SCÈNE XIV
GÉRONTE, SOTENCOUR, LISETTE, LE BARON D'AUBIGNAG.
GÉRONTE
Pour quel sujet, messieurs, criez-vous donc si fort?
LE BARON
Un atonié bourgeois qui perd sur sa parole,
i58 LE BAL.
Et né veut pas payer!... Mais ce qui me console,
Je veux devenir nul , ou j'en aurai raison.
GÉRONTE
Que veut dire cela ? ^
SOTÇNCOUR, àGéronte.
Monsieur, c'est un fripon, Un Gascon affamé qui cherche à vous surprendre.
LE BARON, àGéronte, voulant percer Sotencour.
Rétirez-vous , monsieur,
GjERONTE.
Ah ! tout beau , c'est mon gendre.
LE BARON
Cet homme est votré gendre ?
GÉRONTE
Il le sera dans peu.
LE BARON
Tant mieux : vous mé paîrez cé qu'il mé doit du jeu. Jé fais arrêt sur vous , sur la fille et la dote. '
GÉ R O N T E , à Sotencour.
Quoi ! vous avez perdu ?
SOTENCOUR.
Je vous dis qu'il radote.
Je ne sais....
* On voit facilement que l'ortliographe de ce mot est ici altérée par l'auteur pour le besoin de la rime. Regnard s'est permis assez; souvent cette licence et d'autres que des poètes fort au-dessous de son talent ne hasarderoient pas maintenant; mais on passe beaucoup de négligences au vrai mérite. Les poètes médiocres sont presque toujours rigides observateurs des règles de la versification.