ACTE III, SCENE VI. ii'j
l'o F F I C I E R , après avoir avalé la carafe tout d'une Laleine.
Ton ratafia est-il bon ?
LE LIMONADIER
C'est à \ous à m'en dire des nouvelles.
l'officier.
Je ne le trouve pas assez coulant. Donne-m'en encore.
( On apporte une seconde carafe, qu'il boit comme la première. ) LE LIMONADIER.
Vous le faites pourtant bien couler. Du ratafia à monsieur ; vite.
l'o FFICIER, avalant une troisième carafe.
Il n'y a pas assez de noyau.
LE LIMONADIER
De la manière que vous l'avalez , s'il y avoit des noyaux, ils vous étrangleroient. Encore du ratafia à monsieur.
l'o FFICIER, buvant une quatrième carafe.
Ton ratafia est-il naturel , comme il sort de la vigne ?
LE LIMONADIER
Aussi naturel que le vin de Champagne des cabaretiers de Paris.
l'officier.
C'est-à-dire que vous autres vendeurs de ratafia , vous êtes aussi honnêtes gens que les marchands de vin.
LE limonadier.
C'est à peu près la même chose ; et dans peu nous
228 LA FOIRE SAINt-GERMAIlN".
espérons ne faire qu'un corps , comme les violons et les maîtres à danser. Vous en plaît-il encore ? l'officier.
Belle demande ! (Oa lai donne une carafe, qu'il boit comme
les autres. ) Je commencc à m'apercevoir que ton ratafia ne vaut pas le diable , ce qui s'appelle , pas le diable.
LE HMO]?rADrER.
Et qu'y trouvez-vous , monsieur ? Vous ne l'avez peut-être pas bien goûté. En voudriez-vous encore une carafe ?