‹ Œuvres complètes (volume 2)Chapitre 57 sur 255 · SCAPIN, VALÈRE, LÉONOIIE, MARINE · texte numérisé non relu

SCAPIN, VALÈRE, LÉONOIIE, MARINE

se AFIN.

Mais voici mon maître avec sa maîtresse : il ne me reconnoîtra pas.

LÉONORE

Comptez , Valère , que rien ne me peut faire changer.

VALÈRE

Ah , charmante Léonore ! que vous devez me paroître adorable avec de pareils sentiments !

SCAPIN

Monsieur, je vous donne le bonjour. Y a-t-il longtemps que vous êtes en cette ville ? Vos affaires vontelles bien? Comment gouvernez- vous la joie avec cette aimable enfant?

VALÈRE

Que me veut cet ivrogne-là ? Qui êtes-vous , mon ami ?

S c A p I jy.

Je suis un honnête garçon, qui connois vos be-

io6 LA SÉRÉNADE.

soins , et qui viens vous offrir deux cents pistoles que me va donner monsieur votre père, (il été son emplâtre. )

VAL ÈRE

C'est toi , Scapin ? Qui t'auroit reconnu ?

SCAPIIV.

Vous voyez , monsieur, ce qu'on fait pour vous.

MARINE

Par ma foi , voilà un méchant borgne.

VALÈRE

Et tu as trouvé le moyen de tirer deux cents pistoles de mon père ?

Il va me les livrer. J'ai encore un collier à escamoter; mais j'aurois besoin tout à l'heure de quelques gens de main.

VALERE

Tout à l'heure ? Et ou veux-tu que je les cherche à présent ?

MARINE

Monsieur, je suis à votre service. Pour la main , je l'ai aussi bonne que la langue.

SCAPIN

Toi ? mais serois-tu fille à travailler de nuit ?

MARINE

Pourquoi non ? c'est dans ce temps-là que je triomphe. J'ai deux ou trois filles de mes amies qui ne m'abandonneront pas dans le besoin.

SCAPIN

Bon , bon ; il ne me faut pas de plus vaillants cham-

SCENE XX. 107 pions pour mon dessein. Mais j'entends monsieur Grifon. Allez m'attendra au prochain détour ; je vous dirai dans un moment ce qu'il faudra faire.

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