‹ Œuvres complètes (volume 2)Chapitre 212 sur 255 · ACTE III, SCENE II · texte numérisé non relu

ACTE III, SCENE II

Monsieur le Chevalier....

LISETTE, au Chevalier.

Allons donc , soyez sage.

Gomme vous débutez!

LE CHEVALIER, à Lisette.

Nous autres gens de cour, Nous savons abréger le chemin de l'amour. Voudrois-tu donc me voir, en amoureux novice, De Tamour à ses pieds apprendre l'exercice. Pousser de gros soupirs, serrer le bout des doigts? Je ne fais point, morbleu ! l'amour comme un bourgeois;

( à Isabelle. )

Je vais tout droit au cœur. Le croiriez-vous, la belle ? Depuis dix ans et plus je cherche une cruelle. Et je n'en trouve point , tant je suis malheureux !

LISETTE

Je le crois bien, monsieur, vous êtes dangereux.

LE CHEVALIER, à Isabelle.

J'ai bien bu cette nuit; et, sans fanfaronnades, A votre intention j'ai vidé cent rasades. Mon feu, qui dans le vin s'éteint le plus souvent , ' Reprend vigueur pour vous , et s'irrite en buvant. Il fait , parbleu , bien chaud.

(Il ôte sa perruque, et la peigne.)

' Variante des éditions modernes ;

Ah ! le verre à la main , qu'il faisoit beau nous voir ! 11 fait , parbleu , grand chaud.

t s A. B E LT. E.

Voulez-vous vous asseoir ?

LISETTE

La manière est plaisante.

Vous voulez nous montrer votre tête naissante; Ce regain de cheveux est encor bon à voir.

ISABELLE, au Chevalier.

Vous êtes mal debout : voulez-vous vous asseoir? Lisette , des fauteuils.

LE CHEVALIER

Point de fauteuil , de grâce.

ISABELLE

Oh! monsieur, je sais bien....

LE CHEVALIER

Un fauteuil m'embarrasse.

Un homme là-dedans est tout enveloppé; Je ne me trouve bien que dans un canapé.

' ( à Lisette. )

Fais-m'en approcher un pour m'étendre à mon aise.

LISETTE

Tenez-vous sur vos pieds , monsieur, ne vous déplaise. - J'enrage quand je vois des gens qu'à tout moment Il faudroit étayer comme un vieux bâtiment, Couchés dans des fauteuils, barrer une ruelle. Et mort non de ma vie! une bonne escabelle; Soyez dans le respect. Nos pères autrefois Ne s'en portoient que mieux sur des meubles de bois.

ISABELLE

Paix donc ; ne lui dis rien, Lisette, qui le blesse.

LISETTE, à Isabelle.

Bon, bon! il faut apprendre à vivre à la jeunesse.

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