‹ Œuvres complètes (volume 2)Chapitre 63 sur 255 · UNE MUSICIENNE · texte numérisé non relu

UNE MUSICIENNE

Un jour un vieux hibou Se mit dans la cervelle D'épouser une hirondelle

Jeune et belle , Dont l'amour l'avoit rendu fou.

Il pria les oiseaux de chanter à la fête : Tout s'enfuit en voyant une si laide bête; Il n'y resta que le coucou.

M. GRIFON.

Monsieur le musicien, Yoilh de vilaines paroles.

ii6 LA SÉRÉNADE.

SCAPÎN.

Pardonnez-moi, monsieur, ce sont des paroles nouvelles qui furent faites à la noce de Vénus et de Yulcain. Mais allons au fait.

( Les violons jouent un air sur lequel les femmes de la sérénade dansent , et en dansant elles mettent le pistolet sous le nez de M. Grifon et de Scapin. )

M. GRIFON.

Miséricorde ! des pistolets , monsieur le musicien !

SCAPIN

Paix , paix ! ne faisons point de bruit j nous ne sommes pas les plus forts.

M. GRIFON.

Ils prennent mon chapeau, monsieur le musicien.

SCAPIN

Hé, paix, paix! ils prennent le mien , et je ne dis mot.

M. GRIFON.

Ils me déshabillent , monsieur le musicien.

Hé ! comme vous criez ! faut-il faire tant de bruit pour un méchant justaucorps ? -

M. GRIFON.

Ils fouillent dans mes poches , monsieur le musicien , et prennent ma bourse.

SCAPIN

Ils fouillent aussi dans les miennes ; mais il n'y a rien ; ils seront bien attrapés.

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