‹ Œuvres complètes (volume 2)Chapitre 40 sur 255 · VALÈRE, SCAPIN · texte numérisé non relu

VALÈRE, SCAPIN

HÉ bien , Scapin ! apprends-moi des nouvelles de Léonore ; l'as-tu vue ? que t'a dit Marine ?

SCAPIN

Marine? rien du tout. C'est une fille dont on ne sauroit tirer une parole.

VA LE RE

Marine ne t'a rien dit , elle qui parle tant ?

SCAPIN

C'est justement ce qui fait qu'elle ne dit rien ; mais tout ce que j'ai pu comprendre de la volubilité de son discours , c'est qu'il faut renoncer à Léonore ; et le pis que j'y trouve, c'est que nous n'avons pas un sou pour nous en consoler.

VALÈRE

Quoi? que dis- tu? parle, explique-toi. Renoncer à Léonore?

SCAPIN

Oui , monsieur.

VALÈRE

Et Marine ne t'a point dit la cause de son refroidissement ?

Non, monsieur.

VALÈRE

Quoi ! tu n'as pu pénétrer..

s c A P I lY.

Oh, monsieur '.Marine est une fille impénétrable.

VALÈRE

Que je suis malheureux !

SCAPIN

Elle m'a seulement donné une petite lettre qui vous expliquera peut-être mieux la chose.

VALÈRE

Eh! donne donc, maraud, donne donc. - . (Il lit.)

ce Si vous m'aimez autant que je vous aime , nous « sommes les plus malheureuses personnes du monde. « Ma mère prétend me marier à un homme que je ne « connois point. Détournez le malheur qui nous me- « nace , et soyez certain que je choisirai plutôt la (c mort que d'être jamais à d'autre qu'à vous. »

Scapin !

SCAPIN

Monsieur ?

VALÈRE

Que dis-lu de cette lettre-là ?

Je dis , monsieur , que ce n'est pas là une lettre de change.

VALÈRE

Et je me laisserai enlever Léonore ! JN^on, non, Scapin; à quelque prix que ce soit, il faut empêcher...

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