‹ Œuvres complètes (volume 2)Chapitre 218 sur 255 · ACTE III, SCENE VIII · texte numérisé non relu

ACTE III, SCENE VIII

CARLIjy.

J'exécute votre ordre avez zèle, ou je meure. Vous avez oublié que, depuis un quart d'heure, De dix commissions il vous plut me charger. J'ai vu le rapporteur , le tailleur, l'horloger; Et voilà votre montre enfin raccommodée : Elle sonne à présent.

L É A N D R E prenant la montre.

Il me l'a bien gardée.

CARLIN

Vous m'avez commandé de même d'acheter De bon tabac d'Espagne ; en voilà pour goûter.

L E A N D R E prend le papier où est le tabac.

Voyons.

CARLIN

C'est du meilleur qu'on puisse jamais prendre , Dont on frauda les droits en revenant de Flandre.

L E A N D R E jette la montre , croyant jeter le tabac.

Quel horrible tabac ! tu veux m'empoisonner.

CARLIN

La montre ! ah ! voilà bien pour la faire sonner ! Quelle distraction , monsieur , est donc la votre ?

LÉ ANDRE

Oh ! je n'y pensois pas ; j'ai jeté l'un pour l'autre.

CARLIN

Ne vous voilà pas mal ! La montre cette fois

Va revoir l'horloger tout au moins pour six mois.

LÉANDRE

Cours à l'appartement de l'aimable Clarice;

Sache si pour la voir le moment est propice ; Peins-lui bien mon amour, et quel est mon chagrin D'avoir manqué tantôt à lui donner la main. Va vite, cours, reviens.

C A R L I N j mettant la montre à son oreille.

La montre est tout en pièces.

Vous devriez, monsieur, exercer vos largesses, Et m'en faire présent....

LÉANDRE

Va donc, ne tarde pas.

Je t'attends.

CARLIN

J'obéis , et reviens sur mes pas.

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