‹ Œuvres complètes (volume 2)Chapitre 43 sur 255 · SCÈNE VIL M. GRIFON, VALÈRE, SGAPIN · texte numérisé non relu

SCÈNE VIL M. GRIFON, VALÈRE, SGAPIN

M. GRIFOÎV.

Ah! vous voilà, mon fils. Que faites-vous là? Y a-t-il long-temps que vous y êtes ?

VALÈRE

Je ne fais que d'arriver.

M. GRIFON, montrant Scapin.

Qui est cet homme-là ?

VALÈRE

c'est, mon père....

M. GRIFON.

Quoi? c'est....

VALÈRE

Un musicien de l'Opéra.

M. GRIFOIY.

Mauvaise connoissance qu'un musicien de l'Opéra ! ils mènent les gens au cabaret , et il faut toujours payer pour eux.

SCAPIN, bas , à Valère.

De quoi diantre vous avisez-vous de me faire musicien ? J'aimerois mieux être toute autre chose.

VALÈRE, bas, à Scapin.

Tais-toi.

M. GRIFON.

Oh çà , mon fils , j'ai une nouvelle à vous appren- II. 6

dre ; la présence du musicien ne gâtera rien , et peutêtre pourra-t-il nous être utile.

s C A P I N , bas , à Valère.

Votre imagination m'a fait musicien par hasard ; vous verrez qu'il faudra que je le devienne par nécessité.

M. GRIFOJY.

Je vais me marier.

VALERE

Vous marier ! vous , mon père ?

M. GRIFON.

Moi-même , en propre personne.

SGAPIIN", à part.

Je ne m'attendois pas à celui-là.

M. GRIFON.

Que dit monsieur le musicien ?

SCAPIN

Je ne puis que vous louer, monsieur, de former une entreprise si hardie. Vous avez eu le bonheur d'enterrer une première femme , vous hasardez d'en prendre une seconde ; le péril ne vous rebute point : cela est fier, cela est grand, cela est héroïque ; et, pour ma part , je n'âi garde de manquer d'applaudir à une résolution aussi généreuse que la votre.

M. GRIFOr^.

Voilà un joli garçon.

VALÈRE

Ce que j'en ai dit mon père, n'est que par l'intérêt que je prends à votre santé.

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