GÉRONTE, LÉONORE, SOTENCOUR, MATHIEU CROCHET , LISETTE
GÉRONTE, àSotencour.
Ah! serviteur, mon gendre :
Soyez le bien venu. Vous vous faites attendre : Votre retardement alloit m'inquiéter, Et ma fdle étoit prête à s'impatienter.
SOTENCOUR.
J'en suis persuadé. Mais vous aussi , madame , D'impatients transports vous bourrelez mon âme : Mon cœur, tout pantelant comme un cerf aux abois. Par avance à vos pieds vient apporter son bois. Vos beaux yeux désormais sont le nord ou le pôle Où de tous mes désirs tournera la boussole : Vos appas , vos attraits. . . . qui vous font tant d'honneur. . . . Vous ne répondez rien, doux objet de mon cœur?
GÉRONTE
La joie et le plaisir....
SOTENCOUR.
Je vous entends , beau-père ;
i42 LE BAL.
Le plaisir de me voir la gonfle de manière
Qu'elle ne peut parler.
GÉRONTE
Justement.
SOTENCOUR.
Dans ce jour Nous ne ferons plus qu'un, vous et moi Sotencour.
LISETTE, àpart.
Ah , la belle union !
Moi bien fait , vous gentille , Nous allons mettre au monde une belle famille. Beau-père , on dit bien vrai ; quant à moi , j'y souscris : On a beau faire , il faut prendre femme à Paris , L'on y taille en plein drap. Nos femmes de province Ont l'abord repoussant , la mine plate et mince , L'esprit sec et bouché , le regard de hibou , L'entretien discourtois , et l'accueil loup-garou : Mais le sexe , à Paris , a la mine jolie , L'air attractif, surtout la croupe rebondie ; Mais il est diablement sujet à caution.
MATHIEU CROCHET
On dit qu'à forligner il a propension.
SOTENCOUR.
Je veux croire pourtant , malgré la destinée , Que je pourrai toujours aller tête levée ; Que , malgré votre nez , et cet air égrillard , Mon front , entre vos mains , ne court point de hasard. Voudriez-vous , mignonne , à la fleur de mon âge ,