SCENE XI. i5i
Laissez....
(Il donne sur les doigts de Soteucour. ) SOTENCOUR.
Si je te tiens , je veux être empale.
MERLIN, revenant.
Comment! me soutenir que mon air est pillé! Un air délicieux , que j'estime , que j'aime ^ Et que j'ai pris plaisir à composer moi-même Dans Quimper-Corentin.
GÉRONTE
Il a tort.
LISETTE
Entre nous ,
Cela ne se dit point.
SOTENCOUR.
La, la, consolez-vous, Ce n'est pas un grand mal ; on ne voit point , en France, Punir de ces larcins la fréquente licence. Mais que vois-je ? est-ce à vous ce petit instrument ?
MERLIN
Pour vous servir, monsieur,
SOTENCOUR.
J'en joue élégamment; Je vais vous régaler d'un petit air.
MERLIN, l'arrêtant.
De grâce.
Je ne puis m'arrêter.... Il faut....
SOTENCOUR.
Sur cette basse
iBi LE BAL.
Je veux que l'on m'entende un moment préluder.
MERLIN
Vous seriez trop long-temps, monsieur, à l'accorder; Et , de plus , mon valet a la clef dans sa poche.
SOTENCOUR.
Tous ces gens-là sont faits de croche et d'anicroche. Je vous dis que je veux....
LISETTE
Vous en joûrez fort mal ;
L'instrument est breton.
MERLIN
Et tant soit peu brutal :
Vous l'entendrez tantôt, je me ferai connoître ; Et vous verrez pour lors quel homme je puis être.
SOTENCOUR.
Quoi ! vous voulez,, monsieur , donner concert céans ?
MERLIN
Je cherche à me produire aux yeux d'habiles gens,
Vous venez tout à point. Ce soir je me marie; De la noce et du bal souffrez que je vous prie.
MERLIN
Volontiers : j'y prétends figurer comme il faut.
LISETTE, à Merlin.
Faites toujours porter votre instrument là-haut.
SOTENCOUR , à Merlin.
Allons, venez, monsieur ; je m'en vais vous conduire: Moi-même, dans le bal, je veux vous introduire.