mal formé. Du moment qu'on hérite , on est sûr d'être aimé.

CARLIN

Comment! comme Carlin ! Sachez que, sans reproche. Votre comparaison est odieuse , et cloche.

Chacun vaut bien son prix. Carlin , dans certains cas,

Pour certains chevaliers ne se donneroit pas.

LE CHEVALIER , à Carlin.

Tu te fâches, mon cher! Il faut que je t'embrasse. L'oncle a donc fait la chose enfin de bonne grâce ? As-tu trouvé le coffre à ton gré copieux? Ses écus, ses louis étoient-ils neufs ou vieux?

CARLIN, au Chevalier.

Nous n'y prenons pas garde ; et toujours avec joie Nous recevons l'argent tel que Dieu nous l'envoie.

LE CHEVALIER

( Il chante )

Le bon homme est donc mort ? J'en ai bien du regret.

CL ARICE.

Cela se voit assez.

CARLIN

L'air vient fort au sujet.

LÉ CHEVALIER

Je te le veux chanter; j'en ai fait la musique, Et les vers , dont chacun vaut un poëme épique.

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