‹ Œuvres complètes (volume 2)Chapitre 241 sur 255 · SCÈNE IIL LE CHEVALIER, ISABELLE, LISETTE · texte numérisé non relu

SCÈNE IIL LE CHEVALIER, ISABELLE, LISETTE

LE C H E V A L T E R , à Isabelle.

HÉ bien ! la mère enror fait-elle le lutin ? Pourrons-nousnous soustraire à son brusque chagrin?

ISABELLE

Vous savez son humeur. Ah , juste ciel! je tremble; Elle peut revenir et nous trouver ensemble.

LE CHEVALIER

Que ce soin ne vous fasse aucune nnpression : Je vous prends en ces lieux sous ma protection. N'êtes-vous pas ma femme ? Et pour hâter les choses, J'ai dressé le contrat moi-même avec les clauses, Dont mon oncle est porteur.

LISETTE

Tout est bien avancé , Puisque déjà par vous le contrat est dressé; Et l'aveu de la mère est une bagatelle.

ISABELLE

Nous aurons de la peine à venir à bout d'elle.

LE CHEVALIER

Av^nt d'accorder tout à mon juste transport , Je veux sur son esprit faire un dernier effort , Me jeter à ses pieds, lui dire mes alarmes, Crier, gémir, pleurer , car j'ai le don des larmes. Lisette m'appuîra. Malgré son noir chagrin, II. 28

Nous la flatterons tant, qu'il faudra bien enfin Qu'elle me cède un bien dont mon amour est digne.

Bon , bon ! plus on la flatte , et plus elle égratigne; C'est un esprit rétif, et qu'on ne réduit pas. Mais je vois votre sœur tourner ici ses pas.

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