OSIRIS, M-"^ JACQUEMARD , M. JACQUEMARD , LA SIBYLLE
M. JACQUEMABD, apercevant sa femme.
Que faites-vous donc ici, madame?
M"^ J ACQ UEMAR D.
Qu'y faites-vous, vous? Que je suis malheureuse! Est-ce que je rencontrerai toujours ce petit brutal-là en mon chemin ?
M. JACQUEMARD
Est-ce que vous venez à la Foire pour y donner la comédie ? Quel habit de folle avez-vous donc là? est-ce l'habit d'une procureuse?
M"*^ JACQUEMARD
Procureuse, moi? Apprenez, mon ami, que je
298 LA SUITE DE LA FOIRE, etc.
suis la femme d'un procureur, mais que je ne suis point procureuse , et que je puis porter l'or et l'argent à meilleur titre que de vieilles comtesses qui doivent encore leur habit de noce.
M. JACQUEMARD
Il n'y a pas un de ces diamants-là qui ne m'ait coûté un procès, et peut-être une fausseté.
M""^ JACQUEMARD
Je serois bien malheureuse d'être lardée de faussetés depuis les pieds jusqu'à la tête ! Mais , monsieur, consolez-vous, ces diamants-là ne vous coûtent rien.
M. JACQUEMARD
Ils ne vous coûtent pas grand'chose non plus. m""^ j acquema rd.
Comment ! que voulez-vous dire ? Ils ne me coûtent pas grand'chose ! Je veux bien que vous sachiez que je n'ai jamais rien fait pour de l'argent.
M. JACQUEMARD
Tant pis , madame : il y a de certains métiers où il vaut mieux recevoir que donner.
M""^ JACQUEMARD
Plutôt que de censurer ma conduite , vous feriez mieux de réformer la votre , et de ne pas faire tous les jours le petit libertin.
M. JACQUEMARD
Je n'ai rien à réformer à ma conduite , et je souhaiterois que la votre fût aussi régulière dans le fond et dans la forme.