‹ Œuvres complètes (volume 3)Chapitre 121 sur 198 · SCÈNE XV · texte numérisé non relu

SCÈNE XV

( Arlequin revient en riant , et regarde de loin Nigaudinet. )

ARLEQUIN, seul.

Laissez-le passer, laissez-le passer. C'est monsieur Christophe Nigaudinet de Pont-l'Évêque, qui s'en retourne. Ha, ha^ ha ! quel animal ! quel animal !

Pour un homme d'esprit , pour un adroit filou , Disons la vérité , Paris est un Pérou.

Mais de tous les métiers qu'on exerce à la ville, Un intrigant d'amour est bien le plus utile. Voici mon argument : il est certains métiers , Perruquiers , fourbisseurs , armuriers , chapeliers , Qui seulement à l'homme offrent leur ministère : Les autres seulement à la femme ont affaire. Mais dans ce beau métier , dans cet emploi si doux, Vous tirez des deux mains , vous êtes propre à tous. S'il est vrai , comme on dit , que la moitié du monde Pourchasse l'autre part en la machine ronde , Si tous ceux que l'on voit exercer cet emploi Etoient, par un arrêt, habillés comme moi , On verroit dès demain , dans ce pays fertile , Grand nombre d'arlequins embarrasser la ville.

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