‹ Œuvres complètes (volume 2)Chapitre 234 sur 255 · LE CHEVALIER, LÉANDRE, CARLIN · texte numérisé non relu

LE CHEVALIER, LÉANDRE, CARLIN

LE CHEVALIER, à part.

C'est Léandre ; tant mieux , j'ai deux mots à lui dire.

( à Léandre. )

Un sort heureux , monsieur, vous présente à mes yeux.

LÉANDRE, à Carlin.

Peut-être elle pourra revenir en ces lieux.

LE CHEVALIER , à Léandre.

Je sais que vous voulez devenir mon beau-frère ; C'est fort bien fait à vous : ma sœur a de quoi plaire; Elle est riche en vertus ; pour en argent comptant, Je crois, sans la flatter, qu'elle ne Test pas tant. Quand mon père mourut, il nous laissa, pour vivre,

4i8 LE DISTRAIT.

Ses dettes à payer, et sa manière à suivre :

C'est, comme vous voyez, peu de bien que cela.

LE AN DRE, au Chevalier,

Et n'avez- VOUS jamais eu que ce père-là ?

LE CHEVALIER rit.

Gomment ? r -

LÉANDRE

Que cette sœur, monsieur, j'ai voulu dire.

CARLIN

L'erreur est pardonnable ; il ne faut point tant rire.

LE CHEVALIER

Je sais votre naissance et votre probité, Et je suis fort content de vous par ce coté. Vous n'avez qu'un défaut qui partout vous décèle ; Dans le fond cependant c'est une bagatelle ; Mais je serois content de vous en voir défait. Vous êtes accusé d'être un peu trop distrait ; Et tout le monde dit que cette léthargie Fait insulte au bon sens , et vise à la folie.

chacun ne peut pas être aussi sage que vous : Tous les hommes , monsieur , sont différemment fous ; Chacun a sa folie , et j'ai grâce li vous rendre De ne trouver en moi qu'un défaut à reprendre.

LE CHEVALIER

Ce que je vous en dis n'est que par amitié ; Et je vous trouve , moi , trop sage de moitié. On ne m'entend jamais censurer ni médire. Et je ne dis ici que ce que j'entends dire.

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