ACTE III, SCENE IX. 4oi
ISABELLE, à Léandre.
Bon! votre cœur pour moi ne fut jamais touché; Par de plus nobles nœuds vous êtes attaché : Je suis un peu jolie; au reste, peu capable De fixer le penchant d'un homme raisonnable : Malgré les faux dehors de ma simplicité, Je suis coquette au fond.
LÉANDRE
c'est une fausseté.
Lisette , tu devrois , dans le soin qui t'anime , Lui faire prendre d'elle une plus juste estime : Tu gouvernes son cœur.
LISETTE
Oui, quelqu'un me l'a dit.
Cette Lisette-là lui tourne mal l'esprit; C'est une babillarde , en intrigues habile , Et qui pourroit montrer, en un besoin , en ville. Votre panégyrique a pour nous des appas. Quel peintre! Par ma foi, vous ne nous flattez pas.
LÉANDRE, à part.
Ah , maraud de Carlin ! dans peu ton imprudence Recevra de ma main sa juste récompense.
LISETTE
J'entends venir quelqu'un. Ah , ciel ! quel embarras ! C'est madame Grognac qui revient sur ses pas.
ISABELLE
Lisette , que dis-tu ?
Votre mère en personne.