‹ Œuvres complètes (volume 3)Chapitre 30 sur 198 · VI · texte numérisé non relu

VI

BOQUILLARD.

Oui , monsieur ; c'est ma fille , et je suis le maître.

MEZZETIN, allant sur lui.

Toi , le maître ? Par la mort ! il faut que j e t'assomme .

COLOMBINE

Ce n'est point ici une hôtellerie , monsieur.

MEZZETIN

Mon capitaine, le major de Bagnolet, va venir vous épouser par étape, et moi je prends déjà cette fille-là pour mon ustensile.

COLOMBINE

Il n'est pas dégoûté. Un ustensile comme moi n'est pas à l'usage d'un grivois,

MEZZETIN chante.

î)ans le combat , je suis un diable; Mon nom de guerre est la Fureur :

Mais chez un hôte un peu traitable , Je suis , par ma bonté , surnommé la Douceur ; Pourvu qu'il me laisse égorger sa volaille, Vider sa futaille , Emporter son manteau , Je suis doux comme un agneau.

Lorsque mon hôte est raisonnable , Je ne cherche que son profit ; Si je passe la nuit à table, C'est pour ne point user ni ses draps ni son lit : Pourvu qu'il me donne pour mon ustensile Sa femme , sa fille , Sa servante Isabeau, Je suis doux comme un agneau.

Mais j'entends nos équipages.

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