SCÈNE VIL M. GRIFON, VALÈRE, SGAPIN
M. GRIFOÎV.
Ah! vous voilà, mon fils. Que faites-vous là? Y a-t-il long-temps que vous y êtes ?
VALÈRE
Je ne fais que d'arriver.
M. GRIFON, montrant Scapin.
Qui est cet homme-là ?
VALÈRE
c'est, mon père....
M. GRIFON.
Quoi? c'est....
VALÈRE
Un musicien de l'Opéra.
M. GRIFOIY.
Mauvaise connoissance qu'un musicien de l'Opéra ! ils mènent les gens au cabaret , et il faut toujours payer pour eux.
SCAPIN, bas , à Valère.
De quoi diantre vous avisez-vous de me faire musicien ? J'aimerois mieux être toute autre chose.
VALÈRE, bas, à Scapin.
Tais-toi.
M. GRIFON.
Oh çà , mon fils , j'ai une nouvelle à vous appren- II. 6
dre ; la présence du musicien ne gâtera rien , et peutêtre pourra-t-il nous être utile.
s C A P I N , bas , à Valère.
Votre imagination m'a fait musicien par hasard ; vous verrez qu'il faudra que je le devienne par nécessité.
M. GRIFOJY.
Je vais me marier.
VALERE
Vous marier ! vous , mon père ?
M. GRIFON.
Moi-même , en propre personne.
SGAPIIN", à part.
Je ne m'attendois pas à celui-là.
M. GRIFON.
Que dit monsieur le musicien ?
SCAPIN
Je ne puis que vous louer, monsieur, de former une entreprise si hardie. Vous avez eu le bonheur d'enterrer une première femme , vous hasardez d'en prendre une seconde ; le péril ne vous rebute point : cela est fier, cela est grand, cela est héroïque ; et, pour ma part , je n'âi garde de manquer d'applaudir à une résolution aussi généreuse que la votre.
M. GRIFOr^.
Voilà un joli garçon.
VALÈRE
Ce que j'en ai dit mon père, n'est que par l'intérêt que je prends à votre santé.