OSIRIS, M. JACQUEMARD, M'"^ JACQUEMARD
ARLEQUIN, en Marc-Anioine, COLOMBINE, en Cléopâtre.
M. JACQUEMAP. D.
Je crois que voilà Léonore ma maîtresse !
M™'' JACQUEMARD
Je crois que voilà mon baron de Groupignac !
COLOMBINE, en Cléopâtre , sort de sa tombe , et dit , d'an ton tragique:
Quel éclat vient frapper ma débile paupière ? Quel dieu cruel me force à revoir la lumière , Moi qui, me dérobant aux rigueurs de mon sort, Trouvai tant de douceur à me donner la mort ?
3oo LA SUITE DE LA FOIRE,
J'ai triomphé du coup dont vous vouliez m'abattre, Grands dieux ! que voulez-vous encor de Cléopâtre ? Mais que vois-je en ces lieux? l'ombre de mon époux! Marc- Antoine , est-ce vous ?
ARLEQUIN, en Marc-Antoine , se lève , étend les bras , se frotte les yeux , et dit , d'un ton comique :
Ah ! que j'ai bien dormi ! Bonjour , Cléopâtrine. Quelle heure est-il ? J'ai soif et faim. Va vite me tirer chopine ; Mais ne la bois pas en chemin.
I COLOMBI]?îE.
Cet indigne discours rend ma douleur plus vive. Ne te souvient-il plus que tu fus roi des rois , Un héros ?
ARLEQUIN
Moi , héros ! Dame ! j'ai quelquefois
La mémoire un peu laxative.
Étions-nous morts tous deux ? Par ma foi , je croyois
Qu'en bons et francs époux bourgeois , Tous deux, au même lit , le ragoût d'hyménée Nous a voit fait dormir la grasse matinée.
De son esprit troublé que puis-je soupçonner?
ARLEQUIN
Déchausse le cothurne, et songe au déjeuner. Ton œil me met en goût , et me sert d'échalotte. Cette anguille est dodue, et vaut bien un poulet.
Au lieu d'en faire un bracelet ,
Va m'en faire une matelotte.