UNE MUSICIENNE
Un jour un vieux hibou Se mit dans la cervelle D'épouser une hirondelle
Jeune et belle , Dont l'amour l'avoit rendu fou.
Il pria les oiseaux de chanter à la fête : Tout s'enfuit en voyant une si laide bête; Il n'y resta que le coucou.
M. GRIFON.
Monsieur le musicien, Yoilh de vilaines paroles.
ii6 LA SÉRÉNADE.
SCAPÎN.
Pardonnez-moi, monsieur, ce sont des paroles nouvelles qui furent faites à la noce de Vénus et de Yulcain. Mais allons au fait.
( Les violons jouent un air sur lequel les femmes de la sérénade dansent , et en dansant elles mettent le pistolet sous le nez de M. Grifon et de Scapin. )
M. GRIFON.
Miséricorde ! des pistolets , monsieur le musicien !
SCAPIN
Paix , paix ! ne faisons point de bruit j nous ne sommes pas les plus forts.
M. GRIFON.
Ils prennent mon chapeau, monsieur le musicien.
SCAPIN
Hé, paix, paix! ils prennent le mien , et je ne dis mot.
M. GRIFON.
Ils me déshabillent , monsieur le musicien.
Hé ! comme vous criez ! faut-il faire tant de bruit pour un méchant justaucorps ? -
M. GRIFON.
Ils fouillent dans mes poches , monsieur le musicien , et prennent ma bourse.
SCAPIN
Ils fouillent aussi dans les miennes ; mais il n'y a rien ; ils seront bien attrapés.