LE CHEVALIER, LÉANDRE, CLARICE, CARLIN
LE CHEVALIER , embrassant Léandre.
Hé! bon jour, mon ami. Quelle heureuse rencontre!
LÉANDRE, au Chevalier.
( à Carliu. )
Monsieur, avec plaisir.... Quel est cet homme-là?
CARLIN
C'est le Chevaher.
LÉANDRE
Ah!
LE CHEVALIER
Quoi! ma sœur, te voilà ?
Je t'en sais fort bon gré. Viens-tu par inventaire, Du cœur de ton amant te porter héritière ?
CLARICE
Mais dis-moi, seras-tu toujours fou. Chevalier?
LE CHEVALIER
C'est un charmant objet qu'un nouvel héritier ; Et le noir est pour moi la couleur favorite : Un amant en grand deuil a toujours son mérite; Et quand, comme Carlin, on seroit mal formé. Du moment qu'on hérite , on est sûr d'être aimé.
CARLIN
Comment! comme Carlin ! Sachez que, sans reproche. Votre comparaison est odieuse , et cloche.
Chacun vaut bien son prix. Carlin , dans certains cas,
Pour certains chevaliers ne se donneroit pas.
LE CHEVALIER , à Carlin.
Tu te fâches, mon cher! Il faut que je t'embrasse. L'oncle a donc fait la chose enfin de bonne grâce ? As-tu trouvé le coffre à ton gré copieux? Ses écus, ses louis étoient-ils neufs ou vieux?
CARLIN, au Chevalier.
Nous n'y prenons pas garde ; et toujours avec joie Nous recevons l'argent tel que Dieu nous l'envoie.
LE CHEVALIER
( Il chante )
Le bon homme est donc mort ? J'en ai bien du regret.
CL ARICE.
Cela se voit assez.
CARLIN
L'air vient fort au sujet.
LÉ CHEVALIER
Je te le veux chanter; j'en ai fait la musique, Et les vers , dont chacun vaut un poëme épique.